AU PREMIER REGARD – Nouvelle écrite par Myss StaDou

 

J’ouvre la portière et je monte dans le taxi. Une jeune fille monte juste après moi. Je me retrouve au milieu. L’autoradio joue du Mr Leo. Je fredonne car je ne connais pas vraiment les paroles.

− Belle voix, dit le jeune homme assis à ma gauche.

− Merci, réponds-je, embarrassée. Je n’ai pas son talent.

− Je n’en dirais pas autant. Votre voix est très douce.

− Hum, mon frère ! s’exclame le chauffeur.

− N’ai-je pas raison, chauffeur ?

− Elle peut chanter pour nous, dit le chauffeur avec bonne humeur.

− Non.

 

Je glousse et je ris tout bas. La bonne humeur règne dans l’habitacle. Le taxi me dépose au Carrefour Abbia. Le jeune homme descend en même temps que moi. Nous échangeons un sourire.

− Où allez-vous ? Je peux vous accompagner.

− Je veux… acheter un peu de pain.

− À la boulangerie ? Allons-y. J’ai soif.

Nous allons ensemble. Je choisis du pain. Le jeune homme attend à la caisse. Il commande plusieurs articles et y ajoute ma facture. Il me remet un sachet avec un moka, des palmiers et une bouteille de jus naturel.

− Merci.

− De rien.

Devant la boulangerie, nous nous tenons face à face. Le malaise qui nous rend muet nous fait rire.

− Pourrais-je vous inviter ce soir ? Là, je dois retrouver un ami. Mais j’aimerais bien vous revoir.

Je le jauge. Il doit avoir autour de 35ans. Correctement vêtu, il sent bon. J’ai pu en témoigner lorsque nous étions assis l’un près de l’autre. J’hésite. Je suis toujours mal à l’aise face à des inconnus.

− D’accord. Si vous insistez.

− J’insiste.

Je souris. Sa voix ferme me séduit. Je ne peux pas le cacher. Je passe la main dans mes cheveux et je caresse ma nuque. Cela permet de soulever un peu les mèches de mes rastas et de laisser y passer un peu d’air. Le jeune homme sort son téléphone, le décode et me le tend. J’y ajoute mon numéro et je lui remets le téléphone.

− La belle demoiselle a-t-elle un prénom ?

− Marielle.

Il a un petit sourire qui est contagieux. Je me demande bien à quoi il pense. Mon téléphone vibre dans la poche de mon jeans. Je fais des contorsions avec les paquets de la boulangerie et la poche bien étroite. Je parviens à sortir le téléphone en m’excusant. Je me détourne de lui en faisant quelques pas en arrière. Je décroche.

− Allô ?

− Allô, bonsoir.

− Bonsoir. C’est Collins.

− Collins ?

− Oui. Je suis juste derrière toi.

Je me retourne. Un immense sourire et des yeux rieurs m’accueillent. Je baisse le téléphone et je coupe l’appel.

− À ce soir ?

J’opine, incapable de répondre sous le poids de l’émotion.

*****

Je descends du taxi. Collins me tient la portière. Il la referme et m’attire vers lui. Il me fait la bise sur la joue gauche, s’assure que nos regards se croisent pour poser une bise sur la joue droite.

− Ravi que tu sois là. J’ai un creux. Mais je ne sais pas si c’est du repas dont j’ai faim ou de toi qui es merveilleusement vêtue. J’ai l’air bien ridicule à côté de toi.

Collins a une chemise blanche aux manches retroussées, pantalon bleu nuit et une paire de mocassins noire. Je ne savais pas trop où nous irons alors j’ai porté une robe à bretelles près du corps avec des paillettes par endroit.

− J’en ai trop fait ? demandé-je, embarrassée.

− Non. Tu es juste sublime.

Il me mène vers la ruelle derrière nous. J’aperçois l’enseigne lumineuse d’un petit restaurant non loin devant nous. Nous sommes accueillis par une serveuse. Elle nous installe sur une table dans un coin avec vue sur le téléviseur et un plafonnier à notre gauche. Nous passons la commande de poulet grillé avec des frites. La serveuse nous apporte des jus de fruits avec de la glace pilée. Je joue avec la pipette, la faisant glisser entre la glace et les morceaux de citron.

− Parle-moi de toi, dit Collins.

Les coudes en appui sur la table, son verre sous ses mains, il me dévore du regard. J’ai presque l’impression d’être nue devant lui, tellement son regard est intense. Je peux sentir cette chaleur similaire à la caresse de doigts moites lorsque son regard se balade sur mes formes.

