30 MARS 2011 – Ce jour où le CONSEIL DE SÉCURITÉ décidait que le Président Laurent Gbagbo, son épouse, et ses proches associés seront humiliés aux yeux du monde

CÔTE D’IVOIRE: LE CONSEIL DE SÉCURITÉ ADOPTE DES SANCTIONS CIBLÉES CONTRE LE PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO, SON ÉPOUSE, ET SES PROCHES ASSOCIÉS

Ces mesures concernent un gel des avoirs et une interdiction de voyager et ont complétées par un renforcement du mandat de protection des civils de l’ONUCI

Le Conseil de sécurité a adopté aujourd’hui des sanctions ciblées à l’encontre du Président sortant de la Côte d’Ivoire, M. Laurent Gbagbo, et de son proche entourage.  Aux termes d’une résolution dont le texte lui a été soumis par les délégations de la France et du Nigéria, le Conseil reproche notamment à M. Gbagbo et à des personnalités qui lui sont proches, dont Mme Simone Gbagbo, son épouse; M. Désiré Tagro, Secrétaire général de son cabinet présidentiel; M. Pascal Affi N’guessan, Président du parti politique du Front populaire ivoirien; et M. Alcide Djédjé, proche Conseiller du Président sortant de la Côte d’Ivoire, « de faire obstruction au processus de paix et de réconciliation et de rejeter les résultats de l’élection présidentielle de novembre 2010 ».

Aux termes de la résolution 1975 (2011), adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil de sécurité, réaffirmant qu’il souhaite vivement que la crise postélectorale soit réglée de manière pacifique, décide d’imposer à M. Gbagbo et à quatre membres de son entourage des sanctions concernant un gel de leurs avoirs financiers et une interdiction de voyager.  Des sanctions similaires avaient déjà été imposées par l’Union européenne (UE) et les États-Unis.
 
Par ce texte, le Conseil de sécurité, qui condamne la décision de Laurent Gbagbo de ne pas accepter la solution politique globale proposée par le Groupe de haut niveau de l’Union africaine (UA), l’exhorte à se retirer immédiatement.
 
Le Conseil assure en outre l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) « de son plein appui », et rappelle qu’il l’a autorisée, dans le cadre de l’exécution impartiale de son mandat, à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour protéger les civils, y compris contre l’utilisation d’armes lourdes.
 
Par ailleurs, le Conseil de sécurité demandeinstamment à toutes les institutions d’État ivoiriennes, « notamment les Forces de défense et de sécurité de la Côte d’Ivoire (FDS-CI), de se soumettre à l’autorité que le peuple ivoirien a conférée à M. Alassane Dramane Ouattara, dont l’élection à la présidence du pays a été reconnue par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine « et le reste de la communauté internationale ».
 

Des délégations ont expliqué leur position après le vote de la résolution 1975.

La représentante du Nigéria a indiqué que la résolution avait été élaborée à la lumière de l’évolution de la situation en Côte d’Ivoire, « en particulier la situation humanitaire, qui n’a cessé de s’aggraver depuis le 28 novembre dernier ».  Estimant que cette dégradation est « la conséquence directe du refus du Président sortant de céder le pouvoir à son rival », elle a souligné que la résolution renforce les sanctions déjà imposées contre l’entourage de Laurent Gbagbo et réaffirme le mandat de l’ONUCI « qui est là pour protéger les civils ».

Le Brésil, l’Inde et la Chine ont souligné l’importance que l’ONUCI exécute de manière impartiale son mandat de protection des civils et se garde de devenir partie au conflit.

« Les soldats de maintien de la paix ne devaient en aucun cas être utilisés pour devenir l’instrument d’un changement de régime en Côte d’Ivoire », a souligné à cet égard le représentant de l’Inde.  « Les délégations doivent disposer de plus de temps pour examiner les projets de résolution de cette nature, ce qui permettrait aux pays fournisseurs de contingents de donner leur point de vue en ce qui concerne l’usage de leurs soldats », a-t-il en outre noté.

La représentante des États-Unis, qui a salué l’adoption à l’unanimité d’une « résolution ferme », a prié le Président Gbagbo de se retirer afin que M. Ouattara « puisse commencer à diriger le pays ».  « Il faut éviter les violences contre les civils et s’engager sur la voie de la paix pour que les générations puissent bientôt jouir à nouveau de la prospérité à laquelle elles ont droit », a-t-elle déclaré.

Enfin, le représentant de la Côté d’Ivoire, qui était invité à participer à la séance, s’est réjoui des objectifs poursuivis par cette résolution, qu’il s’agisse du renforcement de l’ONUCI dans le domaine de la protection des civils, de la prévention de l’utilisation d’armes lourdes contre les populations ou de l’exigence du départ de M. Gbagbo.  Le représentant a de plus donné l’assurance que des mesures concrètes seraient prises aux fins de « traduire en justice toute personne, ivoirienne ou non, coupable d’agression à l’encontre non seulement de l’ONUCI et de son personnel mais de toute personne vivant sur le territoire ivoirien ».

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