BLACK ATHENA

Le projet Black Athena est sur les origines de la Grèce antique d’un point de vue historiographique et à la fois historique, dans lequel j’ai mis en place deux comptes pour ces origines, que j’appelle “modèles anciens” et “modèles aryens.

Nous avons été éduqués dans le modèle aryen, selon lequel la civilisation grecque est le produit de la conquête du nord par des locuteurs indo-européens ou aryens alors que cela diffère totalement des récits des Grecs classiques, qui disent que leurs ancêtres vivaient dans une simplicité idyllique jusqu’à ce que des gens venus d’Afrique et des Phéniciens (Kananeens) arrivent, construisent des villes, conquièrent parfois la population locale et introduisent la Civilisation .

j’ai écrit Black Athena de façon non raciste parce que je pensais que c’était une question importante pour les Noirs, à qui l’on a dit qu’il n’y a pas eu de civilisations Noires et qu’il n’y en a jamais eu, ou pire que les Noirs étaient par nature non civilisés, les laissant supposer l’implication que s’ils voulaient une civilisation, qu’il fallait devenir comme nous les Blancs.”

Je pense que la reconnaissance de l’Egypte comme une civilisation Africaine avec un rôle central dans la formation de la Grèce ainsi que dans la culture critique dans la fabrication de la civilisation européenne, changera la perception du “soi” Noir, en d’autres termes, j’espère opposer ce point de vue à la vision de la négritude de Léopold Senghor.

Les Afrocentristes se sont appropriés le nom Black Athena et à certains égards, je suis très heureux de leur fournir des munitions mais je ne suis pas non plus Afrocentriste parce que je ne crois pas que toutes les bonnes choses viennent d’un seul continent, cependant, j’ai un certain nombre de points d’accord avec les Afrocentristes parce que je crois que les humains en Afrique ont été très culturellement productifs et que les cultures Africaines ont eu un impact Majeur sur celles des autres Continents .

Je suis également d’accord avec eux pour dire que toutes leurs contributions ont été systématiquement minimisées et sur le plan politique, je crois que les dangers de l’eurocentrisme sont plus urgents et beaucoup grands que ceux de l’Afrocentrisme.

Donner du crédit, là où le crédit est dû aux Africains, c’est écrire une bonne histoire et souligner le fait que toutes les bonnes choses ne viennent pas d’Europe et parce que les réalisations Africaines ont été si systématiquement sous-estimées que ce rééquilibrage me semblait approprié, d’un point de vue tant scientifique que politique.

*interview de Martin Bernal auteur de Black Athena

Hotep

Source: Dawidi Uchiwa