LE CALENDRIER KEMIT ET SES CYCLES

Le 19 Juillet 2017 du calendrier Grégorien, devrait constituer pour tout Africain, le Nouvel An Kamit ou Africain. En effet les égyptiens anciens avaient remarqué que vers le 19 juillet actuel l’étoile Sothis (Sirius) devenait visible, juste un peu avant le lever du soleil. Mais aussi que le lever héliaque de l’étoile Sothis est un phénomène plus ou moins fixe (en fait légèrement variable suivant la précession des équinoxes avec un retard de 14 jours par millénaire). Aujourd’hui avec la précession des équinoxes, le lever héliaque de Sirius a lieu le 3 août à la latitude de Memphis effectivement. Donc le premier jour du calendrier égyptien , le 1er Thot est lui mobile. Ce n’est que tous les 1461 ans que les deux coïncidaient . C’est ce que l’on nomme le cycle sothiaque. Les années où les composantes calendaires, la crue du Nil et le lever héliaque de Sothis concordaient étaient considérées comme des années exceptionnelles et étaient célébrées avec faste, faste que l’on retrouve sur certains bas-reliefs (Temple Sethi 1er par exemple). Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a exactement 6254 ans que nos Ancêtres établissaient le premier calendrier de l’histoire de l’humanité. En effet, l’invention du calendrier date de 4236 avant l’an zéro du calendrier grégorien ou 4236 avant J.C (Jules-César). Le calendrier grégorien fut introduit en octobre 1582 à Rome, par le pape Grégoire 8. Le calendrier Kamit fut le fruit de longues années de recherches d’observation et d’enregistrement des phénomènes astronomiques (cycle des étoiles) et naturels (cycles des saisons), auxquels étaient associées les périodes de semence et de récolte.
Sur cette question, en démontrant l’origine égyptienne, c’est-à-dire kamit ou africaine, du calendrier, Cheikh Anta DIOP aura balisé le terrain pour les générations futures ; il dira : « Comme pour la géométrie, les Égyptiens, ont été les inventeurs exclusifs du calendrier, celui-là même, à peine réformé, qui règle notre vie d’aujourd’hui, et dont Neugevauer dit « qu’il est vraiment le seul calendrier intelligent qui ait jamais existé dans l’histoire humaine ».

