Djaïli Amadou Amal: Finaliste du Prix Goncourt 2020

Mariée à dix-sept ans sans son consentement à un milliardaire de 30 ans son aîné par ses oncles,  Djaïli Amadou Amal, a connu tout ce qui rend si difficile la vie des femmes du Sahel. Elle a aussi souffert de violences conjugales avec son second mari. Et pour la punir d’avoir fui le domicile conjugal, il a kidnappé ses filles.

Grâce à l’écriture, Djaïli Amadou Amal s’affirme comme femme, maman et comme une des valeurs sûres de la littérature africaine et l’un des plus importants auteurs peuls du Sahel. A travers son association « Femmes du Sahel » créée en 2012, elle soutient la scolarisation des petites filles et par ailleurs « la voix des sans voix » face au système patriarcal et violent qui n’accorde pas toujours de l’espace à l’opinion de la femme.

Le Roman : Les Impatientes

Munyal « Les Impatientes », est le récit du destin de trois femmes ayant subi le mariage forcé, le viol conjugal et la polygamie. Munyal signifie « patience » en peul. « A l’origine, la patience est une valeur. Mais en vérité, cela veut dire : « Supporte, accepte, soumets-toi parce que tu es une femme et que tu dois faire ce qu’on attend de toi ! ».

“Les impatientes” de Djaïli Amadou Amal, ce sont trois femmes, de 15 à 35 ans, toutes confrontées à la violence, physique et/ou psychologique, dans le mariage.

La première Ramala, 17 ans, rêve de devenir pharmacienne et est amoureuse du meilleur ami de son frère. Elle sera cependant contrainte par sa famille à épouser un riche homme de 50 ans.

La deuxième est sa sœur cadette, Hindou, mariée de force elle aussi le même jour à un cousin drogué et alcoolique, qui a déjà tenté de la violer et qui lui fera subir des violences à répétition dès leur nuit de noces.

La troisième, c’est Sahira, déjà mariée à un homme qui va lui imposer, après 20 ans de vie commune, une co-épouse, qui est justement la jeune Ramala.

Ces trois femmes vont chercher à s’opposer aux règles, au poids des coutumes fortes qui régissent la vie des femmes du Sahel, piétinant leurs rêves en leur imposant toute une série de devoirs. Paru au Cameroun en 2017 sous le titre Munyal, elle a été Lauréate du Prix Orange Livre en Afrique 2019. Elle est une des valeurs sûres de la littérature africaine et l’un des plus importants auteurs peuls du Sahel.

Prix Goncourt

Publié pour la première fois en France, « Les Impatientes » fait partie des 4 romans sélectionnés par que l’Académie Goncourt.  En mode télétravail, l’Académie Goncourt a délibérée le mardi 27 octobre et désigné les finalistes à la récompense.

Les 4 romans sélectionnés pour le prix Goncourt 2020 :

  • Les Impatientes de Djaïli Amadou Amal (Emmanuelle Collas)
  • L’Anomalie de Hervé Le Tellier (Gallimard)
  • L’historiographe du Royaume de Maël Renouard (Grasset)
  • Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo (Verdier).

Reportée, la remise du prix Goncourt doit avoir lieu avant Noël

Reportée par solidarité avec la fermeture des librairies, la remise du prix Goncourt n’a toujours pas de date officielle. Mais cela devra nécessairement se faire avant Noël. Car si le Goncourt est une distinction littéraire de première importance, c’est aussi une manne financière pour une large partie du secteur, dont les libraires.

 

Ce devait être ce mardi que devait être initialement remis le prestigieux prix Goncourt. Mais comme pour de nombreux événements, le coronavirus est venu perturber les calendriers. À l’annonce de la fermeture des librairies pour le reconfinèrent, l’Académie Goncourt a annoncé le report du prix sine die par solidarité. Si aucune date n’a pour l’instant été annoncée, une chose est pourtant certaine : le prix Goncourt 2020 sera remis avant Noël.

Un enjeu économique

Au-delà du prestige, le prix Goncourt est une aubaine non seulement pour les auteurs et sa maison d’édition, mais également les librairies. En moyenne, un livre qui remporte le Goncourt s’écoule à 350.000 exemplaires en période de noël.

“Il est bien évident qu’il faudra décerner le prix pour que les libraires puissent vendre ce livre”, confirme au micro d’Europe 1 Didier Decoin, le président de l’académie Goncourt.

Le 10 décembre comme “date butoir”

Pour ce faire, le président a d’ailleurs une “date butoir” en tête : le 10 décembre. Pourquoi ? “Pour laisser au gouvernement la possibilité de rouvrir les librairies”, répond Didier Decoin. Il reste donc un mois grand maximum à chaque membre du jury pour décider à quel auteur il compte donner sa voix.

 

Sources: 

Prix Goncourt 2020

France Inter

Nouvel Obs