8 Mars 2021| Les Femmes africaines et leur engagement contre la Covid-19

Les femmes ont toujours contribué à l’amélioration de la médecine en Afrique. Des médicastres à la médecine moderne, elles sont aussi bien consultées pour se faire soigner que pour s’attirer bonne fortune et conjurer les mauvais sorts. Elles représentent encore aujourd’hui l’un des recours vers lequel on se tourne quand la situation semble échapper. A cette suite, nous vous présentons quelques-unes de ces femmes qui se distinguent dans la lutte contre la pandémie pour cette Journée internationale des femmes dont le thème est : « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 ».

Temie Giwa-Tubosun engagée dans la lutte contre le COVID-19

Née Oluw aloni Olamide Giwa, le 4 décembre 1985 Temie Giwa est une professionnelle de la santé.  Suite à un accouchement difficile en 2014, Temie Giwa-Tubosun et son fils ont tous deux eu besoin de soins critiques. “J’ai réalisé à quel point il aurait été facile de mourir au Nigeria”, avait-t-elle fait savoir au magazine américain Newsweek. 

En janvier 2016, elle fonde LifeBank; une entreprise qui vise améliorer l’accès à des transfusions sanguines au Nigeria

La pandémie que vit actuellement le monde s’est révélée être un défi non seulement pour le corps hospitalier, mais aussi pour les entreprises qui, jusqu’à présent, double d’initiative pour la contrer. Lifebank pour sa part, a lancé un centre de test mobile pour COVID-19 en partenariat avec l’Institut nigérian de recherche médicale (NIMR). Le laboratoire d’essais de masse est situé à Yaba, Lagos et vise à s’agrandir pour tester jusqu’à 200 personnes par jour. 

Elle est la lauréate de Cartier Women’s Initiative 2020 pour l’Afrique subsaharienne. En savoir plus ici 

Dr Ngalula Sandrine Mubenga en RDC

Fondateur et PDG de SMIN Power Group, la Dr. Ngalula Sandrine Mubenga est passionnée par la recherche de solutions d’énergie renouvelable afin que les gens puissent améliorer leur vie. Elle enseigne actuellement en tant que professeure tenure track au College of Engineering de l’Université de Toledo, où elle étudie un égaliseur à deux niveaux pour les batteries Li-ion.

Depuis 2017, elle est membre du conseil d’administration de la Société nationale d’éléctricité (RDC). Elle a présidé la conférence IEEE PES & IAS PowerAfrica 2017. Elle a reçu le Prix Continental 2017 pour le secteur de la fabrication et de l’ingénierie – Femmes les plus influentes en Afrique dans les affaires (CEO Magazine), et le prix IEEE Toledo Young Engineer of the Year 2010.

Pour la luttre contre le Coronavirus, Sandrine Ngalula Mubenga s’est engagée avec une équipe de volontaires dans la fabrication des respirateurs pour la RDC. Ils sont à l’étape du prototype pilote qui permettra ensuite produire des respirateurs en masse afin d’aider le gouvernement congolais à soigner les patients souffrant de la Covid-19.

Mme Madeleine Tchuente, ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation (Minresi)


La ministre Madeleine Tchuente pharmacienne de formation s’est engagée en 2020 aux cotés des chercheurs camerounais afin de proposer un traitement made in Cameroun contre la covid-19 à base de la chloroquine. Le 2 avril 2020, la ministre a annoncé la relance de la de la fabrication de la chloroquine. « Nous fabriquions la chloroquine (un médicament de la même souche) ici. On a demandé de ne plus donner la nivaquine aux enfants. Nous avons arrêté », indique-t-telle. Alors « nous allons seulement relancer », a-t-elle clamé. Et en quantité. « Nous sommes capables de produire 6000 comprimés par minute ».
En synergie avec les équipes compétentes du Ministère de la Santé Publique elle s’est par ailleurs engagée à encadrer les initiatives développées par les acteurs de la pharmacopée traditionnelle, procédant à un examen minutieux des solutions thérapeutiques proposées et l’encadrement des protocoles de soins administré aux personnes malades du COVID-19.

