IL N’Y A AUCUN ENDROIT SUR TERRE OÙ LES NOIRS NE SOIENT CHEZ EUX

Pour essayer de discréditer le combat de résistance dans lequel beaucoup d’entre nous qui se sont réveillés, qui sont éveillés, et qui sont sortis de la matrix se sont engagés, on nous demande souvent de “rentrer chez nous si non notre combat est de la rigolade” ou encore de “ne pas nous prononcer sur ce qui se passe en Afrique parce que nous ne sommes pas sur le terrain”. Répondons à ces tentatives de décrédibilisation avec les outils préférés: l’histoire, la science, le panafricanisme, et surtout la logique; des instruments frustrants, oppressifs, et rédhibitoires pour les esprits égarés.

1) L’humanité est née en Afrique. Si les Africains n’étaient pas sortis de ce continent, nous n’aurions pas les blancs (européens) les jaunes (asiatiques), les rouges (amérindiens) etc. Ce qui veut dire que les noirs étaient les premiers PARTOUT sur cette planète, il n’ y a aucun continent ou l’on ne retrouve les vestiges d’une civilisation noir.

Si n’importe qui prend un format blanc et des stylos de couleurs différentes et se met à colorier le format en mélangeant les couleurs, cette personne obtiendra la couleur noire, ce qui veut dire que le noir est le mélange de toutes les couleurs, et ce qui confirme le fait que toutes les autres “races” sont des variations du peuple noir.

Les différentes “races” / variations de couleurs sont des produits d’une adaptation progressive de ces peuples à leur environnement. Exemple: un peuple qui perd sa mélanine est mieux adaptée au froid. Les blancs ont l’épiderme plus épaisse que celle des noirs pour pouvoir les protéger contre le froid. Si les asiatiques de l’est (chinois et japonais) ont des yeux étirés, cela est dû à une adaption de leur corps aux zones à forts vents dans lesquelles ils habitent etc

Donc scientifiquement et historiquement, les noirs sont les premiers à avoir peuplé chaque coin et recoin de cette planète.

2) Les noirs ont bâti ce monde. A travers des monuments comme Cheik Anta Diop ou Runoko Rashidi, on sait au sein de la communauté scientifique (historien et archéologue) aujourd’hui que toutes les civilisations se sont d’une façon ou d’une autre inspirée de la civilisation égypto-nubiennne en terme d’art, de science ou de religion.

Mais en plus, que ce soit volontairement avec des peuples comme les dravidiens, les Maures ou les tirailleurs africains, ou que ce soit involontairement au travers des systèmes comme l’esclavage, les noirs ont bâti ce monde avec leur sang, leur sueur, et leurs larmes. Moi qui vis aux Etats Unis, je suis en terre sainte. Et tous ces soient disant pays avancés / évolués / développés doivent leur “avance” au labeur gratuit de mes ancêtres.

3) Les afro-descendants / melanodermes / noirs / africains sont des peuples ouverts, accueillants et hospitaliers. Nous n’avons jamais été fermé au monde, et ce n’est pas prêt de commencer. Le panafricanisme est un humanisme et il n’a jamais été question de nous fermer aux autres, il n’a jamais été question de regrouper tous les afro-descendants en Afrique. Il a toujours été question de changer ces RELATIONS MALSAINES qui nous unissent aux autres peuples (qui sont nos descendants) depuis environs 7 siècles.

En tant que panafricains, nous reconnaissons que tant que l’Afrique ne se portera pas bien, les afro-descendants ne seront en sécurité nulle part. Si l’on ne traite pas les asiatiques, les arabes ou les européens n’importe comment lorsqu’ils sont hors de chez eux, c’est parce que leur continent mère se porte relativement bien.

Nous reconnaissons aussi qu’il y a très peu de choses que l’on puisse faire dans ce monde sans argent. Et pour que la souveraineté et l’émancipation de notre terre mère et de notre peuple (où qu’il soit) devienne une réalité, il faudra les financer. En 2015, dans ce pays appelé le Cameroun, l’argent transféré par les membres de la diaspora a constitué 15% du pib, et ce montant est plus élevé dans d’autres pays africains. Le problème est que cet argent repart directement dans les mains de ceux qui nous oppressent à travers la CONSOMMATION des biens étrangers; plutôt qu’à participer à notre souveraineté et émancipation au travers de la construction de business et d’entreprises / PRODUCTION.

Diviser les afro-descendants sur une base géographique (diaspora contre nationaux /locaux) c’est jouer le jeu de ceux qui oppressent, exploitent et nous contrôlent depuis quelques siècles déjà. C’est un jeu que je ne joue pas car en tant que noir, l’Afrique est ma chambre, l’occident est mon salon l’orient est ma cuisine, le monde est ma maison.