Quelles sont les pionnières femmes africaines de la médecine moderne?

Lors du décès du professeur Aldjia Noureddine-Benallègue en 2015, doyenne des femmes médecins en Algérie (diplômée en 1946) et 1ère professeur hospitalo-universitaire, certains journalistes se sont empressés de la qualifier de doyenne des femmes médecins d’Afrique sans avoir vérifié s’il n’existait pas d’autres pionnières tant en Afrique. Comme présenté dans cet article, la pionnière de la médecine moderne était sud africaine.

Aldjia Noureddine-Benallègue

 

 

 

 

 

 

 

En Afrique du nord, la palme revient à la Tunisie où, la doyenne des femmes médecins Ben Cheikh Tawhida a obtenu son doctorat en médecine à Paris en 1936 soit 10 avant le Pr. Aldjia Benallègue.

Ben Cheikh Tawhida)

 

 

 

 

 

 

 

 

Et en Egypte Sedroussi Hilana a été diplômée en Grande Bretagne en 1930, mais s’agissant de la période du royaume d’Egypte (roi Fouad 1er) les égyptiens préfèrent occulter cette dame qui a exercé à l’hôpital Kitchener du Caire avant d’aller exercer dans un hôpital copte de la banlieue du Caire pour ne parler que du professeur Zahira Abdeen qualifiée de mère des médecins égyptiens (Umm al-atibba al-dukturah Zahirah Abidin) récipiendaire du doctorat honorifique en médecine de l’Université d’Edimbourg en 1980.

Zahira Abdeen

 

 

 

 

 

 

En Afrique subsaharienne, des femmes ont pu accéder à la pratique médicale quelques décennies avant La première fut évidement une blanche afrikaner Van Heerden Petronella, diplômée en 1915 (alors que la première noire sud-africaine Jobodwana Patricia ne sera diplômée qu’en 1955 soit 40 ans plus-tard).leurs consœurs d’Afrique du Nord

Heerden Petronella

 

 

 

 

 

 

Outre l’Afrique du Sud, le Nigéria aura également sa première femme médecin dès l’année 1931 en la personne de Yewande Savage Agnes (même si parfois on rapporte le nom de la nigériane Abimbola Awoliyi Elizabeth, deuxième président du Conseil National des Sociétés des Femmes du Nigéria, de 1964 jusqu’à sa mort en 1971, mais qui fut diplômée en 1938).

Jobodwana Patricia

 

 

Yewande Savage Agne

Abimbola Awoliyi Elizabeth

 

 

 

 

 

 

 

 

Toujours durant la période coloniale, dans d’autres pays africains des femmes vont s’investir dans la profession médicale : la ghanéenne Gyankorama Ofori Susan obtiendra son doctorat en 1949 (du temps où le pays s’appelait Côte d’Or), la soudanaise Zahir Khalida en 1952, la marocaine Kebaili Khadija en 1953 et la kényane Mwangi Ng’endo en 1961.

Gyankorama Ofori Susan

 

Zahir Khalida

 

 

 

 

 

 

 

Dans les années soixante la plupart des pays d’Afrique accèdent à l’indépendance, avec la remise en cause du système colonial et l’ouverture des écoles et des universités pour l’ensemble de la jeunesse de ces pays : Mais ceci est une autre histoire.