DONALD TRUMP, LE PETROLE ET LE CAMEROUN (2eme Partie) – Par Eyock Pierre

Dans la première partie de cette publication j’ai montré comment Donald Trump va changer l’économie mondiale afin de relancer la création d’emplois aux USA, je remercie tous ceux qui ont porté à ma connaissance leur satisfaction. Aux rares autres personnes qui ont plus diversement compris mon texte, tout en les remerciant eux aussi pour avoir pris la peine de le lire, je les invite à abandonner de temps en temps leur télévision, leur cannette de bière et leur pop-corn… pour lire des livres.

Car ils y auraient certainement pris connaissance d’une réalité COMMUNE à tous les Ports américains qui est la suivante : TOUS LES CONTAINERS Y ARRIVENT PLEINS A CRAQUER…ET EN REPARTENT COMPLETEMENT VIDES. Ce phénomène qui constitue la justification logique et pertinente du protectionnisme qui sera mis en œuvre par Donald Trump, comme je l’expliquais dans la première partie de ma publication, résulte du fait que l’exportation des droits d’exploitation des Brevets d’invention et des logiciels américains n’a pas besoin de containers….

Au moment où j’écris ce texte, j’apprends par la Radio d’une part, que la Maison Blanche annonce la signature de nombreux décrets aux fins de mettre un terme à tous les accords de libre échange, et d’autre part la rencontre imminente entre le Premier Ministre Canadien et le Président Mexicain, deux Pays cosignataires avec les USA de l’Accord de libre échange Nord américain (ALENA), lequel accord Donald Trump compte démanteler au plus tôt. Les américains ont élus un homme qui a bâtittoute sa fortune UNIQUEMENT en créant des emplois pour les américains…et non les chinois et les bangladeshi.

Les Nations peuvent désormais faire le choix de la prospérité. Elles ne sont plus prisonnières de leurs ressources naturelles, de leur géographie ni de leur histoire. Nous sommes désormais dans un Pays où un Pays peut, grâce à internet, importer les savoirs, ou trouver partout à l’étranger des compétences mobilisables pour assurer le transfert des savoir-faire technologiques. Comme l’a un jour déclaré Michael Porter, Professeur à Harvard, « La prospérité d’une nation est aujourd’hui essentiellement une affaire de choix collectifs. Ni la situation géographique, ni les ressources naturelles, ni même la puissance militaire ne sont plus désormais des facteurs décisifs. En revanche, la manière dont une nations et ses citoyens décident d’organiser et de gérer leur économie, le type d’institutions qu’ils mettent en place, et le type d’investissements, individuels et collectifs, qu’ils choisissent de faire, détermineront leur niveau de prospérité ».

Ceci étant dit, quelles conditions un pays doit-il s’attacher à réunir s’il fait le choix de la prospérité ?

Ce sont ces « nouveaux déterminants de la prospérité des Nations » qui vont structurer les parties suivantes de ma publication que je consacre spécifiquement à notre pays le Cameroun. Je signale à toute fin utiles qu’ils ont été énoncés par Thomas Friedman, Chroniqueur Etranger au «New York Times» depuis 1994, au neuvième chapitre (intitulé « Achetez Tawain, gardez l’Italie, Vendez la France »), de son livre dont le titre est« La puce et l’olivier, Comprendre la mondialisation ». Mais on peut aussi les retrouver, sous une forme moins structurée dans le livre intitulé « La Grande Bataille, les Marchés à l’assaut du Pouvoir » écrit par Daniel Yergin et Joseph Stanislaw. Le futurologue Alvin Toffler les avait déjà esquissés il y a plus de 25 ans, dans son troisième et dernier livre intitulé « Les Nouveaux pouvoirs ».

Thomas Friedman décline ces « nouveaux déterminants de la prospérité des Nations », sous la forme de questions qu’il pose systématiquement aux membres des gouvernements, aux chefs d’entreprises, et aux citoyens ordinaires des Pays qu’il visite, dans le cadre de son travail comme journaliste chroniqueur étranger du «New York Times». Ces questions sont les suivantes :

 Quel est le taux de connexion à Internet dans votre Pays ?

 Quelle est la rapidité de réaction de votre Pays ?

 Votre pays sait-il valoriser ses savoirs et savoir-faire technologiques ?

 Quel est le poids de votre Pays ?

 Votre Pays est-il ouvert sur l’extérieur ?

 Votre pays sait il se faire des amis ?

 Votre Pays est-il doté de gestionnaires compétents ?

 Quelle est la valeur de l’image de marque de votre Pays ?

1. LE TAUX DE CONNEXION A INTERNET DU PAYS

En 2017, le degré de connexion d’un Pays se mesure en faisant la somme de trois facteurssuivants puis en les divisant par la population du Pays, pour déterminer le nombre de Gigabits/seconde affectés à chaque habitant :

(i). Les capacités volumétriques et le nombre de liaisons dorsales (backbone) internationales en fibre optique qui connectent ce Pays au reste du Monde.

