L’Afrique ancienne: L’Afrique avant les Blancs

Le journaliste anglais Basil Davidson demeure l’une des rares références sérieuses concernant l’Afrique ancienne. Le manque d’information est lié à l’absence de culture écrite.

L’auteur nous rappelle que Mungo Park, au début du XIXe siècle, fut le premier Européen à rechercher l’Histoire de l’Afrique à travers les légendes des Anciens.

Cette Histoire débute vers 800 avant JC, quand l’Égypte pharaonique, affaiblie, se sépare de ses territoires du sud. Ceux-ci forment l’État de Kouch, qui demeure très mystérieux. Sa capitale est Napata, puis Meroë, au nord de l’actuelle Khartoum (Soudan). Les Kouchites annexent la Haute Égypte, jusqu’à la conquête de la vallée du Nil par les Assyriens. L’État de Kouch est finalement anéanti vers 300 avant JC par le royaume d’Axoum, dans l’actuelle Érythrée.

Selon la thèse de Basil Davidson, aujourd’hui contestée, les Nilotiques migrent alors vers l’Ouest et le Sud du continent. Ils transmettent leur savoir aux Noirs, notamment la métallurgie du bronze.

Au début de l’ère chrétienne, le Soudan (haute vallée du Nil) est christianisé par les Nubiens. Le christianisme résiste aux assauts de l’islam jusqu’au XVIe siècle. De cette époque subsistent des vestiges, notamment au Darfour. La métallurgie du fer se répand à cette époque de Kouch vers l’Ouest du continent.

À l’Ouest justement, dans la bande sahélienne (la savane qui borde le Sahara), se forment le Ghana puis l’empire du Mali au XIIIe siècle, autour de Tombouctou. Étendu sur l’ensemble du bassin du Niger, il tire sa prospérité du commerce du sel et de l’or avec l’Afrique du Nord musulmane.

Le Songhay, avec pour capitale Gao, prend le relais du Mali. À la fin du XVIe siècle, il est ruiné par les Marocains du roi Yacoub el-Mehdi, de la dynastie saâdienne.

Dans la forêt, sur les bords du golfe de Guinée, autour de l’embouchure du Niger, les Yoroubas (ou Yorubas) s’illustrent, du XIIIe au XVIIIe siècle, par une remarquable production artistique de bronzes, selon la technique de la cire perdue.

De 500 à 1500, l’Est et le Sud du continent africain connaissent une relative apogée grâce à l’exploitation du fer. Dans le bassin du Zambèze se forme le mystérieux royaume du Monomotapa. Sur la côte de l’océan Indien, les ports cosmopolites commercent avec les Indes, l’Orient et même la Chine, jusqu’au milieu du XVe siècle. Du sud au nord, ces ports sont Sofala, Zanzibar, Malindi, Mombasa. Ils exportent du fer mais aussi de l’or, des ivoires et des esclaves. Le commerce, entre les mains des Arabes, engendre une langue véhiculaire mêlée d’arabe et de langues bantoues (africaines) : le swahili.

Mais à la fin du XVe siècle, les Portugais contournent l’Afrique et entrent dans l’océan Indien. Avec eux, les Européens deviennent partie prenante de l’Histoire africaine.

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