Quelles sont ces grandes marques qui s’inspirent des pires atrocités du racisme?

Nous sommes au 21èmes et beaucoup de choses n’ont pas changé. L’esclavagiste prend d’autres formes pour le même résultat: une guerre psychologique utilisant des canaux insoupçonnés tel la mode.

Sans vergogne, ces derniers par exemple se nourrissent des atrocités du racisme, de l’esclavage pour la conception des modèles que nous affolons dès fois sans mesurer l’impact négatif que cela entraîne.
En juin 2012, Adidas présentait sur son Facebook son nouveau modèle, les Adidas Orignals Roundhouse, dessinées par Jeremy Scott.


Immédiatement, de nombreux internautes se sont indignés, dénonçant l’ignominie à se faire de l’argent en voulant faire porter aux gens une représentation moderne de l’esclavage. Adidas a tout de suite supprimé le visuel de son compte Facebook et très rapidement du annoncer qu’ils ne commercialiseraient pas le modèle en question. Pour autant, ils n’ont jamais admis la moindre évocation de l’esclavage dans ce modèle, se barricadant derrière l’explication du styliste qui expliquait s’être inspiré … d’un nounours. Quelle que soit la source d’inspiration initiale, quiconque a déjà vu à quoi ressemblait des fers pour esclaves comprendra à quel point ils prennent les gens pour des cons et n’assument pas leurs actes nauséabonds en tentant de faire croire que personne dans le processus de validation du modèle n’a fait le lien.

6 mois plus tard, en mars 2013, c’est la marque espagnole Mango qui créait le scandale sur le même thème, cette fois en commercialisant une série de bijoux « Style esclave ». 


Plusieurs personnalités ont immédiatement lancé une pétition pour dénoncer cette banalisation de la tragédie de l’esclavage. Dans les jours qui ont suivi, les pétitionnaires remportaient une victoire partielle ; dans un premier temps, la marque a présenté ses excuses, dans un deuxième temps, elle a annoncé que la gamme ne serait plus commercialisée en France. Cependant, le retrait de la collection ne concernait qu’un seul pays et la marque s’est contenté de ne plus approvisionner ses points de vente avec cette gamme, sans retirer des rayons les bijoux déjà livrés. Surtout, encore une fois, la marque a refusé d’admettre la pleine mesure de leurs actes (ce qui diminue fortement la portée de leurs excuses), se retranchant derrière « une erreur de traduction », excuse certes pas à 100% dénuée de fondement mais loin de tout expliquer, comme l’ont développé les pétitionnaires dans un communiqué.

Si on déterre ces cas relativement anciens, c’est qu’une autre marque de vêtements vient de faire fort.

ce T-Shirt « double face Sherif » était mis en vente par Zara. Un vêtement ressemblant fort à un pyjama, blanc rayé de bleu, avec une étoile jaune à 6 branches en haut à gauche, nombreux sont celles et ceux qui ont évidemment immédiatement pensé à l’uniforme qui était attribué aux juifs par les nazis dans les camps. Pourtant, si Zara a retiré l’article de la vente dès ce matin à 10h30, ils ne démordent pas de la ligne de défense induite par le nom du produit : le vètement serait une allusion aux shérifs des grands classiques du Western, point final.

Afin de vérifier s’il s’agit de paranoïa ou si c’est eux qui confondent Auschwitz et Ok Corral, on a réalisé le petit montage suivant.

Nous avons mis côte à côte 1/ le T-Shirt « Sherif » de Zara, 2/ la réplique exacte d’une tenue portée par les juifs dans les camps de concentration (exposée au musée d’histoire juif de Tucson), 3/, 4/, 5/ et 6/ des images des plus célèbres shérifs de westerns hollywoodiens (dans l’ordre John Wayne, Burt Lancaster, Gary Cooper et Gregory Peck), 7/ une photo authentique de deux vrais shérifs du far west.

Il est évident que la photo 1/ vous fera bien plus penser à la photo 2/ qu’à n’importe quelle autre des 7 et que le staff de Zara serait bien stupide de ne pas s’en être rendu compte.

