JE NE COMPRENDS RIEN À L’ÉCONOMIE ET CE N’EST PAS DE MA FAUTE – Par Claude Wilfried

Voici pourquoi l´Africain a un complexe d´infériorité aussi énorme qu´un melon et que chaque fois que vous parlez développement, c´est encore votre cousin qui vous dit: “Laisse. Le Blanc est trop fort. Nous on ne va jamais y arriver”

Pourtant, c est juste parce que nos grands professeurs ont réussi l´exploit de mystifier des choses pourtant hyper simples.
Let us read:

Les économistes africains semblent pour la plupart souffrir d’une maladie particulière: la mégalomanie. C’est une maniere d’être qui se traduit par le fait de se gargariser de son patrimoine intellectuel dans tel ou tel domaine, et de regarder de haut ceux qu’on croit moins instruits. Et quand j’ai essayé de comprendre l’économie pour maîtriser le système cynique par lequel la puissante machine occidentale massacre l’Afrique, je me suis heurté à un obstacle de taille: nos propres économes africains. Et de ce fait, je n’ai rien compris
Nos experts en économie ne semblent pas saisir que s’ils sont professeurs, c’est pour que les 1,2 milliards d’Africains, gris comme blancs. Idiots comme sages, aient accès aux méandres de la manipulation et de l’enfumage dont ils sont victimes depuis des siècles, pour que grâce à la connaissance et à l’union de nos forces, nous puissions enfin créer une masse critique capable de nous libérer véritablement. Au lieu de cela, nos champions se comportent en superstars et se livrent à des jeux de mot absurdes qu’ils sont les seuls à comprendre. Voici comment:

Le PIB est l’une des notions les plus bizarres et en même temps les plus fréquentes et importantes qui ressortent en économie. Tant et si bien que j’ai toujours voulu savoir ce qui se cachait derrière. En parcourant les écrits de nos experts, on lit que le PIB est ” la somme cumulative des biens et des services générés par une entité étatique sur une période donnée.” Cette définition, (qui n’est qu’un exemple) semble plutôt dire: ” Moi je sais et vous non”. Du coup on a l’impression que comprendre le PIB est très compliqué et on y renonce. Pourtant le concept s’explique aisément:

Imaginez un pays comme le Cameroun. Il fabrique des allumettes, du chocolat etc… Il produit de la banane, du manioc, du cacao etc… Et il possède aussi des réserves d’argent en liquide. L’ensemble de toutes ces choses est ce qu’on appelle le PIB (Produit Intérieur Brut). Il désigne tout simplement l’ensemble des richesses internes que possède un pays.
Le PNB ( Produit National Brut ) quand à lui désigne l’ensemble des richesses du PIB, plus les richesses que le pays possède à l’Étranger. Donc si un Camerounais Bamileké a une usine de montage de voitures à Hong Kong en République de Chine, un Ewondo possède une entreprise d’huile d’arachide à Honolulu à Hawaï, ou encore la firme d’un Bafia dispose d’un compte ( déclaré bien sûr ) à Sofia en Bulgarie, ces biens sont considérés comme le PNB de leur pays. Car le PNB n’est que l’addition du PIB (qui vient de l’intérieur) avec la richesse produite à l’étranger. On dit produit ” National” parce que bien que se trouvant à l’extérieur, cette richesse appartient à des citoyens nationaux et donc, à la nation

Alors lorsqu’on parle de “croissance économique”, ça veut dire que les recettes (l’argent qu’on a gagné en vendant ce qu’on fabrique) ont augmenté. Si j’ai vendu 2 paniers d’arachides en 2014 à 2000 FCFa au total, on suppose qu’en 2015, j’ai réussi à récolter 4 paniers et j’ai donc vendu le tout à 4000 FCFA. Mes recettes ont donc doublé, d’où le terme “croissance”. Avec ces 2000 FCFA de surplus, je peux acheter des engrais qui vont me faire récolter encore plus l’année suivante et donc vendre encore plus, et ainsi de suite…
Et lorsqu’on parle d’un “taux de croissance à deux chiffres”, ce n’est pas moins facile: A supposer que le PIB de l’Allemagne soit de 100 millions de FCFA en 2015. Si l’année prochaine les recettes (l’argent provenant de tout ce que l’Allemagne aura vendu) s’élèvent à 110 millions, on dira que la croissance a augmenté de 10%. Et on parlera donc d’une croissance à deux chiffres, puisque le nombre “10” est bel et bien constitué de deux chiffres.
C’est ainsi que, à une échelle plus grande, un pays s’enrichit. Avec l’argent dont il va disposer, il pourra financer des projets (routes, écoles, hôpitaux…)

Lorsqu’on a compris ces grandes petites choses, on sait à présent ce que signifie la phrase: ” 50% de notre argent est confisqué chaque année par la France pour maintenir la parité du FrancCFA avec l’euro”. Cela signifie que la moitié de l’argent que le Cameroun récolte chaque année en ayant vendu ce qu’il produit et fabrique, est versée auprès du Trésor Public Français à Paris. Donc chaque année, les pays francophones n’ont que la moitié de leur budget pour goudronner les routes, installer des fontaines et construire des hôpitaux. Quand on y ajoute une administration fainéante avec des dirigeants voleurs et ultra-médiocres, on obtient le dangereux cocktail explosif d’un pays éternellement sous-développé.

Je ne comprends rien à l’économie.
Et ce n’est pas de ma faute.
Si on pouvait m’expliquer tous les principes économiques comme on m’a expliqué le PIB, si on pouvait nous instruire sur tout cet engrenage en mots simples, nul doute que nous serions plus puissants. Ne dit-on pas que “Le savoir c’est du pouvoir”?. Au lieu de ca, lorsque vous vous adressez à un banquier, en l’écoutant vous avez l’impression d’avoir en face de vous un Ovni.
Il en est de même pour les économistes Européens. Ne vous y trompez pas. La population occidentale est toute aussi abrutie que nous. D’ailleurs l’économe allemand Dirk Müller que l’on surnomme “Mister Dax” déclarait un jour à la 1ère télévision allemande DasErste: ” Si les financiers dévoilaient les rouages du marché des finances et la magouille qu’il y a autour, ils se feraient immédiatement lyncher par le peuple, Parce qu en découvrant la vérité, le peuple ne le leur pardonnerait pas tous ces mensonges et tout ce flou”. Et dans ce flou, il y’a le flou verbal dont il est question ici.

Mais sans exagérer on peut dire que la situation en Afrique est bien plus critique. Car malgré la magouille de leurs principaux acteurs économiques (En Allemagne, 10% de la population détient les 60% des richesses), les pays d’Europe de l’Ouest fournissent à la majorité de la population un niveau de vie acceptable. En revanche, dans un continent où l’économie et les finances sont prises en otage par des forces exogènes… pardon extérieures, on ne peut pas s’amuser à manipuler des termes inaccessibles alors qu’il faut diffuser l’information comme des cendres à tout le monde.

Conclusion: nos savants continuent de se vanter de disposer d’un savoir réservé à une minorité, alors je ne comprendrai jamais l’économie
Et ce ne sera pas de ma faute