« Ce qu’est le 4 juillet pour un esclave » Retour sur la fête nationale américaine

« Il y a des forces à l’oeuvre qui travaillent inexorablement à la chute de l’esclavage. Le bras du Seigneur n’est pas affaibli, et la fin de l’esclavage est sûre. Les nations ne sont plus aujourd’hui dans la même relation qu’elles l’étaient auparavant. Aucune nation ne peut maintenant se couper du monde et continuer à fouler le même vieux sentier usé de ses pères. D’anciennes et blessantes coutumes pouvaient autrefois s’entourer d’une clôture, et faire leur mauvais travail en toute impunité.

La connaissance était alors confinée, et appréciée par quelques rares privilégiés, pendant que la multitude cheminait dans l’obscurité mentale. Mais un changement est survenu dans les affaires de l’humanité. Les villes fortifiées et les empires ont passé de mode . Le bras du commerce a ouvert les portes de la ville. L’intelligence pénètre les coins les plus sombres du globe. Il trace son sentier sous la mer aussi bien que sur terre. Le vent, la vapeur et la foudre sont ses agents patentés. Les océans ne divisent plus, mais relient les nations. Les pensées exprimées d’un côté de l’Atlantique sont distinctement entendues de l’autre. Le Pacifique lointain et fabuleux roule sa grandeur jusqu’à nos pieds. L’Empire Céleste, archaïque mystère, est mis à jour. L’ordre du Tout-puissant, « Laissez passer la Lumière » conserve toute sa force. Aucun abus, aucune discrimination, que ce soit par coutume, défi ou avarice, ne peut se cacher maintenant de la lumière pénétrante. L’Afrique doit se lever et enfiler sa robe. L’Éthiopie doit tendre la main à Dieu. »

Frederick Douglass « Ce qu’est le 4 juillet pour un esclave » (1852) Frederick Douglass, (1818-1895), surnommé « Le lion d’Anacostia », est un homme politique et écrivain américain. Noir et né esclave, il sera l’un des plus célèbres abolitionnistes américains du XIXe siècle. Il fut candidat à la vice-présidence des États-Unis aux côtés de Victoria Woodhull, première femme à se présenter pour le poste de président des États-Unis, pour le Parti de l’Egalité des Droits (Equal Rights Party). Son adage était : « Je m’unirais avec n’importe qui pour faire le bien, et personne pour faire le mal ».

http://fr.wikipedia.org/wiki/Frederick_Douglass

Echos d’Afrique