Debora Kayembe: De réfugiée à rectrice à l’université d’Édimbourg en Ecosse

Résidente en Écosse depuis 2011, l’avocate des droits de l’homme Debora Kayembe occupe le poste de rectrice à l’Université d’Édimbourg, l’une des institutions les plus prestigieuses du Royaume-Uni, depuis le 1er mars. Elle est la première personne noire et la troisième femme à occuper ce poste prestigieux depuis 1858.

« Il a fallu 437 ans ! »

Nommée pour un mandat de trois ans, la nouvelle recteur entend concentrer son programme sur la lutte contre le racisme, la promotion de la diversité et l’élimination des inégalités d’accès à l’enseignement supérieur. Parmi ses prédécesseurs célèbres, citons les anciens premiers ministres britanniques Winston Churchill et Gordon Brown.

“C’est quelque chose que je n’avais jamais imaginé.C’est quelque chose que je n’ai jamais cherché, c’est arrivé sur un plateau”, a-t-elle commenté à l’AFP.

Militante politique et avocate des droits de l’homme Debora Kayembe aujourd’hui âgée de 45 ans est née à Kinshasa.

À l’âge de 19 ans, après s’être retrouvé face à face avec les bidonvilles de Kinshasa, où les inégalités sociales, l’injustice et la faim chez les enfants étaient pleinement visibles, Kayembe a été poussé à agir.

 

Elle a obtenu son diplôme de droit à l’Université Libre de Kinshasa et a commencé sa carrière en tant que militante des droits de l’homme au sein de l’ONG Toges noires (Black Togas). Après un stage à l’ONU, elle a été admise au Barreau congolais de Matadi et est devenue avocate spécialisée en droit international en 2000.

Contraint à l’exil

De retour à Kinshasa en 2002, Kayembe a été embauchée par un cabinet d’avocats international, où elle a travaillé sur des dossiers impliquant des investisseurs étrangers confrontés à la corruption en RDC.

En 2005, Kayembe est arrivée au Royaume-Uni en tant que réfugiée. Elle a obtenu l’asile politique et un permis de séjour deux ans plus tard.

Parce que son diplôme en droit était reconnu en Écosse, mais pas en Angleterre, Kayembe déménage avec ses deux jeunes enfants à Édimbourg en 2011, où elle se qualifie comme avocate.

En 2012, elle a rejoint le Scottish Refugee Council, où elle a été membre du conseil d’administration. La même année, elle a été ajoutée à la liste des assistants du conseil de la section d’aide aux victimes du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI). En 2016, elle est devenue la première femme africaine à rejoindre la Royal Society of Edinburgh, où elle siège au Groupe de travail pour l’Afrique.

En juillet 2020, dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, Kayembe a lancé la campagne Freedom Walk, un mouvement de défense des droits civiques qui vise à promouvoir « les réformes sociales, la justice raciale et l’harmonie communautaire » en Écosse.