− Que dire ? Je ne sais pas par quoi commencer.

− Je vois déjà que tu es une fille, dit-il, la mine espiègle.

− C’est vrai ! appuie-je sur le même ton. J’ai un mètre 67 pour un poids avoisinant… ma taille en centimètre.

− C’est-à-dire combien de kilos ?

− Hum ! Ne m’effraie pas. On ne pose pas une telle question à une dame.

− C’est vrai. Je me contenterai de ce que je vois donc. Un mètre 67 de courbes avec un balcon généreux et une cour arrière bien fourni. Je ne veux pas imaginer combien magnifique doit être le jardin. Une chose est sûre je suis conquis.

Je souris en me redressant sur la chaise.

− Ce n’est que le physique.

− Que fais-tu dans la vie ?

− Rien pour le moment. J’ai été malade. Je me remets lentement.

− Du courage. La maladie ne t’a pas vaincue. Tu es tellement belle que…Trouves-tu que j’en fais trop avec les compliments ?

J’opine et il éclate de rire.

− D’accord. J’essaierai de me retenir à l’avenir.

− Ça me plaît. Je ne me plains pas.

− Tant mieux.

La soirée se poursuit sur ce ton léger. J’apprends qu’il est commerciale pour une boite qui fait dans l’agro-alimentaire. Il gagne bien sa vie qu’il gère en célibataire. Je suis assez étonnée et sceptique à la fois d’apprendre cela. Il est trop beau, trop cool pour ne pas avoir de copine. Je n’ose pas insister et le faire passer pour un menteur. Gâcher une si belle soirée avec une dispute sans sens ne me mènera à rien.

Collins découpe soigneusement son poulet. Je lève la tête et je découvre sa fourchette garni d’un morceau de frites et du poulet face à moi. J’ouvre la bouche et il pose la fourchette sur ma langue. J’accroche le contenu avec mes dents et m’éloigne de la fourchette. Collins sourit. Je mâchouille et j’acquiesce.

− C’est bon, n’est-ce pas ?

− Oui. Mais tu sais que nous avons les mêmes plats. Ils ont forcément le même goût.

− J’en doute. Goûte-moi un peu du tien pour voir.

Je coupe un morceau de poulet que je pousse dans un coin du plat et j’ajoute une frite. J’attends qu’il pique. Son regard est fixé sur mon visage. Je comprends le message et je fais comme lui plus tôt. Il attrape mon poignet, ouvre la bouche et happe les aliments. Il tient mon poignet tout le temps où il mâche.

− Très bon.

− Je te l’avais bien. Mais libère-moi.

Il rit tout bas.

− Je n’en ai pas très envie. Mais je te comprends.

Plusieurs fois, Collins me propose de son poulet. Je ne refuse pas par politesse. Le repas se termine avec bonne humeur. Il propose ensuite d’aller dans un cabaret. Je ne connais pas l’endroit. Mais c’est toujours dans le quartier Elig-Essono où nous avons dîné. L’ambiance est douce. La voix de la chanteuse du cabaret est si sensuelle qu’elle me donne déjà la chair de poule alors que nous nous faufilons entre les tables pour trouver une place. Deux chaises collées dans un coin de la salle nous sont proposées. Collins me laisse m’asseoir en premier. La scène est tellement intéressante, mais les personnes assises devant nous me cachent la vue. Je me retrouve très souvent en appui sur la poitrine de Collins pour ne pas rater les prestations qui captivent la salle. Collins passe le bras autour de mes épaules et me couche contre lui. Son cœur bat tout doucement. Parfois, il caresse mon épaule. Je me sens bien avec lui.

Alors qu’un chanteur fait une reprise de « Sawa Romance » de Locko, une interprétation mimée par les clients qui semblent éveiller beaucoup d’émotions, Collins attrape mon menton de sa main gauche et redresse ma tête. Il pose un doux baiser sur mon front, les yeux fermés. Je le regarde quelques secondes. Seul son sourire orne son visage. Il semble être très loin. J’appuie ma tête de nouveau sur sa poitrine et je me laisse bercer par ce moment intense.