(ii). Le nombre de ménages et entreprises qui disposent d’une liaison permanente en fibre optique

(iii). La superficie du territoire couverte en réseau internet mobile à Haut débit. Le haut débit étant ici compris comme la capacité donnée à chaque citoyen utilisateur d’un terminal mobile de regarder une vidéo ou participer à une vidéoconférence via son terminal mobile, en étant tranquillement assis dans un jardin public ou dans sa voiture.

Dans la mesure où Internet est désormais la charpente de l’activité commerciale et de la communication mondiale, de son réseau Internet prend une importance décisive pour déterminer la vigueur économique d’un pays. Pour revenir au Cameroun, chacun des lecteurs vivant ou visitant parfois le Cameroun peut lui-même établir à quel niveau se situe notre Pays par rapport à cet optimum… Pour ma part je vais me limiter à la mise en évidence des obstacles à lever IMMEDIATEMENT pour mettre notre Pays sur le chemin la prospérité au plan du niveau de connexion à Internet du Pays :

(1) En violation du Traité de l’OMC et plus particulièrement l’Accord général sur le Commerce des Services ratifié par le Cameroun, il est maintenu dans notre pays, et dans la plus grotesque des illégalités, un Monopole de Camtel sur le déploiement, la gestion et la commercialisation des services de télécommunications fixes. Pire depuis une dizaine d’années, précisément depuis l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, cette entreprise a amené l’Etat du Cameroun à s’endetter lourdement auprès de la Chine afin de moderniser son appareil de production. Je ne suis pas en mesure de dire si le cash flow généré par l’exploitation par Camtel de ces investissements est reversé à l’Etat du Cameroun, et s’il est suffisant pour que l’Etat rembourse les échéances dettes contractées par l’Etat du Cameroun auprès de la Chine…

EN TOUT ETAT DE CAUSE IL EST URGENT QUE L’ETAT INSTAURE LA CONCURRENCE DANS LE SEGMENT DE MARCHE DU DEPLOIEMENT, LA GESTION ET LA COMMERCIALISATION DES SERVICES DE TELECOMMUNICATIONS FIXES… AVEC POUR LES OPERATEURS, DES OBLIGATIONS STRICTES EN TERME DE COUVERTURE NATIONALE EN FIBRE OPTIQUE. Ce qui ne serait qu’une application stricte de la Loi N°2011/008 du 06 mai 2011, d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du Territoire au Cameroun qui, qui en son article 3.3 stipule que « La politique nationale d’Aménagement et de développement durable du territoire assure l’égalité des chances entre les citoyens, en garantissant en particulier à chacun d’entre eux un égal accès aux savoirs et aux services publics sur l’ensemble du territoire… ».

(2) Les opérateurs actuels concessionnaires pour le déploiement, la gestion et la commercialisation des services de télécommunications mobiles fournissent un service que chaque utilisateur peut comparer avec le référentiel énoncé plus haut, et se faire sa propre opinion…

(3) Sans électricité il est impossible d’avoir accès à internet… L’Etat du Cameroun s’est engagé depuis quelques années dans de lourds investissements au titre du rattrapage des capacités de productions énergétiques. plus récemment il a aussi engagé le chantier du renouvellement des réseaux de transports. Ces investissements sont certainement nécessaires pour le développement des autres secteurs de l’économie nationale, mais pour ce qui concerne la connexion des ménage à la fibre optique, leur contribution ne peut être que marginale et limité aux grands centres urbains. Pour les ménages situés en zone urbaine et périurbaines l’approvisionnement des ménages en électricité de source solaire me semble plus pertinent. Les coûts des équipements pour les ménages ont fortement baissé. De plus l’initiative « Green telecom » a entrainé une forte baisse de la consommation en électricité, des équipements domestiques de télécommunications.

IL EST AUJOURD’HUI POSSIBLE POUR L’ETAT, DE FOURNIR L’ELECTRICITE AUX 25 MILLIONS DE CAMEROUNAIS GRACE A L’ENERGIE SOLAIRE, ET A LEURS FRAIS. A CONDITION DE LEVER LA CONTRAINTE DES PRIX DE TRANSFERT. IL FAUDRAIT POUR CELA QUE L’ETAT, EN COLLABORATION AVEC LES COMMUNES, METTENT EN PLACE UN PROGRAMME DE CREDIT-EQUIPEMENT DES MENAGES,REMBOURSABLE EN 20 ANS (LA DUREE DE VIE D’UN SYSTEME SOLAIRE EST DE 25 ANS, A L’EXCEPTION DES BATTERIES QUI DOIVENT ETRE REMPLACEES TOUS LES SEPT ANS).

A SUIVRE

Lire aussi:

1- DONALD TRUMP, LE PETROLE ET LE CAMEROUN (1ere partie)

3 – DONALD TRUMP, LE PETROLE ET LE CAMEROUN (3eme Partie)

4- DONALD TRUMP, LE PETROLE ET LE CAMEROUN (4eme Partie)