La preuve que l’église catholique autorisa l’esclavage : Les bulles pontificales Romanus Pontifex (1455) et Inter Caetera (1493)

Des extraits des deux bulles pontificales de 1455 (Romanus Pontifex) et 1493 (Inter Caetera) démontrent clairement que l’église catholique est partie prenante quand à l’origine de l’esclavage. Ces bulles ont établi les bases religieuses et légales de la colonisation occidentale et chrétienne depuis la fin du XVème siècle. La bulle Inter Caetera a été instituée comme fondement de la loi sur les Indiens et la justification du génocide et du vol de territoires subis par les nations autochtones, par décisions de la cour suprême des Etats-Unis en 1823 (Johnson contre McIntosh), réitéré en 1863 dans le cas de la nation Cherokee contre l’état de Géorgie.

Il faut bien comprendre que la colonisation du continent des Amériques est fondée exclusivement à sa racine par ces textes religieux, fondamentalement racistes et esclavagistes, émanant de deux papes Nicolas V et Alexandre VI. Des demandes multiples de révocation des bulles pontificales Romanus Pontifex et surtout Inter Caetera ont été dûment et officiellement formulées, sans que rien jamais ne se passe bien évidemment. L’hypocrisie de l’église et des gouvernements à ce sujet est abyssale.

En terminer avec l’empire est plus simple qu’on le croit: Soutenir les peuples indigènes et obtenir la révocation des bulles ce qui entraînera ipso facto des plaintes en cour de justice auxquelles l’empire ne pourra plus faire face et devra abdiquer de ses pseudo-droits territoriaux usurpés de longue date. Il suffit de lui enlever sa base territoriale volée il y a plus de 500 ans !

Ceci est le cœur même de toute l’affaire, les nations amérindiennes et les gouvernements fantoches des banquiers des Amériques, le savent pertinemment.

La bulle pontificale Romanus Pontifex (Nicholas V), du 8 janvier 1455.

Historique

La bulle pontificale Romanus Pontifex est un exemple important de l’affirmation de la seigneurie spirituelle toute puissante de la papauté sur le monde et de son rôle dans la régulation des relations entre les princes chrétiens et entre les chrétiens et les “non-croyants” (impis et infidèles). La bulle devint la base de la future affirmation du Portugal sur des terres au “nouveau monde”, chose qui fut contrée par la bulle Inter Caetera de 1493.

Une traduction partielle de la bulle Romanus Pontifex est reproduite ci-dessous, comme reproduite de l’ European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Frances Gardiner Davenport, editor, Carnegie Institution of Washington, 1917, Washington, D.C., at pp. 20-26. The original text in Latin is in the same volume, at pp. 13-20.

Traduction partielle de la bulle pontificale Romanus Pontifex de 1455

Note du traducteur: Le premier extrait traite de la mise en esclavage et de l’évangélisation forcée des Africains, le second de la mise en esclavage perpétuel de tous “sarazins et païens” (la bonté religieuse et chrétienne personnifiée n’est-il pas ?…).

[…] du roi Alphonse et de l’Infante et que dans ces nombreuses îles et ce voisinage furent subjugués et possédés pacifiquement, tout comme ils sont toujours possédés ainsi que la mer adjacente. Ainsi beaucoup de Guinéens et autres nègres, pris de force, échangés contre des articles non prohibés ou par tout autre contrat d’achat légal, furent envoyés dans les royaumes. Un grand nombre d’entre eux ont été convertis à la foi catholique et il est espéré avec l’aide de la miséricorde de Dieu, que si ce tels progrès continuent avec eux, ces gens seront convertis à la foi ou au moins les âmes de bon nombre d’entre eux seront gagnées au Christ.
[…] Ainsi après avoir pesé toutes les conséquences avec la méditation qui se doit et après avoir noté que nous avons donné par missives antérieures la faculté ample et simple au roi Alphone d’envahir, de rechercher, de capturer, de vaincre et de subjuguer tous sarazins et païens que ce soient et tout autre ennemi du Christ où qu’il soit et les royaumes et duchés et principautés et colonies et possessions et tous biens mobiles ou immobiles en leur possession ainsi que de réduire leurs personnes en esclavage perpétuel et d’appliquer et de s’approprier pour lui-même, ses héritiers et successeurs lesdits royaumes, duchés, principautés, colonies, possessions et biens et de les convertir en ses biens et profits et qu’en ayant sécurisé cette faculté, ledit roi Alphonse ou par son autorité, l’Infante sus-nommée, ont acquis justement et légalement et possèdent et ont fait l’acquisition ces îles, terres, ports et mers et que ceux-ci appartiennent de plein droit au dit roi Alphonse et ses héritiers et successeurs. […]

Ne laissons personne contrevenir éhontement à notre recommandation, exhortation, réquisition, don, permission, tâche, constitution, décret, mandat, prohibition et volonté. Quiconque tenterait ceci doit savoir qu’il subira la colère de Dieu tout puissant et des apôtres Pierre et Paul.

[…]

P. de Noxeto.

La bulle pontificale Inter Caetera (Alexander VI) du 4 Mai 1493.

Historique

La découverte en 1492 par Christphe Colomb de terres soi-disant asiatiques dans les mers occidentales a menacé les relations instables entre les royaumes du Portugal et de Castille, qui se livraient une course à la suprématie et à la possession de territoires coloniaux le long des côtes africaines depuis plusieurs années. Le roi du Portugal affirma que la découverte était dans les termes des bulles pontificales de 1455, 1456 et 1479. Le roi et la reine de Castille disputèrent ceci et voulurent une nouvelle bulle sur le sujet.