Trois heures et quelques minutes, nous nous tenons devant l’entrée du cabaret. Collins n’a pas lâché ma main depuis que nous sommes sortis. Il arrête des taxis et trouve un qui va dans mon quartier, Tam Tam. Dans le taxi, je reprends ma position contre lui, dominée par la fatigue. Je baille plusieurs fois. Le sommeil doit avoir raison de moi, car c’est un klaxon étrange qui me fait ouvrir les yeux et reconnaitre le carrefour non loin de mon entrée. Collins m’accompagne jusqu’à ma maison. Il ne dit rien. Il me fait la bise et s’en va. J’espère que je ne l’ai pas déçu. Nombreux sont les hommes qui espèrent attirer les femmes dans leurs lits le premier soir.

*****

J’éclate de rire. Collins ne cesse de faire le pitre en racontant une histoire rocambolesque à son collègue qui nous a rejoints dans ce bistro. Il est tellement drôle que l’on ne peut que se sentir bien avec lui. Nous nous fréquentons depuis deux mois déjà et cela me fait énormément de bien. Ça me change de la maison dans laquelle je passais la plupart de mon temps. Mes parents ne sont plus de la première jeunesse. Je n’en peux plus de passer mes journées à cuisiner, regarder les informations ou les séries brésiliennes et indous.

Collins parle en me tenant la main. Il aime bien le faire lorsque nous sommes ensemble. Au début, cela me semblait étrange. J’ai même soupçonné des intentions mystiques, mais au fil des rencontres, cela a laissé une empreinte en moi. Lorsqu’il n’était pas là, le vide que je ressentais était indescriptible. Alors je créais aussi des rendez-vous. Hymelda, ma meilleure amie, m’a conseillé de prendre des initiatives.

− Chérie, à quoi penses-tu ?

Je lève les yeux vers Collins. Il se rapproche de moi et caresse ma joue.

− Tu sembles triste. Tu t’ennuies ?

− Bien au contraire. Je suis juste pensive.

− Partage tes pensées avec moi, ma princesse.

− Je pensais juste à toi.

− Viens.

Il pose la main sur ma nuque et me tire vers lui. Comme au ralenti, je vois ses lèvres se rapprocher de ma bouche. Je les vois se poser sur les miennes. La langue caresse mes lèvres. Je me sens aspirée, attirée vers lui. Il m’embrasse sensuellement et s’éloigne avant de soupirer. Lentement, j’ouvre les yeux qui s’étaient clos instinctivement, emportés par la valse de ce baiser. Ses yeux brillent. Je ne parviens pas à détacher mon regard de son visage.

− Je préfère te voir ainsi, Marielle. Tu as l’air d’un ange, dévorée par l’envie et le désir. J’ai hâte d’être à ce soir.

− Mais… Nous avons déjà passé la soirée d’hier ensemble.

− Crois-tu sincèrement que je puisse me lasser de ton corps ?

Il s’écarte de moi et me jauge. Il secoue la tête, semblant apprécier ce qu’il voit. Sa main glisse de mon bras gauche à ma cuisse gauche serrée dans une culotte matelot d’un bleu intense. Je repense à la douceur de ses caresses, la chaleur de son souffle dans mon cou lorsqu’il se bouge en moi et je baisse la tête, embarrassée par le regard de son collègue qui ne me lâche pas.

− Tu me gênes, maugrée-je.

− Parce que tu croies être facile ? rétorque-t-il avec un petit rire étrange. Je joue la maîtrise.

Son collègue éclate de rire et je fais de même.

− Heureusement que je ne te sais pas fou, Collins.

− Tu sais quand même que je suis fou de toi, demande-t-il en se rapprochant pour prendre ma main dans la sienne.

− Prouve-le.

− Sérieux ?

− Je te mets au défi.

− Ok.

Je ris et je prends mon verre. Collins entame un nouveau sujet avec son collègue. Je déguste ma boisson en le dévorant du regard. J’adore sa manière de bouger les mains. On dirait qu’il dessine quelque chose dans les airs. Il coupe ses cheveux et les traite pour les rendre beaux et brillants. Le regard des autres femmes sur lui est très souvent profond. J’en suis jalouse, mais je n’ose pas l’exprimer tout haut. Que penserait-il de moi ? Que je ne suis pas sûre de mes sentiments si neufs pour lui ? Que je veux le dominer ? Très souvent, l’incertitude domine en moi. Le temps nous dira si cette relation est durable ou pas. Je l’espère pourtant. Je n’ose pas croire que je ne vois qu’un mirage. Je me sens trop bien avec lui.

− Marielle, cesse de me saboter dans tes pensées. J’ai encore croqué ma langue.

J’éclate de rire devant l’air sérieux affiché par Collins qui se masse la joue.

− Tu sais qui veut te finir en pensée.

*****

− Marielle ! Marielle !

− Maman !