Il faut noter que la marque est une habituée des bad buzz du genre. En 2007, ils avaient sorti un sac orné de swastikas, symbole dont la perception a très étonnamment changé depuis son appropriation par les nazis ! A l’époque, la marque avait déjà retiré le sac du marché, s’excusant et arguant qu’ils ne savaient pas que des swastikas apparaissaient sur ces sacs.
Zara avait déjà du retirer un produit de sa collection automne-hiver 2014-2015 ! Ils avaient sorti un T-Shirt « White is the new black », allusion au fait que cet hiver le blanc serait à la mode (vestimentairement parlant) comme l’avait été le noir. Ce qui n’est pas sans faire écho aux théories d’extrême-droite du racisme anti-blanc, voulant que ce soient maintenant les blancs qui soient victimes de racisme et de discriminations (voir menacés de disparition pour les suprémacistes blancs, notamment des USA) comme l’étaient (le passé est d’eux, évidemment) les noirs. Cette fois, ils n’auront même pas eu le temps de mettre l’article en ligne avant de renoncer, et ne se sont pas exprimé sur le sujet.

L’affaire du T-Shirt « Shérif » n’est ainsi pas isolée. Comme on voit déjà venir les accusations d’amalgame, disons le clairement, le propos n’est pas d’accuser les marques sus-citées ou leurs stylistes d’être des militants racistes. Leur intention est probablement bien plus prosaïquement de se faire un max de tune. La question n’est pas de savoir si l’intention est raciste ou non, mais si oui ou non, ces marques participent à la banalisation de la symbolique et des idées des fachos et si oui ou non cela sert les fachos. Comme écrivait Trotsky « La vraie morale ne s’occupe pas de ce que nous pensons et voulons, mais de ce que nous faisons. » Autrement dit, ce qui compte, ce ne sont pas les intentions mais les faits, et pour citer un autre ancien à barbiche « C’est un fait. Les faits sont têtus. »1 Aujourd’hui, même si on trouve que c’était mal et qu’on n’est pas d’accord avec eux, c’est un fait particulièrement têtu que la diffusion et la banalisation de l’imagerie esclavagiste ou nazi fait le jeu de fafs, les aidant à éviter la marginalisation culturelle et à évoluer en terrain préparé. Tout comme débattre avec les fachos, même si ce n’est pas pour s’aligner sur leurs positions, leur fait de la pub, les insère dans le débat démocratique et leur offre une place accrue dans le jeu politique. Petit message qui peut par exemple s’adresser à Nouvelle Donne (comme à bien d’autres) qui organise des débats avec des gens comme Étienne Chouard, Alix Dreu-Boucard, et autres conspirationnistes…
En hivers 2016, la styliste brésilienne Adriana Degreas qui fait parlé d’elle

La femme servant de motif à cette robe est une esclave et ce qu’elle porte sur la bouche, c’est une de ces muselières que mettaient les maîtres aux esclaves pour les faire travailler aux champs quand il y avait des récoltes comestibles pour ne pas qu’il mange en travaillant (notamment dans les champs de maïs).

Le deuxième cas est beaucoup plus récent puisqu’il s’agit de la toute nouvelle collection pour homme de chez Massimo Dutti (marque de fingue de bourges espagnole). Devinez comment la marque en question à appelé cette collection ?

Ne doutons pas que les bourges portant les sapes de cette collection (dont la saharienne coûte la bagatelle de 995€, sachant qu’en Espagne le Smic est de 757€) soit très excité de se saper looker à la gloire des colonies. Pour autant, il semblerait que cette référence n’ait pas été du goût de tout le monde puisque du jour au lendemain, la collection « colonial lux » a été rebaptisée « country lux ». Cependant, pour ne pas perdre en référencement, l’ancien nom a du laisser une trace sur le site de la marque.

Que dirons nous de ce vetement de la collection made in Africa qui essaye de minimiser l’impact de la traite négrière? Cette collection a reçu un grand soutien de la part de la presse telle Vogue, ou encore Africa Is a Contry

Avec failfaf.antifa-net