Kiyindou Yamakasi propose une bandes dessinée tournée vers la spiritualité et la mythologie africaine

La lecture des bandes dessinées japonaises, se transforme très vite en passion pour Kiyindou Yamakasi qui dès ses premiers croquis, propose à ses copains d’école de la capitale congolaise Brazzaville des personnages et paysages fortement inspirées des bandes dessinées japonaises et américaines:  métro, hivers terribles, des personnages blancs ou asiatiques.  Affûtant au fil des années son art, il se retourne d’où il vient et s’en inspire. Son dernier ouvrage Little Little Orishas est  une série de bandes dessinées fantastiques tournée vers la spiritualité et la mythologie yoruba.

Précisons que, vivre cette passion est devenue possible grace au soutien inconditionnel de ses parents qui ont pleinement soutenu sa décision d’abandonner ses études universitaires à Brazzaville où il étudiait en économie et comptabilité pour rejoindre AFDA à Cape Town, où il a obtenu un baccalauréat en cinéma. 

 

Son personnage principal, Sango, est le dieu du tonnerre et de la foudre, tandis que sa soeur est Oya, est la déesse du vent dans la spiritualité yoruba. Little little orishas est l’histoire de Sango, un esprit errant simple et provocant, et de sa douce soeur Oya. Ils veulent vivre une vie meilleure au paradis, libres des dieux qui les intimident quotidiennement.

Les thèmes abordés dans la bande dessinée, vécus de beaucoup d’élèves et étudiants ( surmonter les obstacles,  faire face aux intimidateurs, de problèmes de classe et de résilience) sont appréciés par plus 50 000 lecteurs. Ce qui a permis à Yamakasi de remporter le prix Lagos Comic Con de l’année dernière pour la meilleure bande dessinée adaptée aux enfants. Le livre est disponible gratuitement en ligne et a été publié par une maison d’édition nigériane, Vortex, et est facile à comprendre en anglais pidgin nigérian.

«Je savais que j’étais appelé à faire des bandes dessinées qui rendront les enfants africains fiers de ce qu’ils sont. Tout sur l’apparence de mes personnages consiste à embrasser la noirceur: leurs cheveux, leur peau, leurs lèvres, leur nez. Tout est délibéré. Je veux que les gens attachent de l’importance à ce type de beauté. » C’est pour cette raison qu’il a choisi pour Osun, la déesse de la beauté, d’être le personnage le plus sombre du livre.

L’idée de s’inspirer de la mythologie et de la spiritualité africaines ajoute également la couche d’un peuple colonisé qui s’intéresse à son passé pour en découvrir la richesse. Il attribue son séjour en Afrique du Sud à l’exposer à des mythes africains et à en faire un fervent panafricaniste.

À l’avenir, il espère créer des bandes dessinées inspirées par d’autres héros africains, notamment celle de la reine guerrière Hausa, Amina of Zaria. Pour le moment, il recherche des sociétés de production intéressées par l’animation du Little Little orishas qui n’en est qu’à ses débuts. Il espère découvrir encore plus de mythes, légendes, héros et héroïnes africains et les faire revivre à la télévision et au cinéma.