« Ils ont inventé l’année de 365 jours se décomposant ainsi : 12 mois de 30 jours = 360 jours, plus les 5 jours épagomènes, correspondant chacun à la naissance d’un des dieux égyptiens suivants : Osiris, Horus, Seth, Isis et Nephtys. Ce sont ceux-là mêmes qui vont donner naissance au genre humain et inaugurer le cycle des temps historiques : Adam et Ève ne sont que les répliques bibliques tardives d’Osiris et Isis…
<< D’autre part, on sait maintenant que, en 4236 av. J.-C., les Égyptiens avaient déjà inventé un calendrier fondé sur le lever héliaque de Sothis ou Sirius (étoile la plus brillante du ciel), et dont la périodicité est de 1 460 ans >>
L’établissement d’un calendrier étant le résultat de longues observations, on peut déduire qu’au moment où les Egyptiens décident en 4236 av. J.-C. d’instituer un calendrier, ils avaient déjà observé sur une très longue période le phénomène cyclique de 1460 ans sur 2 ou 3 périodes !!!! Ce qui fait au moins une période expérimentale de 3000 ans …..)
En effet, les Égyptiens connaissaient les deux années : 365 jours et 365 jours plus un quart…
« L’année est divisée en 3 saisons de 4 mois, le mois en 3 semaines de 10 jours qui ne chevauchent pas sur les mois ; le jour en 24 heures…
« Au lieu d’ajouter un jour tous les quatre ans et d’instituer une année bissextile, les Égyptiens ont préféré la solution magistrale qui consiste à suivre ce décalage pendant 1460 ans…
« Le pharaon avait créé un service national présidé par le grand vizir, le plus haut fonctionnaire de l’État, et consacré uniquement à l’observation des levers de Sirius : ainsi les astronomes égyptiens avaient dressé des tables permettant de suivre chaque année l’écart entre l’année du calendrier civil et l’année astronomique sur laquelle venaient se projeter les évènements historiques, comme une échelle de chronologie absolue…
« Donc jusqu’à nos jours, avec le calendrier sidéral égyptien, qui pourrait bien être remis en vigueur, l’humanité, en tout cas l’Afrique dispose d’une échelle de chronologie absolue devant laquelle l’ère chrétienne, l’hégire, les divers repères sont tout à fait relatif » (Cheikh Anta Diop, Civilisation ou Barbarie, 1981).
La semaine égyptienne comptait 10 jours et les 12 mois de l’année en Medu Neter (hyéroglyphes ou paroles divines qui est sans doute la matrice de toutes les langues Kamit) sont :
1) Djehouty,
2) Pa n Ipet,
3) Hout Horo,
4) Ka Her ka,
5) Ta aAbet,
6) Pa n Mekherou,
7) Pa n Iman Hotepu,
8) Pa n Rennout,
9) Pa n Khonsou,
10) Pa n Inet,
11) Ip ipi,
12) Mesout Ra.
Les 5 derniers jours de l’année, dits jours épagomènes sont, tant pour l’initié que le profane, les plus importants de l’année (d’où la célébration des fêtes de fin d’année). Ils correspondent à la naissance des principaux Dieux Kamit (ici on ne parle pas de l’idée de Dieu au sens abrahamique du terme). Il s’agit en réalité selon l’angle dont on les perçoit, d’entités cosmiques, spirituelles ou scientifiques qui sur le plan humain régissent l’existence. La naissance ou manifestation de ces Dieux était suivie du lever héliaque de l’étoile Sopdet (Sirius) le 5e jour : c’est le Nouvel An Kamit ou Nouvel An Africain. Nous avons donc :
– 26 Mesout Ra (14 juillet dans l’antiquité mais de nos jours 29 juillet) : Naissance de Ousiré (Osiris)
– 27 Mesout Ra (15 juillet dans l’antiquité mais de nos jours 30 juillet) : Naissance d’Horo (Horus)
– 28 Mesout Ra (16 juillet dans l’antiquité mais de nos jours 31 juillet) : Naissance de Setou (Seth).
– 29 Mesout Ra (17 juillet dans l’antiquité mais de nos jours 1 août) : Naissance de Aissatou (Isis)
– 30 Mesout Ra (18 juillet dans l’antiquité mais de nos jours 2 août) : Naissance de Nabintou (Nephtys)
– 1er Djehouty (19 juillet dans l’antiquité mais de nos jours 3 août) : Nouvel An Kamit (Thot)
Évoluant dans des sociétés essentiellement sédentaires et agraires, l’année chez les Kamit est rythmée par les saisons en relation avec la pluviométrie qui à son tour conditionne les périodes de semence et de récolte. Déjà à Ta Meri (Egypte Antique) l’année était divisée en 3 saisons. En faisant une correspondance avec le calendrier grégorien on a :
– AKHET (La crue, les 4 premiers mois), du 19 juillet au 15 novembre
– PERET (la décrue), du 16 novembre au 15 mars
– CHEMOU (les basses eaux, la moisson, la saison sèche), 16 mars au 13 juillet.

 


Sources
• Cheikh Anta DIOP, Nations nègres et culture, Tome 1, 1979, Présence africaine
• Cheikh Anta DIOP, Civilisation ou barbarie, 1981, Présence africaine
• Article sur la réforme du calendrier grégorien : https://www.herodote.net/15_octobre_1582-evenement-15821015…
• Etude de K. KONO de l’association Meryu sur le Nouvel an kemite : http://ounout.net/12151407151101/wpt-rnpt.pdf

 

Par Kongo Mawon Gwadloup