“On a le droit, en tant que noir.e de changer de coiffure, quand on veut ?” Audrey PULVAR

Audrey Pulvar pousse un coup de gueule contre ceux qui se permettent des réflexions sur ses cheveux

 Trop lisses, trop naturels, mais jamais “comme il faut”. Audrey Pulvar subit régulièrement des remarques de ce type sur ses cheveux. Sur Twitter, un utilisateur s’en est encore pris à elle, ce week-end. Il reproche à l’ancienne journaliste d’avoir longtemps fait des brushings pour paraître plus caucasienne, plus “intellectuelle”, et de s’être récemment tressé les cheveux pour servir l’image “écolo” qu’elle veut donner d’elle à la présidence de la Fondation pour la nature et l’homme.

Des remarques qui l’ont fait sortir de ses gonds. “Je n’ai absolument jamais eu aucune envie de ‘ressembler à une blanche’, écrit cette dernière sur le même réseau social, ce dimanche 7 octobre. Je suis une femme noire créole caribéenne d’Amérique. C’est vous, manifestement, qui avez un problème avec ma couleur de peau. Occupez-vous de vos névroses et ne vous croyez pas plus malin que vous ne l’êtes.”

Elle poursuit: “Mon dieu mais…? Mêlez-vous de ce qui vous regarde et laissez mes cheveux tranquilles. Scoop: dans quelques jours je vais défaire mes tresses et refaire un brushing… c’est le signe de quel agenda politique selon vous?”

Quelques minutes après ce second message, elle partage quatre photos d’elle, avec des coupes différentes, pour exiger de ses détracteurs qu’ils la laissent, elle, mais aussi toutes les autres femmes noires, se coiffer comme elles en ont envie.

Résultat: des dizaines de personnes lui ont répondu chaudement. Elles lui ont transmis, par la même occasion, des clichés d’elles pour montrer, à leur tour, toute leur variété de coiffures, comme en témoignent les images ci-dessous.

Aujourd’hui encore, nombre de femmes et d’hommes noirs sont complexés par leurs cheveux naturels. La faute à quoi? Des remarques désobligeantes comme celles qu’a reçues Audrey Pulvar. Comme l’explique Carolyn Copeland, une rédactrice afro-américaine de 27 ans, au HuffPost, elle n’envisage pas une seconde, par exemple, le fait de se rendre à un entretien d’embauche sans avoir “discipliné” son afro. “Je suis certaine que mes chances en seraient amoindries”, confie celle-ci.

Heureusement, il existe des initiatives. En France, à Science Po, plusieurs étudiantes ont monté une association qu’elles ont appelée Science Curls. Leur but est de réconcilier les femmes avec leurs cheveux frisés et crépus. Sous forme de conférence, en présence de blogueuses et experts sur le sujet, elles entendent libérer les femmes sur la question et les pousser à assumer leurs cheveux naturels.

Plus récemment, la blogueuse Laura Nsafou, aussi connue sous le nom de Mrs. Roots, a sorti son premier album jeunesse. Intitulé “Comme un million de papillons noirs”, cet ouvrage vise, entre autres, à développer l’estime de soi chez les enfants noirs en célébrant la beauté des cheveux afro.

 

Source: Rédaction du HuffPost