− On te cherche.

Je me lève du lit et je pose le roman que je lisais. Je détache le pagne que j’ai passé sur mon corps en sortant de la douche. Rapidement, je tire la première robe qui me tombe sous la main et mes sandales et je quitte la chambre en courant. Je retrouve ma mère dans le salon. Elle regarde quelqu’un assis face à elle. Collins se lève. Il tient un sachet en papier avec des dessins d’ours dessus.

− Bonsoir, dis-je en bégayant.

Jamais Collins n’est venu depuis notre rencontre il y a trois mois. Mes parents ont un peu carrés. Je ne voulais pas les offenser en laissant un homme venir chercher leur fille de 24ans. Ils grondent mes sœurs qui sont mariées avec des enfants en bonus. Combien de fois moi ? La chaleur de la honte recouvre soudain mon corps de sueur. Je m’approche lentement.

− Pouvons-nous sortir ? demandé-je à Collins.

− Pourquoi ? rétorque ma mère. Qu’avez-vous à cacher ? Parlez devant moi.

− Mama, pardon. Il ne va pas durer. Je le raccompagne.

− Tu me chasses ? demande Collins.

J’aimerais rentrer sous terre. Je le supplie de mes mains. Comment lui faire comprendre que la situation est très compliquée. Ma mère a l’air calme en apparence. Mais elle est très dangereuse.

− Je ne peux pas manquer de respect à ta mère.

J’écarquille les yeux en le voyant poser son colis sur le fauteuil derrière lui. Il en sort un truc plat et ce qui ressemble à une fleur. C’est une rose rouge. Le parfum parvient rapidement à mes narines qui ne hument que la peur en ce moment. Il me fait signe d’approcher. Je fais un pas, juste assez pour me retrouver à une distance respectable de lui. Il me tend la rose. Je la prends d’une main tremblante. Vient ensuite une plaquette de chocolat. Je serre les deux contre mon ventre.

− As-tu oublié quel jour nous sommes ?

Je le regarde avec une grande incompréhension. Il fait un pas vers moi, mais je recule. Il avance encore. Il me barre la vue vers ma mère. Je suis sûre qu’elle va me tuer. Collins prend ma main droite, celle-là qui tient la rose.

− C’est la Saint valentin aujourd’hui. Je ne peux pas passer ce jour sans déclarer mon amour à celle qui illumine mes jours et fait vibrer mon cœur depuis si longtemps.

− Collins, murmuré-je entre mes dents.

− Attends.

Il fouille dans sa poche et en sort un écrin. Il ouvre doucement la boite sous mes yeux. Une magnifique bague à la pierre translucide, couleur argent brille entre nous. Elle est tellement belle que je tends la main pour la toucher. Collins attrape cette main et la porte à ses lèvres. Il y pose ses lèvres. Il garde la main contre sa joue. Les yeux fermés, il parle tout bas.

− Je sais qu’un miracle serait difficile à opérer. Mais il n’est jamais trop tard pour espérer. S’il faut, je le ferai encore et encore. Pour toi, jamais je ne me lasserai.

Il fait un pas en arrière et pose un genou au sol. Je pousse un petit cri et je jette un regard vers ma mère. Elle serre un oreiller contre sa poitrine, surprise et émue.

− Marielle.

Je regarde à nouveau Collins.

− Voudrais-tu devenir ma femme ? Cette fois pour de vrai. Je ne veux jamais me séparer de toi. Je regrette chaque instant cet accident qui m’a donné la peur de te perdre. Si je n’avais pas roulé si vite, tu n’en serais pas là. Je t’aime, Marielle. Je t’aime plus que tout.

− Quoi ?

Ma mère se lève.

− Il t’aime, ma fille. Il t’aime vraiment.

Un sentiment étrange domine en moi, mais j’ai du mal à l’exprimer. Collins prend la bague et la glisse sur mon annulaire. Je lève la main vers le ciel. Elle scintille et me fait sourire. Collins se relève. Je le regarde. Il a l’air très grave.

− Te souviens-tu de quelque chose ?

− Non.

− Ce n’est pas non plus grave. Laissons le passé où il est. Tu n’as pas besoin de mauvais souvenirs. Mais… J’ai besoin de toi. Je n’ai pas supporté le regard vide que tu as lancé sur moi à l’hôpital lorsque tu t’es réveillée après deux semaines de coma. Je préfère mille fois ce regard amoureux qui est le reflet de ce que je ressens pour toi. Jamais je ne voudrais que nos chemins se séparent. Même si tu as oublié les deux merveilleuses années que nous avons passé ensemble, ma première demande en mariage ici même lors de la soirée de ton 22eme anniversaire. Même si tu as oublié les rêves que nous avions… J’aimerais bâtir de nouveaux projets avec toi, prendre un nouveau départ. Si tu m’aimes, Marielle, je t’en supplie, ne dis pas non.

