Johnny Clegg ; le “zoulou blanc” s’en est allé.

Né le 7 juin 1953 à Bacup, au Royaume-Uni, Johnny Clegg encore appelé le”zoulou blanc”(Zulu Blanc)  est mort à 66 ans. fervent défenseur de la lutte contre l’apartheid, il se savait condamné par le cancer du pancréas diagnostiqué en 2015, et plus tard de tumeurs aux poumons.

Johnny Clegg est mort “entouré de sa famille à Johannesburg”, a annoncé Rodd Quinn, son manager, mardi 16 juillet 2019.  Si mener de front une carrière, une vie de famille et un combat contre un cancer, Johnny Clegg était bien conscient de ce qu’il imposait à sa famille et à Jenny, sa femme. “Je sais combien ma maladie est difficile à vivre pour ma famille (…) Aujourd’hui tout le monde sait que la fin approche. C’est une question de mois au pire, d’années au mieux. Je leur inflige involontairement une pression constante : Quand est-ce que papa va partir ? Combien de temps lui reste-t-il à vivre ? Le plus insupportable est de ne pas savoir”, confiait Johnny Clegg à Paris Match l’année dernière.  Malgré cela, il manifestait un optimisme qu’il a su conservé jusqu’à son dernier souffle. 

“Asimbonanga” : est la chanson pour Nelson Mandela qui a fait de Johnny Clegg une icône

Hommages

Jenny, la femme de Johnny Clegg

Jusqu’à la fin, Johnny Clegg aura affronté son cancer du pancréas aux côtés de sa seconde épouse, Jenny. Le chanteur, mort “entouré de sa famille à Johannesburg”, était marié avec cette dernière depuis 1988. Le couple a eu deux enfants, Jaron et Jesse. “Je sais combien ma maladie est difficile à vivre pour ma famille (…) Aujourd’hui tout le monde sait que la fin approche. C’est une question de mois au pire, d’années au mieux. Je leur inflige involontairement une pression constante : Quand est-ce que papa va partir ? Combien de temps lui reste-t-il à vivre ? Le plus insupportable est de ne pas savoir”, confiait Johnny Clegg à Paris Match l’année dernière.

L’hommage de l’ANC à Johnny Clegg

Le parti ABC (Congrès national africain), au pouvoir en Afrique su Sud, a publié un communiqué pour s’émouvoir de la mort de Johnny Clegg, qualifié de “légende”. “Son décès est une perte immense pour les Sud-Africains […] Il s’est servi de la musique pour unir les gens de toutes les races et a inspiré le changement social, économique, culturel et politique dans le pays”, peut-on lire.

L’hommage de “Nathi Mthethwa C’est un géant immense qui nous quitte”

Nathi Mthethwa, ministre sud-africain de la Culture, a posté un message sur Twitter pour rendre hommage à l’artiste. “Avec le décès du chanteur, compositeur et anthropologue Johnny Clegg, c’est un géant immense qui nous quitte”, ajoutant : “Notre cœur est plein de douleur. Comme il l’a chanté dans Asimbonanga, “Oh, la mer est froide et le ciel est gris” alors que nous regrettons la perte d’un porte-flambeau de la lutte pour la liberté”.

La Fondation Nelson Mandela rend hommage à Johnny Clegg

C’est un message émouvant qu’a mis en ligne l’association créée par l’ancien président sud-africain, qui avait tissé une lien particulier avec le chanteur. “La Fondation Nelson Mandela déplore le décès d’une icône musicale et d’un combattant de la liberté, Johnny Clegg. Nous sommes bénis de l’avoir vu. Nous continuerons à chanter Asimbonanga. Nous continuerons à travailler pour le pays de ses rêves”, peut-on lire dans le communiqué de l’association qui ajoute en langue zoulou : “Hamba kahle qhawe lamaqhawe”, “un grand héros et des héros”.

Le média IOL salue l’un des fils les plus célébrés de l’Afrique du Sud

Le média sud-africain en ligne IOL dépeint un artiste complet, mais aussi “anthropologue et activiste musical” qui “a rendu célèbre une musique métissée et contagieuse, mélange vibrant de pop occidentale et de rythmes zoulous, qui a grandement contribué à la cohésion sociale dans la jeune démocratie sud-africaine”.

L’hommage du journal sud-africain Daily Maverick : “Johnny Clegg, 1953 – éternité”

Nous pouvons imaginer si ce gamin blanc avait été comme la plupart des autres gamins blancs, trop timide pour s’aventurer chez son copain zoulou ; ou s’il ne s’était pas donné la peine de se faire un ami de Mzila, si le jeune Johnny Clegg n’avait pas eu ce qu’il possédait – imaginez ce que nous aurions tous perdu !” écrit le Daily Maverick, qui ajoute : “L’exemple de Clegg incite aujourd’hui les Blancs de l’Afrique du Sud à faire de même, à encourager leurs enfants à se lier d’amitié avec ce gamin noir ou noir, à les inviter à la maison, à jouer au parc avec eux, à demander quelque chose de leur culture”.

L’hommage de Yannick Noah à Johnny Clegg

Le sportif et chanteur camerounais a posté ce message sur ses réseaux, en anglais : “RIP Johnny Clegg. L’une des plus grandes émotions de ma vie. Cette nuit où tu as chanté Asimbonanga à Madiba pour la première fois. On était présent avec André Agassi et Boris Becker. Respect à toi pour toujours mon ami ! Tu as marqué nos esprits et changé les choses pour nous tous”.

Ses chansons les plus appréciées 

“Scatterlings of Africa”, la chanson qui a lancé Johnny Clegg

Le chanteur sud-africain s’est fait connaître dans le monde avec son tube “Scatterlings of Africa”, qui le propulse en 1982 en tête des hit-parades dans plusieurs pays.

“Asimbonanga” : la chanson pour Nelson Mandela qui a fait de Johnny Clegg une icône

Le titre le plus connu de Johnny Clegg était certainement “Asimbonaga” (“nous ne l’avons pas vu”), sorti en 1988 et chanté avec son groupe Savuka. Cette chanson, devenue un véritable tube planétaire, était dédiée à Nelson Mandela, figure de la lutte contre l’Apartheid, qui était alors prisonnier sur Robben Island. En 1997, alors qu’il donnait un concert à Francfort, Johnny Clegg avait même pu chanter “Asimbonaga” auprès de l’ancien président sud-africain. “J’ai aperçu du coin de l’œil quelqu’un derrière moi qui était en train de monter sur la scène, en dansant. C’était Mandela ! Ça a été un choc. Je ne savais même pas qu’il était là”, avait à l’époque raconté Johnny Clegg au Nouvel Observateur.

“Great Heart” : Une chanson qui illustre parfaitement son style, entre musique africaine et pop occidentale.

Extrait de l’album “Third World Child”, comme “Asimbonanga”, ce morceau parle de l’amour de l’artiste pour le continent africain. Pour écouter ce titre, c’est par là.

 

“Dela” : un autre titre ayant participé à la popularité mondiale de Johnny Clegg.

Sortie en 1990, cette superbe chanson d’amour est connue de toute une génération à cause de sa reprise pour la bande-originale des films “George de la jungle”, sortis en 1997 et 2003. 

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