QUE LES CHOSES SOIENT CLAIRES AU SUJET DE L’AFFAIRE OBIANG EN FRANCE ! – Par Abdelaziz Moundé Njimbam

Si vous ne savez pas une traître ligne de l’histoire du panafricanisme – le vrai, le pur, et l’honorable – allez au 25 bis Rue des Écoles, 75005 Paris, métro Saint Michel, vous y trouverez à la librairie Présence Africaine, fondée par l’illustre Alioune Diop en 1949 dédiée aux romanciers, nouvellistes, conteurs, essayistes, poètes et penseurs du Monde Noir, de quoi vous édifier sur des grandes figures de l’Afrique et de sa diaspora.

Celles qui ont pensé, œuvré et agi pour une solidarité effective entre tous les peuples originaires d’Afrique, la perspective de l’Unité Africaine, la reconquête de notre dignité, la renaissance effective du continent sur les plans culturels, politiques, économiques et stratégiques. Celles qui ont renoué les fils entre nos frères déportés après l’esclavage et le continent-mère, engagé le combat pour l’abolition et l’égalité, les indépendances et la dignité des peuples africains.

Ce qui n’a strictement rien à voir avec les nouveaux chasseurs de prébendes qui érigent n’importe quel président en ” panafricaniste “, aussitôt qu’il est en difficulté aux élections ou pris la main dans le sac du pillage, s’arrangeant à sortir du chapeau le nouveau colibri de la dénonciation de l’Occident, à faire l’esbroufe avec un Coran à la main ou à faire le concours de celui qui aura le plus duré au pouvoir.

Quand vous aurez fait ça, vous reviendrez donc me solliciter pour la mise en place de comités de soutien à l’héritier d’une dynastie politique.

Je ne soutiens par conséquent aucun fils de chef d’Etat, de dictateur, de potentat ou d’autocrate africain, ou un président africain, sous le seul prétexte, manipulatoire et fallacieux, de dénoncer l’Occident ou la France.

Quand on dénonce l’Occident, il faut s’assurer que dans les écoles de votre pays, on enseigne l’histoire de l’Afrique, la vraie; que les héros de la Nation soient reconnus; que les produits locaux soient valorisés ; que la télévision nationale ne soit pas l’instrument de propagande du président mais du récit national incluant toutes les forces vives.

Quand on aime l’Afrique, et qu’on dirige un pays riche de ses matières premières et de son sous-sol, mais dont la moitié de la population croule sous le poids de la pauvreté, on ne vote pas un budget équivalent ou supérieur à celui de pays industrialisés et occidentaux, pour les dépenses de la Présidence.

Quand on aime l’Afrique et qu’on pourfend l’Occident, on ne dépense pas des milliards dans les boites de nuit, les palaces, les boutiques de luxe et chez les joailliers de la place Vendôme, ne rechignant pas sur les montres à 100.000 euros, alors même que votre pays triomphe dans le bas du classement de l’indice de développement humain et de la lutte contre la pauvreté.

Quand on aime l’Afrique et qu’on a les moyens, de gros, en paquets, qu’on dirige un Etat avec la prétention de rassembler l’Afrique, on ne passe pas ses vacances à des millions la suite d’hôtel dans les lieux les plus huppés de l’Occident, mais en faisant le choix des mille et sublimes destinations touristiques du continent.

Quand on aime l’Afrique, veille sur les siens, on se comporte comme des preux chevaliers, des monarques et des figures qui ont marqué l’histoire de l’Afrique précoloniale en mettant leur génie, leurs richesses et leurs savoirs exclusivement au bénéfice des populations.

Quand on aime l’Afrique, on s’assure quand on est au pouvoir, que la mémoire de ceux qui ont lutté pour l’indépendance est honorée, que les opposants ne croupissent pas en prison ou dans l’ostracisation et la marginalisation sociale, que les libertés sont protégés.

Quand on aime l’Afrique, on se bat avec tous ses pairs pour non seulement dénoncer l’oppression, la domination et le pillage de l’Occident, mais traduire cela en actes, en s’engageant de manière claire pour la souveraineté monétaire et l’effectivité d’une puissance africaine.

Sinon, pour l’argent que vous avez prévu pour moi, je vous enverrai les coordonnées de plusieurs associations en Afrique qui œuvrent aux côtés des handicapés, des malades et des pauvres. Au moins, l’argent du pétrole coulera dans de bons ruisseaux !