Addis-Abeba: L’Afrique doit trouver en elle-même des solutions réalistes à ses problèmes de gouvernance

L’Afrique doit chercher des solutions en elle-même et tirer les leçons de sa propre expérience pour amorcer une transformation structurelle du continent, libérer son plein potentiel et l’inscrire sur la voie de la prospérité, ont plaidé, les participants à la 12è Conférence économique africaine qui se tient à Addis-Abeba.

Les représentants de la BAD, de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et du PNUD ont réaffirmé lors de cette rencontre la disposition de leurs organisations respectives à soutenir le continent pour poursuivre son programme visant à instaurer des États démocratiques plus forts et une transformation structurelle rapide aux retombées positives sur le développement humain.

A l’ouverture de cette conférence, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, a prôné, lundi, l’émergence d’États démocratiques forts, qui fassent preuve d’une tolérance zéro face à la corruption ainsi que des systèmes économiques qui favorisent le partage des richesses.

« Des conférences comme celle-ci sont importantes pour tirer les leçons des expériences et s’adapter aux conditions socioéconomiques spécifiques à chacun des pays. Il n’y pas un modèle de politique particulier qui fonctionnerait partout », a-t-il souligné.

Pour sa part, la secrétaire exécutive de la CEA, Vera Songwe, a appelé les dirigeants, les économistes et les décideurs à « porter leur regard au-delà des indicateurs standards de bonne gouvernance ».

« Il y a un consensus croissant autour du fait que les pays africains ont besoin d’un cadre de gouvernance plus propice pour être en mesure de conduire de meilleures politiques publiques et d’obtenir, à terme, de meilleurs résultats, notamment en matière de transformation structurelle et de développement inclusif », a-t-elle indiqué.

Célestin Monga, vice-président de la BAD chargé de la gouvernance économique et de la gestion des connaissances, a de son côté appelé à mettre davantage l’accent sur la réponse à apporter aux pertes économiques dues à l’inefficacité des institutions et à l’incompétence.

L’économiste en chef de la BAD a insisté sur la façon dont la corruption met en danger la croissance économique, tout en soulignant les coûts cachés induits par le déficit d’institutions fortes.

« Une grande partie du travail sur la gouvernance n’a pas été très utile à l’Afrique, parce qu’elle est souvent perçue comme une condition préalable », a-t-il poursuivi. « Nous ne pouvons pas attendre d’un pays dont le PIB s’élève à 300 dollars américains par habitant qu’il ait le même système de gouvernance qu’un pays au PIB de 78.000 dollars par habitant », a-t-il dit, notant que c’est la raison pour laquelle la BAD est en train de repenser la gouvernance en Afrique, qui est aussi une question d’apprentissage.

Les intervenants ont également estimé que si l’Afrique a enregistré des progrès, en général, dans le domaine de la gouvernance, et en particulier en matière de développement humain et de participation politique, elle affiche toutefois une performance encore à la traine des autres régions du monde, ce qui entrave une réorientation efficace de ses activités économiques.

« Le maintien d’une croissance de 5% devrait être vu comme un développement positif. Il y a eu des revers, mais l’Afrique parvient peu à peu à une bonne gouvernance », a dit Lamin M. Manneh, directeur du Centre de services régional du PNUD pour l’Afrique, qui s’exprimait au nom d’Abdoulaye Mar Dièye, secrétaire général adjoint des Nations unies et directeur du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique.

Organisée conjointement par la BAD, le PNUD et la CEA sur le thème « Mettre la gouvernance au service de la transformation structurelle », cette conférence est axée, cette année, sur la concrétisation de la transformation structurelle en Afrique, en mettant l’accent sur le développement de la gouvernance.

Quelques 500 chercheurs, décideurs et acteurs du développement participent à cette conférence (4-6 décembre) dans le but est d’évaluer l’impact des stratégies de gouvernance politique et économique appliquées aujourd’hui sur la transformation économique, la pauvreté, les inégalités et le développement humain en Afrique.

 

Source: FAAPA