Josiah Henson est l’homme qui a inspiré « la Case de l’oncle Tom »

Moins connu qu’Harriet Tubman, Josiah Henson est né esclave dans le Maryland et est parvenu à s’échapper. Avant Harriet Tubman, il a escorté 118 esclaves par le même réseau vers le Canada.

Près de deux siècles plus tard, le Montgomery County Parks Department du Maryland lui consacre un musée, le Josiah Henson Museum*, construit sur le site de la plantation de tabac et de blé de son maître, duquel il s’est émancipé en s’enfuyant en 1830.

« Nous voulons le remettre sur le devant de la scène, et que les gens comprennent l’importance que cela a pour comprendre l’esclavage dans la moitié nordique du Sud et le mouvement abolitionniste », explique Jamie Kuhns, historien en chef à Montgomery Parks. Le musée ouvrira ses portes en novembre.

Le récit autobiographique de Josiah Henson, intitulé The Life of Josiah Henson, a été publié initialement en 1849. Harriet Beecher Stowe s’en est inspirée pour écrire La Case de l’oncle Tom*, dont le personnage principal est modelé sur Henson, qu’elle avait rencontré avant la publication de son livre en 1852.

Photo d’une couverture de livre, à gauche, et portrait photo de Josiah Henson, à droite (Library of Congress; © Charles Phelps Cushing/ClassicStock/Getty Images)

Le roman « La Case de l’oncle Tom », à gauche, est inspiré de la vie de Josiah Henson, à droite. (Library of Congress; © Charles Phelps Cushing/ClassicStock/Getty Images)

L’ouvrage antiesclavagiste d’Harriet Beecher Stowe a été le roman le plus vendu du XIXe siècle. Il fait partie des événements déclencheurs de la guerre de Sécession, qui aboutira à la fin de l’esclavage.

L’épopée vers la liberté

La vie de Josiah Henson est faite de hauts et de bas.

Né en 1789 dans le sud du Maryland, il est confronté très jeune à la brutalité de l’esclavage.

Quand son père s’oppose à un contremaître qui a agressé sa mère, le patriarche est puni sévèrement. Il reçoit des coups de fouets, se fait trancher l’oreille et est vendu à un autre propriétaire, relate M. Kuhns.

Josiah Henson ne reverra jamais son père. Les autres membres de la famille sont ensuite séparés après avoir été revendus, mais le jeune Henson rejoint finalement sa mère sur la plantation d’Isaac Riley, dans le Maryland.

Plus tard, il y devient contremaître et est chargé de vendre les produits de M. Riley à Washington. À cette époque, Henson officie également comme pasteur au sein de l’Église épiscopale méthodiste. Une activité grâce à laquelle il met de côté 350 dollars. Il espère avec cet argent payer le prix de son affranchissement. Mais son maître en décide autrement et tente de le revendre à un autre propriétaire à La Nouvelle-Orléans. Henson, sa femme et ses enfants décident de s’enfuir. Après avoir marché près d’un millier de kilomètres, ils arrivent au Canada, dans ce qui est aujourd’hui l’Ontario.

Là-bas, Henson participera à la fondation de la colonie de Dawn, une collectivité composée de 500 esclaves fugitifs.

Josiah Henson est retourné aux États-Unis à maintes reprises pour aider d’autres esclaves sur le chemin de la liberté et prêcher la parole de Dieu. L’argent qu’il tirait de ses activités lui permettait de financer la construction de la colonie. Il s’est également rendu plusieurs fois en Grande-Bretagne pour lever des fonds et défendre la cause de l’abolition de l’esclavage.

Sur la fin de sa vie, Henson a été reçu à la Maison Blanche par le président américain abolitionniste Rutherford B. Hayes. La reine Victoria l’a également accueilli au palais de Buckingham.

Henson est décédé en 1883, à 93 ans. « Il a connu une grande notoriété de son vivant, souligne M. Kuhns. Il était célèbre aux États-Unis et au Canada, et même en Angleterre. »