La ministre de la santé, Claudine Lougué au Burkina Faso

La ministre de la santé, Claudine Lougué au Burkina Faso

La ministre de la santé, Claudine Lougué, s’est engagée à assurer la disponibilité des moyens de contraception afin de contenir le nombre de grossesses non planifiées. D’après les statistiques, près de 81 000 grossesses non planifiées pourraient survenir en cas de fortes perturbations de l’accès à la contraception.

« Nous avons pris les devants pour sécuriser nos approvisionnements avec l’Inde et la Chine. Si des pénuries devaient se produire, ce serait en août. Mais je pense que cela n’arrivera pas », explique-t-elle.

Comme plusieurs pays de la région, le Burkina a reçu le soutien financier et technique du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents.

Mme Matshidiso Moeti, « Madame Afrique » de l’OMS

Mme Matshidiso Moeti, médecin d’origine botswanaise est devenue le visage et la voix d’une riposte africaine tout en tenant compte des réalités politiques et socio-économiques de chaque Etat membre du continent.  Elle ‘est engagée à la mise en place d’un « mécanismes préventifs pour éviter une destruction de ces dispositifs de santé ».

« La Covid-19 pourrait faire partie de nos vies au cours des prochaines années, a déclaré Matshidiso Moeti. Nous devons tester, retracer, isoler et traiter. »

Durant l’apartheid, sa famille s’installe au Botswana. C’est au Royaume-Uni qu’elle poursuit ses études de médecine i, à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, et, après avoir officié de 1978 à 1994 au ministère botswanais de la santé, elle rejoint les Nations unies à travers l’Unicef, l’Onusida puis l’OMS, dont elle deviendra en 2015 la directrice Afrique.

 

La nigériane Ngozi Okonjo-Iweala

Entourée d’autres personnalités à l’instar du sud-africain Trevor Manuel, du Rwandais Donald Kaberuka, ex-président de la Banque africaine de développement (BAD), et de l’Ivoirien Tidjane Thiam, ancien directeur général du groupe Crédit suisse, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’OMC nouvellement élue a été l’envoyée spéciale de l’UA dont la tâche  était de  de « mobiliser le soutien » indispensable pour permettre au continent de « relever les défis économiques » provoqués par la Covid-19.

Mme Mireille Dosso à la tête de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire

A 68 ans, cette scientifique à la tête de l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire depuis 2004 a connu d’autres pandémies au cours de sa carrière.  « La Côte d’Ivoire a malheureusement une grande tradition en matière d’épidémies et de pandémies », explique la professeure Mireille Dosso.

En première ligne dans la lutte contre la Covid-19, Mme Mireille Dosso fait partie du conseil scientifique chargé du suivi de la « riposte sanitaire » et conseille le gouvernement. Chaque jour, ses équipes analysent plus de 500 échantillons. Première femme ivoirienne microbiologiste, première virologue du pays, première femme à diriger l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, elle cumule les titres de « première femme » à avoir obtenu des postes jusque-là tenus par des hommes – mais elle n’aime pas qu’on le lui rappelle.

Mireille Dosso préfère parler de ses combats menés contre les épidémies : grippe aviaire, H1N1, Ebola et tout dernièrement, en 2019, « grippe tropicale » – l’autre nom de la dengue. Étant donné son expérience, elle préfère la pondération sur les taux de contamination, « certes meilleurs que prévus » en Côte d’Ivoire et en Afrique. « Nous nous sommes mobilisés précocement, ce qui explique en partie l’allure moins vive qu’attendue de la pandémie », dit-elle. Avant de mettre en garde : « Il faut rester prudent et vigilant, le monde microbien est complexe et souvent cruel. »