Tassin Hangbe, la choquante reine libertine

Le Dahomey (Danhomé en langue fon) était un royaume patriarcal africain situé au sud-est de l’actuel Bénin depuis le XVIIe siècle. À partir de 1894, ce nom désigne un territoire de l’Empire colonial français, devenu le Bénin en 1975. Le royaume du Dahomey, bien que foncièrement patriarcal, a conservé quelques vestiges de l’ancien matriarcat. Au Dahomey, les femmes étaient libres de pratiquer les métiers des hommes, elles prenaient part au gouvernement et étaient associées à l’armée

Tassin Hangbe, la reine sans pudeur 

Elle était surnommée « la reine sans pudeur ». Cette femme régna sur le trône d’Abomey, capitale  du Dahomey, pendant une courte période au début du XVIIIe siècle. Tassin Hangbe était la sœur jumelle du prince Akaba, l’héritier de Houegbadji, souverain d’Abomey de 1650 à 1680. Quand Akaba prit le pouvoir à la mort de leur père, la princesse partageait la souveraineté avec son frère jumeau, sans toute fois exercer quelque fonction politique.

Sacrée reine à la mort de son frère

Tassin bénéficiait d’une liberté totale et elle en profitait largement, menant une vie assez libertine. Elle eut un fils mais ne resta pas mariée très longtemps. Son palais était le lieu de toutes les beuveries et cette vie qu’elle menait alimentait les conversations. Seulement, en 1708, alors que la guerre contre les Oueménous, ennemis jurés des Dahoméens entrait dans une phase décisive, le roi, son frère fut brutalement emporté par la variole, introduite au Dahomey par les colons. Pour ne pas affecter le moral des troupes, le conseil royal avec le chef des armées demanda à Tassin Hangbe de remplacer son défunt frère. Elle accepta sans hésitation car en effet ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau et habillée comme Akaba, elle entra dans la bataille tel que l’aurait fait son jumeau.

Une amazone hors paire, qui attise les jalousies

Transportée par l’importance de sa mission, Tassin Hangbe amena ses troupes jusqu’à la victoire, se révélant ainsi une amazone hors pair. De plus, le chef des Ouéménous, trouva la mort lors de cette guerre et la rivalité entre les deux peuples prit fin ce jour-là avec la victoire du Dahomey. La nouvelle de la victoire de Tassin fit le tour du royaume et on demanda aussitôt à la princesse de prendre la régence d’Abomey. Le contexte était tel que cela engendra un conflit familial car il est vrai que si le fils d’Akaba n’était pas près pour gouverner parce que trop jeune et non encore initié, Dossous, le frère cadet des jumeaux, lui était prétendant au trône. Tassin ne tint pas compte des prétentions de son jeune frère et accepta d’assurer la régence tout en gardant son mode de vie d’avant.

Une liberté sexuelle qui attise complot et meurtre

Mal lui en prit car même si elle assumait parfaitement son rôle de reine, ses adversaires, ne supportant pas ses frasques privées, fomentèrent un complot d’assassinat contre son fils unique. Le meurtre se déroula par une nuit sans lune dans le palais royal. Tassin Hangbe informée du drame ne versa aucune larme et ne dit aucun mot jusqu’à la réunion du conseil.
Là, assise sur le trône sacré d’Abomey, drapée de trois pagnes luxueux en kita, elle écoutait tranquillement les hommages des tams-tams, célébrant son courage de reine et sa souffrance de mère, quand soudain, elle se leva pour se diriger vers le centre de l’assistance. Elle défit ses pagnes, et Stupeur !!! se dénuda, trempa ses mains dans le vase que lui tendait sa suiveuse et se lava les parties intimes, là devant tout ce monde abasourdi. Elle hurlait sa douleur, et maudissait cette assemblée et le peuple tout entier, promettant sur lui un grand malheur. Puis elle démissionna de ses fonctions et ce fut le dernier acte de ses trois mois de règne au Dahomey.
 
nos ancêtres les Amazones : guerrières gauloises et africaines
 
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