Dans Civilisation ou barbarie “, Cheikh Anta Diop démonte Les mensonges sur Thalès et Pythagore.

Toutes les recherches scientifiques que cheikh anta diop a menées depuis quelques décennies sur les fondements historiques de la civilisation africaine culminent en cet ouvrage capital, affirmation de l’identité nègre, dont le titre marque avec force l’enjeu : civilisation ou barbarie.

” Pour nous, écrit cheikh Anta Diop, le retour à l’Égypte dans tous les domaines est la condition nécessaire pour réconcilier les civilisations africaines avec l’histoire, pour pouvoir bâtir un corps de sciences humaines modernes, pour rénover la culture africaine. loin d’être une délectation sur le passé, un regard vers l’Égypte antique est la meilleure façon de concevoir et bâtir notre futur culturel.
l’Égypte jouera, dans la culture africaine repensée et rénovée, le même rôle que les antiquités gréco-latines dans la culture occidentale. ”

Cette oeuvre exemplaire s’articule autour de grands thèmes qui s’inscrivent dans le débat culturel contemporain : la démonstration de l’origine africaine de l’humanité, à la fois au stade de l’homo-erectus et à celui de l’homo sapiens, fondée sur les données de la chronologie absolue, de l’anthropologie physique et de l’archéologie préhistorique ; la description des lois qui gouvernent l’évolution des sociétés dans leurs différentes phases (clans, tribus, nations) ; l’identification des différents types d’états et celle du moteur de l’histoire dans les états à ” mode de production asiatique ” ; l’étude des différentes révolutions de l’histoire, surtout de celles qui ont apparemment échoué et que la théorie classique n’a jamais prises en compte ; une définition de l’identité culturelle et une approche des relations interculturelles ; l’évaluation de l’apport scientifique du monde noir égyptien à la Grèce en particulier ; les prémisses d’une nouvelle philosophie largement fondée sur les sciences et l’expérience scientifique et qui pourrait, peut-être, un jour, réconcilier l’homme avec lui-même.

En savoir plus ici Civilisation ou barbarie : Anthropologie sans complaisance

La vérité que nous ne pouvons nier: Thalès et Pythagore ont tout appris en Egypte

Les Grecs ont toujours affirmé avoir trouvé en Égypte et en Mésopotamie les matériaux de base pour leur astronomie et leur géométrie. Les premiers mathématiciens grecs  sont issus d’Asie Mineure. Le début du développement des mathématiques grecques 3 s’est fait au carrefour de ces civilisations.

Thalès de Milet en Asie (−640, −546) est supposé avoir calculé à l’aide d’un bâton la hauteur d’une pyramide, calculé la distance d’un bateau en mer. Thalès est crédité de trois résultats importants: un diamètre partage un cercle en deux parties égales; un angle inscrit dans un demi-cercle est droit; dans un triangle isocèle, les angles à la base sont égaux. L’apport de Thalès est d’avoir introduit des démonstrations en mathématiques, au lieu de résultats épars, tantôt justes, tantôt faux en usage jusque là.

Pythagore originaire de Samos, après des voyages en Égypte et en Mésopotamie, s’installe dans le sud de l’Italie où il crée une secte mystique (Pythagore défendait la théorie de la métempsycose) et une école, société d’adeptes dont les connaissances étaient tenues secrètes. La tradition pythagoricienne dura plusieurs siècles. Plus tard, tous les travaux collectifs de cette école furent attribués à son fondateur. Aucun écrit direct de la période de Pythagore n’ayant été conservé, nous connaissons l’oeuvre arithmétique des pythagoriciens par le livre 7 des Éléments d’Euclide, la théorie des nombres figurés par le livre d’arithmétique de Nicomaque (100). En géométrie, les pythagoriciens ont obtenu différents résultats sur la somme des angles d’un triangle, sur des figures régulières et commencé à développer ce qu’on appelle la méthode d’application des aires. L’attribution du théorème sur l’hypoténuse à Pythagore repose sur quelques éléments épars et fragiles.

Une Lettre de Thalès qui montre bien qu’à l’époque, la Grèce ne connaissait pratiquement rien des sciences et que les ioniens allaient chercher leur savoir en Egypte. 

 

THALES ( lettre à Phérécyde) 
Thalès à Phérécyde de Syros. 

J’apprends que vous êtes le premier des Ioniens qui vous préparez à donner aux grecs un Traité des choses divines, etpeut-être vaut-il mieux pour vous d’en faire un écrit public que de confier vos pensées à des gens qui n’en feraient aucun usage. Si cela vous était agréable, je vous prierai de me communiquer ce que vous écrivez, et, en cas que vous me l’ordonniez, j’irai vous trouver incessamment. Ne croyez pas que nous soyons Solon et moi, si peu raisonnables qu’après avoir fait le voyage de Crête par un motif de curiosité, et pénétrés jusqu’en Égypte pour jouir de la conversation des prêtres et des astronomes du pays, nous n’ayons pas la même envie de faire un voyage pour nous trouver auprès de vous ; car Solon m’accompagnera, si vous y consentez. Vous vous plaisez dans l’endroit où vous êtes, vous le quittez rarement pour passer en Ionie, et vous n’êtes guère empressé de voir des étrangers. Je crois que vous n’avez d’autre soin que celui de travailler ; mais nous qui n’écrivons point, nous parcourons la Grèce et l’Asie. 

Portez-vous bien, 

Thalès. 

En savoir plus ici Histoire des sciences de l’organisation et de leurs progrès, comme …, Volume 1

 

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