Je le regarde, le cœur battant. Je me sens très mal tout d’un coup. Je me tourne vers ma mère. Mes yeux sont tout d’un coup embués.

− Mama.

− Oui, ma chérie. Je suis là, répond promptement ma mère en faisant un pas vers moi.

Je la regarde droit dans les yeux. J’y vois beaucoup d’inquiétude, le reflet de mon âme.

− Mama, tu lui as parlé de ma maladie ?

Elle secoue la tête, un sourire tremblant sur les lèvres.

− Je n’en ai pas eu besoin. Il savait.

− Mais… Je ne sais pas de quoi il parle.

Je me retiens d’éclater en larmes. L’avant de ma tête frappe très fort.

− Ne force pas ! me somme ma mère. Le docteur a dit que peut-être un jour tu te souviendras de ta vie avec lui.

− Marielle, tu dois continuer à vivre, dit Collins en posant une main sur mon bras.

− Mais… Je ne me souviens pas… pas d’avant.

− Ce n’est pas nécessaire. Le vrai miracle, c’est nous. En voulant te reconquérir, je suis retombé amoureux de toi. J’ai l’impression que j’étouffe quand tu n’es pas là. Je veux t’épouser. Je veux vivre sous le même toit que toi. Je veux des bébés qui ont un peu de toi, un peu de toi… Beaucoup de nous.

J’expire quelques coups. Je lève ma main gauche devant nous.

− Est-ce… C’est la même bague que… La bague que tu m’avais donnée avant ?

− Oui. Tu l’avais tellement aimé que jamais tu ne t’en séparais. J’ai cru que… Ça te rappellerait quelque chose.

− Non. Je l’aime beaucoup. Mais…

− Ce n’est pas important. Alors, acceptes-tu de m’épouser ?

− Ça ne te dérange pas que j’ai oublié tout ce qui s’est passé ? C’est fou. Je me souviens de tout mon cycle secondaire. Mais après… rien.

− Ce n’est pas grave. Ma plus belle rencontre était un après-midi dans un taxi. J’ai rencontré une très belle jeune femme avec qui je passerai le restant de ma vie. M’aimes-tu toujours autant que tu le disais hier ?

− Oui.

− Venez oh ! s’écrie soudain ma mère. Elle a accepté.

Je la regarde avec surprise. Laporte d’entrée s’ouvre soudain. Mon père, mes deux grandes sœurs et mon petit-frère entrent dans la pièce. Ils poussent des cris de joie, me chahutent en me faisant des accolades. Je ne parviens pas à lâcher Collins du regard. Il brille de bonheur. Il semble se rendre compte que je le regarde. Il quitte mon père pour revenir vers moi et me prend dans ses bras.

− Je t’aime tellement, ma chérie. Joyeuse Saint-Valentin, Mon amour.

− Joyeuse Saint-Valentin.

*****

Parce qu’aucune barrière n’est assez haute pour un amour vrai et fort,

Parce que l’on peut retomber amoureux d’une même personne,

Parce que seul l’amour compte entre lui et elle,

Parce que ce jour est célébré la Saint-Valentin,

Je dédie ce texte à tous les amoureux du monde.

 

 © Myss StaDou, 2016.

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Biographie de l’auteur:

Myss StaDou est une jeune auteure camerounaise qui a fait ses premiers pas en tant qu´écrivaine sur Facebook la nuit du 5 octobre 2013. Elle est la plume qui se cache derrière la série littéraire nommée “Chroniques de Myss”.
Auteure de livres tels que “L´amant de ma femme”, “le goût de vivre”, “Amoureux d´une escort girl”, “comme une envie de te caresser”, “Princesse malgré elle”, cette auteure raconte les relations humaines et l´amour sous différentes formes. Nouvelles, romans, œuvres érotiques, sa plume se balade dans les vies, sur le continent ensoleillé et ailleurs, dans ces contrées qu´elle a eu l´occasion de visiter lors de ses études ou pour le plaisir.
26 œuvres déjà parus à son actif et des dizaines à venir, cette auteur n´est pas près de poser sa plume et continue d´égayer les moments de détente du lectorat africain et d´ailleurs.