Sara Forbes Bonetta: Filleule de la reine Victoria

La reine Victoria était impressionnée par l’intelligence exceptionnelle de la jeune princesse et avait élevé Sara comme sa filleule dans la classe moyenne britannique.

Sara Forbes Bonetta (1843 – 15 août 1880) était un Egbado omoba d’Afrique occidentale de la royauté yoruba, orphelin de guerre inter-tribale, vendu en esclavage et libéré de l’esclavage, elle devint la filleule de la reine Victoria. Plus tard, elle se maria au capitaine James Pinson Labulo Davies, un riche philanthrope victorien de Lagos.

À l’origine nommée «Aina», la princesse est née en 1843 à Oke-Odan , un village d’ Egbado . En 1848, Oke-Odan fut attaqué par une armée de Dahomeyan . Les parents de Sara meurent lors de l’attaque et elle se retrouve à la cour du roi Ghezo.

Le capitaine Frederick E. Forbes de la Royal Navy qui représente l’Angleterre dans les eaux du golfe, a convaincu le roi Ghezo de Dahomey de la donner à la reine Victoria ; «Elle serait un cadeau du roi des Noirs à la reine des Blancs», écrivait plus tard Forbes. Forbes la prépare pendant un an au voyage, à la présentation à la reine et à la découverte du Royaume-Uni et la baptise Sara Forbes Bonetta du nom de son navire, le HMS Bonetta. L’arrivée de la petite princesse fût un événement national, couverte même par les journaux de l’époque.

D’une vie d’esclave à une vie royale

Dès qu’elle fut informée de l’histoire de la petite, la reine Victoria insista pour expressément la rencontrer. Sarah, âgée de 7 ans, est officiellement présentée le 9 septembre 1850 à la Reine Victoria au château de Windsor. Celle-ci fut tellement impressionnée par son intelligence exceptionnelle, ses manières royales naturelles qu’elle décida d’en faire sa filleule et à l’élever dans la classe moyenne britannique. Sarah très en avance pour son âge, révèle des talents en littérature, art et en musique. Elle surprend même ses tuteurs avec ses capacités à exceller dans toutes les matières. A quelque exceptions près, elle gagne l’affection et l’admiration de la cour royale.

Moins d’un an plus tard, après le décès prématuré du commandant Forbes en 1851, Sara ne s’habituant pas au climat anglais, tombe gravement malade. La reine l’envoie se rétablir en Sierra Léone où elle suit des cours dans une école de religieuses missionnaires. Mais 4 ans plus tard, âgée de 12 ans, malheureuse et souffrant de solitude dont elle se plaint à la reine, elle finit par obtenir de pouvoir retourner en Angleterre en 1855.

La reine, toujours impressionnée par ses talents, nota dans son journal : « depuis son arrivée dans le pays, elle a fait des progrès considérables dans l’étude de la langue anglaise, manifeste un grand talent musical et une intelligence hors du commun. Ses cheveux sont courts, noirs et bouclés, indiquant fortement son ascendance noire ; ses traits sont agréables et fins, ses manières et sa conduite douce et affectueuse envers tous ».

Devenir une véritable Lady

En 1862, à l’âge de 19 ans, Sarah Forbes est invitée au mariage de l’aînée des filles de la reine, la princesse Victoria qui épouse l’héritier du royaume de Prusse, le kronprinz Frédéric, futur Frédéric III. C’est aussi pour Sarah l’heure de se marier. La reine lui propose d’épouser le capitaine James Labulo Davies, un riche homme d’affaires du Sierra Léone d’origine Yoruba qui vit en Angleterre, mais elle refuse rétorquant n’avoir aucun sentiment pour lui.

La reine l’envoie alors vivre chez 2 vieilles dames à Brighton, Mlle Hannah Welsh âgée de 77ans et sa sœur Mary Welsh, 66 ans, chez qui elle souffre d’ennui et de solitude ce qui la pousse à finalement à accepter d’épouser James Davies. Le mariage a lieu 2 mois plus tard et c’est un mariage véritablement princier.

Un mariage princier: “White ladies with African gentlemen, and African ladies with White gentlemen”.

On y retrouve 10 attelages et 16 demoiselles d’honneur parmi lesquels des princesses de sang royal ayant pour cavalier d’un jour des membres de l’ethnie Yoruba.

Les jeunes mariés s’installent à Bristol avant de partir à Freetown en Sierra Leone, où maintenant Lady, elle donne des cours dans une école. Sarah se fait baptiser dans la ville de Badagry, un ancien port négrier, puis ils s’établissent à Lagos où son mari devient membre du conseil législatif de 1872-74 .

Une fin de vie tranquille

Sarah donne naissance à une fille et obtient la permission de la reine de l’appeler comme elle, Victoria. Elle en devient aussi la marraine. Sarah lui rendra visite pour la dernière fois en 1867 avec sa fille et retourne ensuite à Lagos où elle a 2 autres enfants.

A l’âge de 37 ans Sarah attrape la tuberculose et part en convalescence à Madeira aux abords des côtes de l’Afrique de l’ouest, mais elle y meurt le 15 août 1880, et y sera enterrée.

Son mari, le capitaine Davies, érige un monument en forme d’ obélisque de granit de plus de trois mètres de haut en mémoire de Sarah Forbes Bonetta à Ijon, dans l’ouest de Lagos, où il avait créé une ferme de cacao. L’inscription sur l’obélisque se lit comme suit:

A LA MEMOIRE DE LA PRINCESSE SARAH FORBES BONETTA, LA FEMME DE HON JPL DAVIES QUI A COMMENCÉ CETTE VIE À MADÈRE LE 15 AOÛT 1880.

Filleule de mère en fille

Dans son journal, la Reine raconte que c’est Victoria, la fille de Sarah qui est venue lui apprendre la mort de sa mère, le jour même où elle l’appris. Elle en fût très peinée et pris en charge sur sa liste royale l’éducation de la fille de Sarah.

Elle assiste même à ses examens de musique et la récompense, ainsi que ses professeurs, d’un jour de congé à chaque succès. Jusqu’en 1901, année de sa mort, la reine Victoria recevra régulièrement sa seconde filleule africaine, Victoria à qui elle versera toute sa vie qui une annuité.