Le design africain composé de fractales

Fractale vient du latin fractus qui signifie brisé. C’est un néologisme inventé par le mathématicien Benoît Mandelbrot. Elle est un objet géométrique « infiniment morcelé » dont des détails sont observables à une échelle arbitrairement choisie; sa structure ne varie pas quelle qu’en soit l’échelle, en zoomant sur une partie de la figure.

Nous les retrouvons partout: dans la nature ( La forme des branches d’un arbre, la disposition des feuilles, les fougères, les paumes de la main, l’architecture de nos poumons, nos vaisseaux sanguins, la formation des vagues dans l’océan, les tsunamis, les flocons de neige, la forme des coquillages, la réplication de certains virus, et ainsi de suite et ainsi de suite…)

  L’Afrique et les fractales : Une extraordinaire épopée

 Les fractales étaient également utilisées d’une façon assez élégante (dans toute l’Afrique subsaharienne) dans la divination – basé sur des algorithmes à la fois simples et robustes : C’est le cas du code Bamana (« un générateur de nombres pseudo-aléatoires utilisant le chaos déterministe. Quand on a un symbole à quatre bits, on l’associe à un autre à côté : donc pair + impair donne impair, impair + pair donne impair, pair + pair donne pair et impair + impair donne pair. C’est l’addition modulo 2, comme le contrôle de bit de parité dans votre ordinateur. Ensuite on prend ce symbole et on le remet en jeu, c’est donc une diversité autogénératrice de symboles… » Lien).

Le mathématicien Ron Eglash qui a entreprit des recherches sur la question a conclu que, les fractales sont au cœur de l’art, de l’architecture, de la coiffure et des mathématiques africaines.

Les tresses sont un système des fractales dont les motifs semblent un phénomène d’auto-similarité

Dans le Jeu de songo (basé sur la répétition Itération d’une certaine opération jusqu’à obtention du nombre requis de pièces. 

L’architecture africaine est  composée en fractales: Chaque concession est identiques en échelle à l’unité principale.

Ce système  a transité vers l’Europe (Moyen Age) par les Arabes et les Maure (Qui ont quand même passé plus de sept siècles en Espagne!) On doit à ces musulmans Arabes et Maures les premières universités d’Europe, notamment celle de Cordoue. Leur présence a contribué à sortir l’Europe des presque mille ans d’obscurantisme et de relatif fixisme intellectuel du moyen-âge. 

Mais revenons au Code Bamana : « Au XII ième siècle Hugo SANTALIA l’a introduite en Espagne après avoir vu des mystiques musulmans, et elle a fait son entrée chez les alchimistes sous le nom de géomancie : la divination par la terre […] LEIBNIZ le mathématicien allemand parle de la géomancie dans sa dissertation appelée : « De Combinatoria ». Et il dit « au lieu d’utiliser une marque et deux marques, utilisons plutôt un 1 et un 0, et nous pouvons compter par puissance de 2″…. George  BOOLE a pris le code binaire de LEIBNIZ et a créé l’algèbre booléen, et John von NEUMANN a pris l’algèbre booléen et a créé l’ordinateur numérique » (Op. Cit.)

En gros toute notre électronique actuelle a commencé en Afrique.   Il y a quelque chose de très élégant dans ce passage de flambeau à travers les peuples et les siècles jusqu’à notre technologie moderne 

 

Avec Renaud Dossavi