Benjamin Biayenda, ce jeune artiste qui célèbre la femme noire

Le jeune illustrateur Benjamin Biayenda (Ben Biayenda) né en Namibie en 1998 de parents français et congolais a commencé à dessiner des femmes noires il y a trois ans. valorisant la fraternité et la féminité noires, il s’inspire des artistes telles Adrian Piper et Michèle Magema pour cerner son identité tant artistique que personnelle. Notre jeune étudiant en art, ne cesse de s’interroger sur la race, les normes de beauté occidentales, et l’art lui-même à travers son travail.

« C’était difficile trouver mon identité, comprendre ce que j’ai le droit de faire artistiquement, qui je suis. Je vois tant de beauté dans mon héritage africain. L’Afrique est si riche et j’ai ressenti le besoin de l’ambitionner dans mon art. »

Notons que, notre étudiant en art est bercé par l’art dès sa naissance par ses parents artistes. Il grandit nourrit par les peintres français, de Jean-Auguste-Dominique Ingres à Henri Rousseau. C’est donc très jeune qu’il expose aux beaux-arts “J’étais vraiment fasciné par la peinture et j’allais aux musées de Paris […] mais il y avait une certaine frustration à ne pas voir beaucoup de représentation en noir dans les peintures célèbres », se souvient-il son constat a été le déclic pour la création de  sa propre version de l’histoire de l’art à travers un travail qui reflétait ses propres critères de beauté, tout en s’inspirant des poses et de l’atmosphère des œuvres classiques qu’il admirait.

« Avec mon crayon pour seule arme, je veux contribuer à changer le regard et sortir les esprits de l’ignorance. Si on ne le fait pas, qui le fera ? »

Ses dessins très décoratifs riches en couleurs, en motifs et en détails, sont très vivants. Quoique les visages de ses femmes soient souvent composés ou au repos, ils brillent d’une vie intérieure et d’une individualité exaltent leur beauté. Ils ont différents tons de peau et types de corps. Ils ont différents sens du style et appartiennent à différentes cultures et sous-cultures.

Les détails et les références dans ses dessins sont la clé de la vision de Ben Biayenda.

Une grande partie de son inspiration vient des femmes qu’il connaît, en particulier les femmes françaises noires autour de lui, mais parfois ses muses sont plus en vue. Tout comme Mickalene Thomas avec ses visions scintillantes sur les femmes noires, l’artiste précoce nous offre une belle série de photos « Decolonize Olympia » inspirée de la série Not Manet’s de Carrie Mae Weems.

Que dire ?

Ses illustrations célèbrent la beauté noire dans toute sa diversité : elles révèlent un large éventail de références directes de l’art tribal africain et à la culture pop actuelle. La sensibilité de l’artiste nous conduit dans un tourbillon d’émotions nous faisant vivre la femme noire dans des moments d’intimité, de connexion et de soins personnels. Ses scènes sont des salons de beauté et des appartements bohèmes plantés de plantes. Dans le dîner des filles, trois femmes noires s’assoient ensemble pour partager des rouleaux de sushi. Un masque africain, un découpage de Matisse et une affiche d’Angela Davis sont accrochés au mur derrière eux. L’un des invités a le vitiligo, peut-être un hommage à Winnie Harlow, un modèle canadien atteinte de vitiligo.

 

« Mes dessins expriment aussi bien ce qu’est la génération à laquelle j’appartiens que ma propre part de féminité. C’est le monde dans lequel je vis. »

 

 

Une pièce particulièrement frappante place Solange Knowles et l’actrice Amandla Stenberg dans des morceaux de cou africains. Il s’agit de plus de la culture de la célébrité. Il met des modèles féminins noirs, des femmes puissantes qui l’inspirent, dans l’art. “J’ai toujours senti qu’il y avait un manque de diversité et un manque de gens qui me ressemblent, dans l’histoire de l’art, dans les magazines et les médias”, explique Biayenda, “La représentation est vraiment importante.”

Contacts:

Instagram: Benbiayenda

Site Web: BENBIAYENDA