Ces héros noirs qui dirent non à l’esclavage

Sans craindre la mort, ils ont osés défiés les mercenaires les colons hollandais, espagnols, anglais, portugais ou encore français. De véritables leaders qui non seulement organisaient la fuite des frères mais savaient organiser les petites sociétés “clandestines” permettant ainsi de “cesser à jamais l’asservissement de l’homme par l’homme”. Du Brésil passant par Haiti, nous vous offrons une brève description de ces héros au courage hors du commun.

Au Brésil : Zumbi, dernier général du Quilombo de Palmares

Zumbi dos Palmares, est une figure importante de la conscience noire au Brésil dont l’anniversaire de la mort est célébré le 20 novembre de chaque année. Il devint en 1679 le chef des armées du Quilombo de Palmarès, ensemble de villages fortifiés créé par des esclaves fugitifs. Le nom Zumbi pourrait signifier « celui qui est ressuscité » en langue Mbangala ou bien être une déformation de « nganga a nzumbi » titre désignant les prêtres guérisseurs capables d’invoquer les morts en Kikongo. Après des années de résistance contre les colons portugais, ceux-ci lancent une grande offensive contre le Quilombo de Palmares en 1694. Zumbi, blessé au cours de la bataille, réussit à s’enfuir mais il est trahi par un compagnon d’armes et décapité par les Portugais le 20 novembre 1695. Les exploits de Zumbi sont célébrés dans les chants de Capoeira et certaines rues et lieux publics du Brésil portent son nom.

Aux États-Unis : la « conspiration de Cato »

Jemmy, aussi appelé Cato, un esclave lettré, probablement originaire du Royaume du Kongo, s’est soulevé avec une soixantaine de conjurés, pour tenter de rallier la Floride alors sous domination espagnole, qui leur promettait la liberté. La « Stono Rebellion » qui débuta le 9 septembre 1739, en Caroline du Sud fut la plus importante révolte d’esclave des colonies britanniques. Cet État, dont l’économie était basée sur la culture du riz et du coton était alors majoritairement peuplé d’esclaves capturés en Afrique. Jemmy et ses compagnons insurgés avaient vraisemblablement déjà l’expérience des armes et étaient des soldats aguerris dans leur pays d’extraction puisque le Royaume du Kongo était à cette époque en proie à des guerres intestines.  Après la répression de la « Stono Rebellion », l’État de Caroline du Sud adopta le Negro Act de 1740, une loi restreignant encore d’avantage les droits des Noirs, ainsi qu’une interdiction d’importer des esclaves provenant de la Région du Congo-Angola.

À Haïti : Franswa Macandal, le précurseur de la révolution

Franswa Macandal, fils de chef provenant probablement du village de Makanda au Royaume de Loango et ses deux confidents Teysselo et Mayombe, également originaires du Congo, ont mené pendant douze ans une guérilla de libération contre le pouvoir blanc. Capturé au Congo, à l’âge de douze ans, Macandal était très cultivé bien que toute éducation soit interdite aux esclaves. Il parlait et écrivait couramment l’arabe, connaissait les arts (musique, sculpture et peinture) mais également les plantes et leurs vertus médicinales, ce qui lui valait d’être recherché par les autres esclaves comme par les colons français pour ses services. Il était également très éloquent et avait l’art de soulever les foules par ses discours. Une rivalité amoureuse l’opposant au maître de la plantation au sujet d’une esclave de maison, Macandal fut condamné à recevoir 50 coups de fouets, mais réussit à s’échapper mystérieusement pendant l’administration de la sentence. Devenu un « nègre marron », il allait de nuit de plantation en plantation pour inciter d’autres esclaves à le rejoindre dans le combat de libération. Capturé plusieurs fois, il réussit à se libérer de façon mystérieuse, ce qui contribua à instaurer une légende autour de son personnage. Au moment où il s’apprêtait à lancer une vaste campagne d’empoisonnement des esclavagistes français, il fut capturé, condamné à mort pour « séduction, profanation et empoisonnement » et brûlé au bûcher le 20 janvier 1758.

Au Mexique : Vicente Guerrero, le père de l’abolition de l’esclavage 

Vicente Guerrero était un métisse africain, indien et espagnol. Son ascendance africaine lui viendrait de son père descendant d’esclaves. Les pays d’extraction des esclaves du Mexique étant très majoritairement le Congo et l’Angola tout au long des 17ème et 18ème siècle, il y a de fortes chances que les ancêtres de Vincente Guerrero aient été embarqués à Loango. En 1810, Vincente Guerrero rejoint la lutte d’indépendance contre l’Espagne. Brillant homme de troupe et fin stratège, il s’illustre au cours de nombreuses batailles. À l’indépendance, il est l’un des rédacteurs de la Constitution mexicaine. Élu second président de la République du Mexique en 1829, avec un programme très social, il promulgua aussitôt l’abolition de l’esclavage et l’émancipation de tous les esclaves le 16 septembre. Renversé par une rébellion dès le mois de décembre, il est exécuté par ses rivaux politiques. Connu pour son éloquence, le président Vicente Guerrero est un héros national mexicain qui figure au Panthéon de ce pays. L’État de Guerrero dans lequel il est né porte son nom.