28 Octobre – Journée mondiale de la langue et de la culture créoles: D’où vient elle?

Une personne qu’on appelait « Créole » désignait d’abord quelqu’un qui avait été « élevé sur place », c’est-à-dire « qui est du pays ». Le mot servit dans un premier temps pour désigner l’enfant blanc né et élevé dans les colonies européennes ou d’outre-mer : Martinique, Guadeloupe, Guyane française, Réunion, Louisiane et les rares pays ayant reconnu officiellement un créole dans un texte constitutionnel tels ; mentionnons Haïti (8,3 millions) avec le français au même titre que le créole (du moins juridiquement); l’archipel des Seychelles (80 000 habitants) avec l’anglais, le français et le créole comme langues co-officielles; le Vanuatu en Mélanésie (229 000 habitants), qui a reconnu son créole mélanésien, le bichlamar, comme sa «langue officielle parlée», avec l’anglais et le français. En somme, prêt de 10 millions de personnes dans le monde

Ensuite, il fut employé pour désigner la population noire. On parlait alors de « Créoles de couleur » ; et, par voie de conséquence, la langue de cette population, le créole. Être créole, c’était donc, avant tout, naître sur les terres des colonies.

Aujourd’hui, le substantif créole s’applique surtout à des langues mixtes. En effet, le créole est un phénomène linguistique d’importance considérable.  Nous aurions souhaité apporter une définition claire et nette du mot créole… mais le conteste historique dans lequel il est apparu, ne rend pas chose aisée. En substantiel, tout créole est essentiellement le résultat du mixage de langues différentes ; les langues créoles sont comme une classe historique que l’on peut caractériser par deux définitions

Définition grammaticale

Le terme « créole » possède deux étymologies, l’une portugaise (crioulo), l’autre, espagnole (crioullo), venant du même mot latin criare. Criare signifie « nourrir, élever » ou plus précisément dans le conteste historique « serviteur nourri dans la maison ».

Définition historique

Créoles : Langues apparues entre les seizième et dix-neuvième siècle en conséquence de la conquête du monde par cinq nations européennes que sont Espagne, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Portugal. La première colonisation du seizième au dix-huitième siècle, dont l’esclavagisme négrier, est l’élément crucial et la seconde colonisation du dix-neuvième siècle, qui voit apparaître de nouveaux acteurs, Etats-Unis, Allemagne, Italie, et pendant laquelle l’esclavagisme n’est plus qu’une formation rémanente, en voie d’abolition.

Le qualificatif “apparues” utilisé plus haut est essentiel parce que les langues n’existaient pas du tout avant le terminus a quo indiqué. Les créoles ne se sont pas formés dès l’apparition de l’esclavage, mais un peu plus tard, lorsque les plantations se développèrent et firent appel à une main d’œuvre massive d’hommes et de femmes venus d’Afrique. Les premiers esclaves durent apprendre le français, le portugais, l’espagnol, le néerlandais ou l’anglais, selon le cas (« sociétés d’habitation »). L’esclavage aboli, l’usage du créole reste assimilé par les nouveaux libres et plus tard leurs descendants à la souffrance, à l’esclavage à la récolte de la canne à sucre. La langue française au contraire est considérée comme valorisante et noble, son emploi comme un échappatoire à cette souffrance. C’est pourquoi durant longtemps il était interdit de parler créole dans les familles. Quoi de plus normal selon le contexte historique de penser que les langues des nations esclavagistes et colonisatrices sont impliquées dans l’apparition des créoles, ce qui est vrai, sans dire pour autant qu’elles seules le sont, ce qui serait faux.