Obasi Shaw entre dans l’histoire de Harvard, proposant pour la première fois un album comme format de thèse.

La clé à cette situation inhabituelle dans le monde universitaire serait peut etre du au fait que Obama, durant son mandat ait ouvert les portes de la maison blanche au rap… ou tout simplement du au fait que Harvard ait éprouvé le besoin de découvrir d’autres horizons sur le plan académique.

 Quoi qu’il en soit,  Harvard, la prestigieuse université a permis il y’a quelques jours au hip-hop d’accentuer son poids dans la société américaine.

D’où vient ce revirement de la prestigieuse université?

La gloire de cette histoire revient à un jeune étudiant répondant au nom de Obasi Shaw qui a eu, pour la première fois de l’Histoire de Harvard, le courage de présenter en tant que projet final d’étude…un album de rap!

Travaillant durant toute une année sur son projet intitulé Liminal Minds, le jeune rappeur de 20 ans seulement offre un album d’une réelle qualité, produit avec de fortes influences de boombap et de musique africaine. Son flow, loin d’être celui d’un débutant, est maîtrisé à la perfection, alternant entre orientations old school et flow plus contemporain. Sur “Free Man”, Obasi fait preuve d’une éloquence remarquable qu’il peut se targuer d’avoir acquis sur les scènes d’open mic, et son flow est par moment étrangement similaire à celui d’Eminem (excusez du peu..).
Du point de vue du fond, l’album demeure, de manière évidente, brillant. Liminal Minds combine, comme l’a affirmé l’université elle-même dans un post instagram historique, des éléments de poésie anglaise du Moyen-Âge aux problématiques contemporaines et notamment celle de l’identité des peuples aux Etats-Unis. Il dénonce la persistance des conséquences de l’esclavage et le fait que les afro-américains ne soient toujours pas libérés de cette image:

“chaque morceau est une exploration entre esclavagisme et liberté” affirme Obasi.

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Obasi Shaw '17 submitted Harvard's first rap thesis, "Liminal Minds," which combines elements of Middle English poetry with issues of racial identity in America. “[African-Americans are] free, but the effects of slavery still exist," says Shaw. "Each song is an exploration of that state between slavery and freedom.”⠀ ⠀ After graduation, Shaw will move to Seattle for a one-year internship in software engineering. As for rap, he’ll keep it as a treasured hobby. “Rap is a genre in which I can say everything I want to say,” Shaw said. “I’ve been writing in different capacities, but I never felt that I found my art form until I started rapping.”⠀ ⠀ #Harvard #Harvard17

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Cet album n’est pas un simple projet de thèse finale étudiante, c’est une formidable histoire qui résulte de plus de 40 années d’Histoire et de passion. Du 1520 Sedgwick Avenue à New-York dans le Bronx où DJ Kool Herc donnait les premières soirées hip-hop, aux émeutes de Los Angeles en passant par Eminem (premier rappeur superstar) jusqu’à la popularisation du rap de nos jours, le Hip-Hop: musique de la rue, se retrouve enfin reconnue par l’une des plus prestigieuses universités du monde. Le hip-hop se débarrasse enfin de cette image de musique “sale”, considérée uniquement comme violente et rejetée par la société.

30 ans en arrière, oser proposer un album de rap en tant que projet final d’études à Harvard aurait très certainement suscité le rire et le dégoût, mais c’est aujourd’hui possible et nous pouvons en être fiers. En porte étendard de la nouvelle génération qui profite de sa popularisation, Obasi Shaw porte, avec grâce, le rap tout en haut de la pyramide sociale.

Bien entendu, le jeune homme a été admis avec les honneurs, mais devrait cependant garder le rap comme une passion et non comme une profession : c’est tout à son honneur.

Vous pouvez écouter et apprécier Liminal Minds de Obasi Shaw, ci-dessous.

Avec The Black Parkerz