Opium | CAN 2017 -Par Claude Wilfried

L’Afrique, constamment hors-sujet. Les Africains, toujours absents là où ils doivent être présents, et présents là où ils doivent être absents.

Après la défaite du Togo (3-1) face au Maroc, des “supporters” se sont dirigés vers le domicile du gardien Agassa Kossi, et ont tenté d’incendier la maison après avoir vandalisé les lieux. Ainsi va la vie en Afrique. Chez nous, le football n’est pas le simple divertissement qu’il devrait être, mais une drogue, un somnifère. C‘est le whisky du peuple.
Lorsque nous lançons la mobilisation internationale contre le FrancCFA, nous désirons voir le même type de hargne que sur un sujet aussi trivial qu’une boule de cuir. Le vandalisme est une preuve de bêtise et de limite intellectuelle. Et même s’il fallait vandaliser quelque chose, cela aurait eu plus de sens d’aller saccager l’ambassade de France en guise de protestation contre la méchanceté du système néocolonialiste. Mais non. Les Togolais, sont plus frustrés par une élimination en CAN que par ceux qui ont assassiné Sylvanus Olympio.

Ce soir, le Cameroun affronte le Gabon. Il est très probable que l’une des deux équipes soit éliminée à l’issue du match. Quand je repense à l’agressivité à peine croyable des Gabonais dans mes analyses de la crise Bongo-Ping il y a trois mois, je ne peux qu’espérer qu’aucun des deux camps de “supporters” ne développera la haine de l’autre après la rencontre. Retenez que ca se passera au stade de ^<l’Amitié>^ de Libreville. Ce n’est pas un slogan inutile, mais LE mot clé de l’histoire. La violence est le meilleur ennemi de la sagesse.

Mais surtout, quand je pense que la présence du Franc des Colonies Françaises d’Afrique choque mon peuple beaucoup moins que le résultat d’un match de foot, je réalise que la profondeur de l’abrutissement collectif va jusqu’aux enfers.