Hommage au Prix Nobel de littérature Toni Morrison: Ses plus belles citations

La célèbre romancière Toni Morrison est décédée “d’une courte maladie” dans la nuit du 5 au 6 août 2019 entourée de sa famille; a annoncé son éditeur, Knopf. Elle avait 88 ans.

Née Chloe Ardella Wofford le 18 février 1931, Morrison était surtout connue pour son roman Beloved , salué par la critique et vendu , qui lui a valu le prix Pulitzer de 1988 en fiction. Parmi ses autres romans marquants et influents, il y avait Jazz (1992) et Paradise(1997); les trois livres constituent une trilogie lâche.

Juste après la publication de la dernière, Morrison reçut le prix Nobel de littérature devenant ainsi  la première femme noire à le recevoir. Le Comité Nobel l’a célébrée en tant qu’autrice «qui, dans des romans caractérisés par une force visionnaire et une portée poétique, donne vie à un aspect essentiel de la réalité américaine».  Son dernier livre , God Help the Child , a été publié en 2015. Elle a écrit dans les moments les plus difficiles, y compris la mort de son fils en 2010. 

Avant d’être une autrice de renommée mondiale, Morrison a brisé les barrières en tant qu’éditrice pour Random House, où elle a travaillé pendant 19 ans, publiant une nouvelle génération d’écrivains noirs, notamment Toni Cade Bambara, Gayl Jones et Angela Davis. Elle a également été chaire en sciences humaines à Princeton, où elle a enseigné de 1989 à 2006.

“Nous mourons”, Morrison a clôturé son discours du prix Nobel. «C’est peut-être le sens de la vie. Mais nous faisons la langue. Cela peut être la mesure de nos vies. “

Ses Citations inspirantes 

1-  “Je suis bien décidée à neutraliser le racisme mesquin.”

2-  “Tu vois ce que je veux dire? Ne compte que sur toi-même. Tu es libre. Rien ni personne n’est obligé de te secourir à part toi. Sème dans ton propre jardin. Tu es jeune, tu es une femme, ce qui implique de sérieuses restrictions dans les deux cas, mais tu es aussi une personne. Ne laisse pas Lenore ni un petit ami insignifiant, et sûrement pas un médecin démoniaque, décider qui tu es. C’est ça, l’esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle. Trouve-la et laisse-la faire du bien dans le monde.”

3- “Un homme mort, c’est pas un homme. Un homme mort, c’est un cadavre. C’est tout. Un cadavre. “

4-  “C’est la haine qui fait cet effet. Elle consume tout, sauf elle-même, si bien que, quel que soit votre chagrin, votre visage devient exactement le même que celui de votre ennemi.”

5- “Recevoir le pouvoir de dominer autrui est chose difficile, s’emparer de force de ce pouvoir est chose erronée, donner ce pouvoir sur soi-même à autrui est chose mauvaise.”

6- “Afin d’être aussi libre que possible dans ma propre imagination, je ne peux pas prendre de positions fermées.”

7- “J’écris pour les noirs, je n’ai pas à m’en excuser”

 

 

Ses Romans 

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Un récit où Toni Morrison explore la violence sous toutes ses formes – politiques, raciales, familiales – dans l’Amérique des années 1950. Une fulgurante novela où se confesse Frank Money, un Noir traumatisé par les violences dont il a été le témoin pendant la guerre de Corée. Sa seule devise, c’est de « rester envie » et, lorsque sa soeur Cee l’appelle au secours, il la rejoint à Atlanta en traversant une Amérique férocement ségrégationniste. Ensemble, ils retrouveront le village de leur enfance, un village où ils ont passablement souffert, et leur pèlerinage ressemble à la fois à un règlement de comptes et à un exorcisme.

Beloved

A la fin du 19ème siècle, Seth égorge par amour sa petite fille pour qu’elle ne devienne pas une esclave. Elle est hantée par ce meurtre jusqu’au jour où une mystérieuse adolescente, Beloved – elle a une profonde cicatrice sur la gorge -, croise son chemin. On ne sait si elle est la réincarnation du bébé sacrifié ou le symbole d’une possible rédemption, afin d’exorciser le passé…

Un don

Nous sommes à la fin du 17ème siècle, lorsque les communautés indiennes furent décimées par les épidémies et les conquêtes. C’est dans ce monde chamboulé que débarque un couple d’Européens qui dirigeront une ferme isolée à grands renforts de domestiques. Parmi eux, Lina, la servante indienne qui veille sur la jeune Florens, inconsolable depuis qu’elle a été arrachée à sa mère… A ces deux voix de femmes blessées, la romancière ajoute celle d’une esclave rescapée d’un naufrage – la petite Sorrow…

Paradis

Nous sommes au fin fond de l’Oklahoma, « en plein milieu de nulle part », dans la petite ville de Ruby, un eldorado fondé en 1950 par des Noirs, afin d’oublier les crachats des Blancs, le mépris et la haine. Mais les murailles de cette Babel idyllique finiront par s’écrouler. Parce que les mâles imposent leur loi d’airain. Parce que le puritanisme fait rage. Parce qu’on se met à regarder d’un sale oeil les métis qui n’ont pas la peau assez noire… Et puis, il y a ces étranges malédictions qui planent sur la ville : cinq « sorcières » un peu délurées mais inoffensives, qui squattent un ancien couvent, à 25 kilomètres de Ruby…