Du racisme et des préjugés – par Ndaz Nda Zoa

 

Lorsque j’ai débarqué en Suisse et voulu intégrer la fac de droit, on m’a dit: oublie vite et cherche tranquillement ton poste de serveuse pour nourrir les tiens qui attendent au pays, les universitaires en Suisse, c’est environ 25% de la population, c’est l’élite. J’ai répondu: ékiéééé, wèkèèèèè, a djob djem! Mais je suis allée voir quand-même…
Lorsque j’ai terminé les études de droit et que j’ai voulu commencer un stage d’avocat, on m’a dit : on t’a vendue au village ? Avocat là ? que même les Suisses purs purs, bien roses et blancs veulent là ? Laisse tomber, là-bas c’est l’élite de l’élite. J’ai répondu : c’est vrai? Massa moyo! qui m’a envoyée? Mais je suis allée voir quand-même…
Lorsque j’ai obtenu ma place pour un stage d’avocat – dès la 3ème lettre de candidature – auprès d’une avocate bien à droite de l’échiquier politique suisse, j’ai éclaté de rire !
Mon Brevet d’avocat au barreau de Genève, je l’ai obtenu du premier coup en 2006. Cette année-là comme celle d’avant, le taux de réussite : 30%. Pourtant mon nom était bien NDA ZOA et je ne suis pas arrivée cagoulée aux examens oraux.
On dit que les Suisses sont racistes et xénophobes. Il est vrai que souvent, je croise un regard malveillant dans la rue, un idiot se lève parce que je m’assois à côté de lui dans le train, un juge devient l’avocat de l’avocat de la partie adverse. Ça me fait mal, et puis je pense à tous ceux qui m’ont tendu la main jusqu’ici et puis je souris et je repars en chantonnant parce que ceux-là sont plus nombreux que les autres et ils font ma force.

Bonne journée à tous ceux qui vont affronter la vie ce matin ! Comme le disent si bien les Camerounais: “la vie c’est la bastonnade”.