La mode, pour des dames (de qualité) fut d’avoir son négrillon de compagnie.

L’exploitation de l’Afrique par les français se suivit par une déportation esclaves pour ensuite à partir du début du 17e siècle devenir domestiques. Un privilège accordé à d’anciens esclave. Nombreux sont ces maîtres de retour des colonies offriraient aux personnes « importantes » un domestique comme hommes de main ou de compagnie La mode pour des dames « de qualité » fut d’avoir son « négrillon » de compagnie.

La femme blanche et son noir à « tout » faire : l’incongruité….

Le problème, c’est que les petits Africains grandissaient et que, parfois, les dames « de qualité » accouchaient d’enfants « de qualité », mais à la peau anormalement brune. Un phénomène assez fréquent puisqu’on fut obligé de trouver une explication « scientifique ». Les médecins décidèrent que le simple fait de voir un Africain, ou même seulement un animal, voire un objet sombre – un encrier – pouvait changer la couleur de l’enfant d’une femme enceinte. Cette croyance, qui n’empêchait certainement pas les esprits forts de ricaner, s’est perpétuée presque aussi longtemps qu’a duré la traite atlantique.

Les nouveau-nés un peu trop « colorés » ne naissaient pas qu’à Paris. En 1617, Mocquet, dans son Voyage en Afrique rapporte un exemple : « Il y eut un riche Genevois marié à une fort honnête et vertueuse femme de l’une des meilleures maisons de Genève, laquelle ayant conçu quelque fâcherie à la vue d’une sienne esclave noire qui s’était laissée engrosser à un autre esclave noir, imprima si bien cela en son imagination, qu’étant grosse elle-même et venant à accoucher, elle eut un enfant noir. »

Presque 150 ans plus tard, Claude-Nicolas Le Cat écrit dans un ouvrage dont le titre est révélateur des obsessions de cette époque Traité de la couleur de la peau humaine en général, de celle des nègres en particulier (1765) : « Une femme blanche enceinte, vivement frappée d’un chien noir ou de tout autre objet de cette couleur, peut faire un enfant nègre, au moins par la couleur […] L’imagination n’agit pas seulement sur les couleurs de la peau, elle opère sur la figure, sur la conformation et du visage et de tous les membres […]

Il est donc possible qu’à ce même enfant, auquel elle aura donné la couleur noire, elle lui ait formé un nez écrasé, épaté, de grosses lèvres etc. ; parce que quelque singe, quelque figure, quelque portrait de cette espèce aura frappé la vue de la mère »

Tel fut le cas de la reine de France, en 1664, avec la fameuse Mauresse de Moret.

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