8 ANS APRES LE SEIME | HAÏTI : LE COMPASSION BUSINESS EN ACCUSATION – COMME ON DIT EN CRÉOLE HAITIEN : « BÈL PAROL PA DI VERITE POU SA »

Une Commémoration officielle est organisée aujourd’hui sur le site mémorial du Morne Saint-Christophe, ce 12 janvier, (à 8 kilomètres au nord de la capitale) pour commémorer le 8e anniversaire du terrible tremblement de terre.
Pour venir en aide aux populations, plus de 11 milliards de dollars d’aide furent promis par la communauté internationale.  Un record jamais vu durant une catastrophe; 11 milliards qui se sont pour l’essentiel volatilisés ou perdus

8 ans plus tard Haiti toujours à genou

Quel que soit le domaine, économique, politique, social, Haïti ne se remet toujours pas du terrible séisme du 12 janvier 2010, 7.3 de magnitude sur l’échelle de Richter, qui avait dévasté en fin d’après-midi la partie ouest du pays et en particulier sa capitale, Port-au-Prince.

Le bilan humain et matériel avait été considérable : 250.000 morts, plus de 300.000 blessés, plus de 1.2 millions de personnes déplacées, conséquence de la destruction de centaines de milliers, de maisons, d’immeubles, de bâtiments publics comme le palais de la Présidence, de dizaines de dispensaires et hôpitaux, la destruction quasi total du Port-au-Prince
Un désastre humain, sanitaire, matériel pour un de pays les plus pauvres de cette zone caraïbe et du monde : un salaire moyen mensuel estimé à 70 USD (62 euros) qu’une grande partie de la population n’a même pas pour vivre !
Une estimation des dégâts estimée à 8 milliard de dollars soit 120 % du PIB de ce pays en 2009.

A juste titre, l’élan compassionnel avait été rapide et universel, les sommes récoltées annoncées dans tous les journaux télévisés du monde entier considérables, on évoquait un chiffre de 12 milliards de dollars… On se dit alors que ce petit pays où le chaos politique s’enchaine avec la violence des éléments naturels va peut-être enfin pouvoir émerger de ce drame et en ressortir mieux organisé.

8 ans ans après le bilan est confondant compte tenu des besoins et des moyens mis en œuvre. Car que dire de la gestion de cette crise par les organismes internationaux, FMI et ONU en première ligne, appliquant des règles toutes faites, hors sol compte tenu des spécificités locales, des mentalités, des revenus disponibles, de la composition du noyau familial ?

Comble du comble, les catastrophes se cumulent au fil des ans…, alors que le choléra avait disparu depuis plus d’un siècle à Haïti, une agence américaine de contrôle et de prévention des maladies, le CDCP (Centers for Disease Control and Prevention) affirmait que cette maladie avait été introduite par des Casques bleus de l’ONU, arrivés porteurs de la maladie ! Bilan : une épidémie de choléra qui aura fait plus de 8.000 morts depuis 2010 …

Sur le plan médiatique, on se souvient de l’omniprésence de l’ancien président américain Bill Clinton, envoyé spécial de l’ONU, qui avait annoncé la reconstruction de ce pays « en mieux ». Le même Bill Clinton qui lorsqu’il était président avait, du fait d’accords commerciaux catastrophiques, permis aux producteurs de riz d’Arkansas d’inonder le marché haïtien grâce à des subventions du gouvernement fédéral, décimant ainsi toute la production haïtienne nationale…

Archétype de ce fiasco qui aura d’abord profité à certaines entreprises américaines, le fameux complexe immobilier des maisonnettes de Zoranje, situé à 20 kilomètres au nord de Port-au-Prince , chantier inauguré en juin 2011 par Michel Joseph Martelly et Bill Clinton. Plus de 2 millions de dollars ont été investis dans ce projet par, entre autres, la Fondation Clinton, la Banque Interaméricaine de Développement, la Deutsche Bank, pour quel résultats ? Des maisons inachevées, squattées par des bandes de pillards, des infrastructures basiques comme l’arrivée d’eau potable ou l’assainissement jamais réalisées …

En décembre 2014, le FMI avait reconnu « l’efficacité moindre que prévu de l’aide ». La reconstruction haïtienne avait été annoncée comme devant servir de modèle face à pareil sinistre…

Comme on dit en créole haitien : « Bèl parol pa di verite pou sa ».