LES VIERGES NOIRES

Diffusé hors de la vallée du Nil, dans le monde gréco-romain, le Culte d’Assata (Isis) est quasiment le seul culte qui n’a pas été touché dans son iconographie par l’édit de Théodose qui pourtant avait interdit le “Paganisme” à la fin du 4ème Siècle.
Cependant lorsque l’on voit Assatu ou Assata portant l’Enfant divin Heru (Horus) sur ses genoux, on pense essentiellement aux Vierges Noires de certaines églises romanes, souvent ramenées d’Orient, et dont toutes les légendes disent ou montrent qu’elles étaient d’abord des représentations d’Isis mais au-delà de cela, il est soutenu par tous les historiens que les Vierges Noires appartiennent toutes à une tradition très ancienne d’idoles à la carnation Foncée, qui remontent aux sociétés Matriarcales d’Afrique puis d’Orient, dès l’époque où le Sahara était encore une région Verdoyante et Fertile.

On retrouve notamment la même Figuration d’une Femme divine à la peau Noire donnant le sein à un Enfant divin, autant en Afrique que partout ailleurs, où les mêmes statues de ces Gardiennes de la Fécondité sont assises sur un Trône simple, tout en donnant le sein à leur Enfant .

Même dans la religion chrétienne, il est évident que Marie, est une survivance du «Paganisme» qui sans aucun doute possible est la Fille spirituelle d’Assata (Isis), elle-même appelée Meri, et même si elle n’avait pas été retenue dans les projets initiaux des “pères”Romains de l’église chrétienne catholique (katolikos=universelle), une religion sans aucune Femme paraissait difficilement concevable à long terme, c’est pourquoi le symbole de la Vierge redeviendra peu à peu un personnage central de la ferveur populaire dans l’Europe catholique, au point qu’un pape récent comme Jean-Paul II dédiera même tout son pontificat à une Vierge Noire.

Au début du christianisme, les statuettes d’Aseta ou de Bélisama dérangeaient beaucoup, parce qu’il fallait donner des explications sur l’origine de sa peau Noire même si au fond tout le monde avait déjà la réponse à cette question, ce faisant, le père jésuite van Steen, vers le début du 17ème siècle, avait déclaré: «si les statues de la Vierge sont Noires , c’est parce que les Femmes de Palestine avaient elles-mêmes, le teint Foncé», une affirmation qui permettait ainsi de faire d’une pierre deux coups car tout en expliquant la couleur Noire de sa peau cela permettait en même temps de «déplacer» l’attention du croyant vers la Palestine, où l’histoire de Marie était censée s’être déroulée.

Mais en dehors de ces allégations, de nombreux auteurs ont toujours considéré les Vierges Noires comme une forme venue d’un culte Afrikain antique, avant de devenir plus tard celtique puis gallo-romain et autre mais toujours comme étant une image de la Mère Universelle , c’est pourquoi à l’instar des Afrikains, les romains possédaient autant de divinités Féminines dans leur panthéon : Junon, Minerve, Artémis (Diane) ou Perséphone, d’autre part les Gaulois avaient assimilé Bélisama (la très brillante) à Minerve, Epona (divinité de la Lune) à Artémis, qui étaient toutes Noires à l’Origine

À Massalia, dans la Marseille Antique, le pèlerinage qui convergeait vers la cathédrale de la «Bonne Mère», était proposée à la dévotion populaire sous les traits d’une Vierge Noire nommée Artémis, dont le culte venait d’Éphese dans la continuité de celui voué à Cybèle lesquelles étaient bien sûr toutes Noires

Les Vierges Noires sont également à l’image de Kali la Noire de Inde, d’Astarté la Syrienne, de Sarah des Gitans, ou de Cybele la phrygienne déesse de la Fertilité.

Malheureusement au fil du temps, les Vierges Noires «blanchiront» au fur et à mesure qu’elles seront “restaurées” ou remplacées par des statuettes plus récentes et même si le Culte a quasiment été effacé de l’Esprit des Noirs christianisés, au profit de la Pâle version, elle reste néanmoins si bien enracinée dans la mémoire collective, que son culte perdure encore dans beaucoup d’endroits, comme par exemple au Puy-en-Velay, à Chartres, au Montserrat, en Pologne voire partout en Europe
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Par Dawidi Uchiwa