CAMEROUN – HISTORIQUE DE L’ECHEC DU MOUVEMENT SÉPARATISTE « ANGLOPHONE » – Par Erik Beck’s

Dès que le SCNC et ses acolytes ont choisi l’option de la violence comme mode d’expression, ils se sont condamnés eux-mêmes. Au départ, le gouvernement, avec les informations qu’il possédait, savait qu’on est en face d’un mouvement d’insurrection, de rébellion avec pour option le terrorisme sur les populations. Lorsque les grèves ont commencé, il y’a eu des exactions sur les populations par des gens qui ont infiltré les grévistes et le mouvement d’humeur. L’état a donc agi en conséquences. Sauf que sa réaction, bien que justifiée parce que proportionnelle à la menace, a été d’une violence prévisible par les meneurs de l’insurrection. Il ne restait plus qu’à filmer cette répression et à distribuer dans les réseaux sociaux. Aussitôt, le Cameroun a été taxé de pays violateur des droits fondamentaux. Alors les stratèges de l’état comprenant qu’on est en face d’une affaire mûrement réfléchie ont changé de tactique. Cesser de réprimer le mouvement et ses auteurs; créer un cadre de dialogue avec les « revendicateurs » ou leurs paravents pour tenter de parvenir à un accord qui engloberait une sortie de crise et une reprise du cours normal de vie dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Le piège tendu à l’insurrection était en marche. De deux choses l’une, soit le mouvement d’humeur allait mourir avec la bonne foi et l’indépendance réelle des négociateurs dans les pourparlers en parvenant à une entente, soit alors ce mouvement dévoilerait sa véritable face en bloquant toute issue au dialogue. Et en cela les stratèges du gouvernement ont encore été très ingénieux. Dès le premier refus de poursuivre les négociations par les syndicalistes, que nous savons désormais comme ne l’étant pas vraiment, le gouvernement a compris que les gars sont manipulés et obéissent à un agenda qui consiste à empêcher qu’il y ait un accord quelconque, faire passer le Cameroun aux yeux de tous comme un pays où la population n’est pas écoutée, provoquer une crise sociale qui justifierait une revendication légitime de division de l’État camerounais. Sauf que visiblement les penseurs de l’insurrection avaient les idées courtes et avaient eu foi à un scénario unique: celui de provoquer l’état au maximum, de le conduire à réagir par la violence pour justifier une possible rébellion armée ou une demande de séparation. En choisissant de dialoguer, l’état a court-circuité ce projet. Il a fallu improviser désormais en face. Et cette improvisation a essentiellement consisté à empêcher que le dialogue aboutisse à une quelconque sortie pacifique de crise. Mais c’était tomber tout droit à leur tour dans le piège du gouvernement.

L’état savait que le mouvement, socialement avait des revendications légitimes sur les questions qui créent l’unanimité chez les Anglophones, à savoir: une meilleure visibilité de leur sous-système —ce qui nous est d’ailleurs salutaire à tous les Camerounais; puisque va accélérer le bilinguisme du pays et sa décentralisation. Mais que pour autant, les populations n’iraient pas jusqu’à l’extrémisme d’une séparation. Socialement et ethniquement insensée. Ces populations ont besoin de se sentir dans un état de droit et d’être protégés. Et le SCNC, avec ses méthodes, ne présente pas une garantie pour elles dans ce sens. Voilà pourquoi, pour que cette vérité soit connue et vue de tous, l’état a disparu des rues de Bamenda, Tiko, Limbé, Buea, etc. Il a donné l’impression aux insurgés qu’il a perdu la partie. Qu’ils sont les maîtres du jeu et mènent le gouvernement par le bout du nez. Il a laissé, pendant plus d’une semaine, les deux régions être dirigées par ces bandits. Qui n’ont pas tardé à dévoiler leur vraie figure: terrorisme sur la population exacerbée, fatiguée et inquiète de la menace d’une année blanche provoquée par le radicalisme des soi-disant syndicats. Les enfants, sans mot d’ordre de levée de grève, ont commencé à aller à l’école, encouragés par leurs parents et les chefs d’établissement. Et comme il fallait s’y attendre, les insurgés manifestèrent leur barbarie. Ils violentèrent les enfants, au grand jour. Il ne restait plus qu’à filmer ces exactions sur les réseaux sociaux pour les montrer à tout le pays et à toute la planète. Juste à temps pour que le gouvernement frappe de la plus belle des manières. Après un tel amateurisme, pas étonnant donc de voir les dits syndicats, le SCNC être interdits; leurs membres et tous ceux qui ont fait des appels à la violence, à la haine, être arrêtés. Aujourd’hui, rien ne peut les défendre. Aucun État de la communauté internationale ne pourrait défendre leur sort actuellement. Tout le peuple camerounais est indigné et choqué devant les images d’enfants molestés, violés, d’hommes en tenue mutilés. Tout le monde se demandait déjà « Où est passé l’état? ». Il était là, tapis dans l’ombre, attendant son heure , celle où il va frapper avec la bénédiction et le soulagement de tous.

Si les penseurs de l’insurrection avaient été plus intelligents et moins sûrs d’eux; s’ils avaient été plus affutés stratégiquement, ils auraient procédé autrement ou attendre un autre moment. Quand on mène une lutte, le plus important est d’abord de continuer à exister et d’avoir ce droit. Ce droit que si la légalité ne te l’accorde, au moins la reconnaissance populaire devrait être ton allié. Mais réussir à terroriser la population qui vous donnerait sa bénédiction au cas où, parce que se reconnaissant dans votre combat, c’est chercher à perdre tout simplement même le droit d’asile auprès d’elle. Qui va encore cacher un insurgé à l’heure-ci? Tu vas secourir quelqu’un qui a prouvé qu’il est capable de violer ta femme, tes enfants, ton mari et te tuer toi-même? Quelqu’un qui mène contre ton état protecteur une lutte aux visées inconnues et obscures? Non, personne ne le ferait. S’ils avaient été plus fins et avaient appris à s’adapter, ils seraient encore légaux. Mais à présent, ils ont même rendu la cause du fédéralisme maudite et taboue. N’en parlons plus de celle de la séparation. Bon, dans le désespoir, ils diront qu’elle reviendra d’une manière ou d’une autre. Peut-être, mais c’est pas de chance et c’est pas eux qui la mèneront à coup sûr, si jamais cela arrivait. Leur carrière de « révolutionnaires » est terminée. Ils auraient dû ne pas sous-estimer un État aussi militairement professionnel et fort, aussi expérimenté dans la résolution des crises sociales —car il en a survécu toujours—, qui contrôle ses frontières, qui a diversifié sa coopération bi et multilatérale; et qui, de plus, a affronté la nébuleuse terroriste de front et en est venu à bout. Il faut être con pour construire des scénarios à la chute d’une république bananéaire pour faire vaciller un tel État.
VIVE LE CAMEROUN!