POUR COMPRENDRE LES PRO / ANTI TRUMP – Par Patrick Mbeko

Ce monde est vraiment étrange, pour ne pas dire bizarroïde. Les gens manifestent contre un président qui vient à peine de prendre ses fonctions, mais applaudissent celui qui a déjà fait ses preuves en orchestrant meurtres, chaos et désolation à travers le monde. Je regarde ça et je me demande : les gens sont-ils devenus si bêtes pour ne plus rien comprendre ? NON. Les gens ne sont pas bêtes; ils sont simplement l’illustration du monde de moutons dans lequel nous vivons. En discutant avec des « anti-Trump » ici même au Canada, en les écoutant dans les grands médias ou en les observant [qu’ils soient Américains, Européens voire même Africains (pour la plupart évoluant en Occident)] sur les réseaux sociaux, je me suis rendu compte qu’ils présentaient tous, à quelques exceptions près, un même profil : il s’agit généralement des gens instruits, pour la plupart détenteurs de diplôme d’études supérieures ou universitaires. C’est ce que confirment par ailleurs les études sur le profil d’électeurs US réalisées à la suite des dernières élections américaines. Ces études sont très intéressantes car elles permettent de mieux comprendre pourquoi ceux qui vilipendent Donald Trump, à travers le monde (disons l’Occident), présentent le même profil que ceux qui ont voté pour Hillary Clinton : généralement des jeunes « branchés », instruits et vivant dans les grandes villes. Contrairement aux électeurs de Trump qui, pour la plupart, sont âgés (plus de 45 ans), n’ont pas fini leurs études et vivent dans les petites villes et en milieu rural, mais aussi dans les banlieues des villes. Pourquoi les électeurs et supporters d’Hillary, ou disons les pourfendeurs de Trump, sont des gens pour la plupart instruits? La réponse à cette question se trouve dans le système de conditionnement.

En effet, c’est en analysant le système de conditionnement et de lobotomisation des esprits dans sa complexité qu’on peut trouver un début de réponse à l’anti-trumpisme primaire des « têtes remplies » (les diplômés) qui ne repose sur rien de probant. La plupart des gens qui critiquent Donald Trump ont non seulement fait de grandes études, mais écoutent aussi souvent (ou beaucoup) les grands médias et lisent les grands journaux. Ils ne pensent le monde qu’à travers les canaux du système éducatif et médiatique corrompu. La plupart d’entre eux ne sont pas capables de réfléchir par eux-mêmes. Si vous leur demandez ce qu’ils reprochent à Donald Trump, ils ne vous diront rien d’autre que ce qu’ils ont entendu à l’université ( l’unanimité dans le milieu universitaire à ce sujet ne fait pas de doute. J’ai moi-même participé à un débat houleux, à l’université, il y a un mois et demi) et dans les médias. Ce qui différencie cette catégorie des électeurs de Donald Trump, c’est le fait que ces derniers réfléchissent, non pas en fonction du discours dominant (médiatique et universitaire), mais bien en fonction de leurs réalités. Ils n’ont pas voté pour Trump parce qu’il est le meilleur de tous. NON. Ils l’ont choisi parce qu’il leur a dit qu’il va leur redonner des emplois. Ces gens ne lisent pas le Wall Street Journal, encore moins Le Figaro ou La Presse de Montréal; ils n’écoutent pas vraiment les grands médias et même quand ils le font, ils ne comprennent rien au discours de leurs « experts » sur l’économie et le libre-échange. Tout ce qu’ils savent, c’est que leurs usines ont été délocalisées pour le plus grand bonheur des multinationales; ils n’ont pas besoin de grandes théories sur les politiques économiques, ils veulent qu’on leur dise que cela n’arrivera plus, que leurs usines vont revenir. Ils sont prêts à soutenir le diable qui leur fera miroiter cela, plutôt que d’écouter des « têtes remplies » et les médias qui ne comprennent rien à leur réalité… douloureuse. Même si ce diable s’appelle Donald Trump, cela ne change rien pour eux. Bref, ces gens réfléchissent avec leur ventre affamé, quand les anti-Trump réfléchissent, eux, avec leur tête lobotomisée