La pape Alexandre VI, natif de la ville de Valence et ami du roi de Castille, répondît avec trois bulles datées des 3 et 4 Mai, qui étaient hautement favorables à la Castille. La troisième de ces bulles appelée Inter Caetera, est reproduite ci-dessous (NdT: Nous n’en avons traduit que des passages essentiels..), dans une traduction du latin à l’anglais publiée dans European Treaties bearing on the History of the United States and its Dependencies to 1648, Frances Gardiner Davenport, editor, Carnegie Institution of Washington, 1917, Washington, D.C., at pp. 75-78. The original text in Latin is in the same volume, at pp. 72-75.

Bien que d’autres bulles furent édictées plus tard sur le sujet de la rivalité coloniale entre le Portugal et l’Espagne, la bulle Inter Caetera est devenue un document majeur dans le développement de doctrines légales subséquentes en regard des appropriations de terres de l’empire dans le “nouveau monde”. La bulle donne à la Castille le droit exclusif d’acquérir des territoires, de commercer ou même d’approcher les terres se situant à l’Ouest du méridien positionné à cent lieues à l’Ouest des Açores et des îles du Cap Vert. Une exception fut faite pour les territoires déjà possédées par un autre prince chrétien au-delà de ce méridien avant le jour de Noël 1492.

Traduction d’extraits de la bulle pontificale Inter Caetera de Mai 1493:

[…] qu’en notre époque spécifiquement, la foi catholique et la religion chrétienne soient exaltées et se développent partout, que l’on s’occupe de la santé des âmes et que les nations barbares soient renversées et amenées à la foi elle-même.
[…] Et afin que vous puissiez entreprendre une telle grande chose avec plus de promptitude et de motivation permises par notre faveur apostolique, nous, de notre plein accord, pas à votre requête ni la requête de quiconque d’autre à votre égard, mais de par notre seule largesse et certaine connaissance et de par la plénitude de notre pouvoir apostolique, par l’autorité de Dieu tout puissant qui nous est transmise par Pierre et le vicaire de Jésus Christ, que nous détenons sur terre, déclarons par la présente, que toutes îles trouvées par vos envoyés et vos capitaines, vous soient attribuées à vous vos héritiers et successeurs, rois de Castille et de Leon, pour toujours, avec l’ensemble des dominions/colonies, villes, camps, places et villages et tous droits, jurisdictions et appartenances de toutes îles et territoires trouvés ou à trouver, découverts ou à découvrir vers l’Ouest et le Sud, en traçant et en établissant une ligne allant du pôle arctique, ci-après nommé le Nord au pôle sud ci après nommé le Sud, sans se soucier si les terres ou les îles découvertes ou à découvrir se situent en direction de l’Inde ou vers quelque autre quartier ; la ligne se situant à cent lieues à l’Ouest et au sud des îles des Açores et du Cap Vert. Avec cette précaution néanmoins qu’aucune de ces îles et de ces terres trouvées ou à trouver, découvertes ou à découvrir, au-delà de cette ligne vers l’Ouest et le Sud, ne soient déjà en possession d’un roi ou d’un prince chrétien au jour de la naissance du Christ notre seigneur de l’an précédent cette années de grâce 1493. Nous vous faisons, appointons vous et vos héritiers et successeurs futurs, roi de celles-ci avec tout pouvoir, autorité et juridiction de toute sorte, avec toutefois cette provision que tout roi ou prince chrétien en possession de ces terres ne puisse en être dépossédé ou être expulsé. De plus, nous vous ordonnons en vertu de la sainte obéissance, qu’employant toute diligence dûe sur place, comme vous l’avez promis et sans que nous doutions de votre obéissance inhérente à votre loyauté et largesse d’esprit royale, vous devrez nommer sur ces terres des hommes d’expérience, obéissants et vivant dans la crainte de Dieu, afin qu’ils instruisent les habitants et les résidents de ces contrées à la foi catholique et à les entraîner à la bonne morale. De plus, quiconque de quelque rang que ce soit, même royal ou impérial, contreviendrait à l’interdiction de se rendre sur ces terres trouvées ou à trouver, découvertes ou à découvrir, sans permission spéciale de votre part ou de vos héritiers et successeurs, pour y faire commerce ou pour toute autre raison que ce soit, se verrait excommunié late sententie ipso facto.
[…] Ne laissons personne contrevenir éhontement à notre recommandation, exhortation, réquisition, don, permission, tâche, constitution, décret, mandat, prohibition et volonté. Quiconque tenterait ceci doit savoir qu’il subira la colère de Dieu tout puissant et des apôtres Pierre et Paul. Édicté à Rome, St Pierre, dans l’année de l’incarnation de notre seigneur mil quatre cent quatre-vingt-treize, le quatrième jour du mois de mai, dans la première année de notre pontificat.

Donné par ordre de notre plus grand saint seigneur, le pape

June. For the referendary, For J. Bufolinus,

A. de Mucciarellis. A. Santoseverino.

L. Podocatharus.

Document original de la bulle papale

© Arquivo Nacional da Torre do Tombo (Lisboa, Portugal)

Document original de la bulle papale

© Arquivo Nacional da Torre do Tombo (Lisboa, Portugal)

Vidéos explicatives

 

Sources:

http://www.nativeweb.org//pages/legal/indig-romanus-pontifex.html

http://www.nativeweb.org/pages/legal/indig-inter-caetera.html

Avec: Resistance 71