LA QUESTION DU CFA AU SOMMET DU CAMEROUN – Par Erik Beck’s

Les Occidentaux sont arrivés au Cameroun les 22 et 23, urgemment, pour essayer de retarder la décision de la CEMAC de quitter ou de se réapproprier par décret le FCFA. Tout en tentant un coup de force de dévaluation de cette monnaie. Car il s’agissait bien de cela. Mais en réalité quel était l’enjeu de ce pas de course ?

�Il faut comprendre que si l’Europe est obligée de courir en Afrique auprès d’une petite monnaie comme le FCFA pour demander sa dévaluation afin de sauver son économie, c’est que cette Europe est foutue. C’est la fin de l’impérialisme qu’on vit. S’ils vont même jusqu’à solliciter l’intervention de gens qui viennent à peine d’échapper à la prison pour venir nous dire ce qu’il faut faire et comment, c’est que les carottes sont cuites.

Puisqu’ils se ridiculisent au point où on a été obligé de leur rappeler qu’après avoir injecté des centaines de milliards d’euros pour sauver leurs économies en vain, pendant des décennies, ce n’est pas une dévaluation du CFA qui le fera.

Les débats ont donc été houleux, mais courtois et respectueux cette fois-ci. Il faut cependant savoir que l’affaire s’est soldée politiquement par une sorte de donnant-donnant. Retenons qu’auparavant les dévaluations ont été faites de façon unilatérales. On ne demandait même pas notre avis. Mais cette fois-ci, les anciens décideurs ont couru en Afrique pour négocier. Et le FCFA n’a pas été dévalué, car cela ne répondait pas aux intérêts de nos populations. En échange, le FMI promet de s’engager à nous aider à sortir de crise pourvu qu’on ne sorte pas de la zone Franc. Et pourvu qu’on ne sorte pas de l’influence des pays occidentaux.

En d’autres termes, ils proposent qu’on leur fasse encore confiance pour notre développement et qu’on ne vire pas toute vers l’Est et les Brics. Ah! Oui, j’oubliais! Ils ont même fait le compromis que cette fois chaque État traitera de façon bilatérale de ses Ajustements avec le FMI. De plus ils nous demandent cinq ans d’essai. Que c’est amusant! Car que possède le FMI, en dehors des AJUSTEMENTS STRUCTURELS justement, à nous proposer? Et nous savons quelles ont été les insuffisances et les conséquences de ces machins pendant deux décennies; et surtout leur objectif. Ils pensent vraiment que nous sommes dupes.

Il y a longtemps nos chefs d’état ont compris que l’Occident n’est pas leur ami, même si c’est lui qui les a imposés, pour les uns, ou aidés à prendre le pouvoir, pour les autres. Cette aide qui consiste à contrôler votre économie, à décider de comment vous devez gérer votre argent et à quel taux, consiste tout simplement à vous empêcher de vous émanciper. L’Occident continue donc d’afficher un comportement paternaliste vis-à-vis de l’Afrique même quand ils n’ont plus de pouvoir. Ils n’arrivent pas à se rendre compte qu’ils ont perdu la main. Que c’est tard, l’Afrique leur a déjà échappé. L’émancipation est déjà engagée fort longtemps.

Le communiqué final de ce sommet est donc une blague. Une façon de faire plaisir aux chers amis Occidentaux. Mais tout le monde ayant une bonne lecture de la situation sait que même sans avoir décrété qu’on sort du CFA, cette monnaie mourra de sa mort naturelle ou alors les Africains obtiendront de façon naturelle sa souveraineté. On n’en a plus pour 5 ans. Un exemple: seulement la convertibilité directe avec le Yuan et les monnaies des autres partenaires parallèles finira la dépendance soit de cette monnaie, soit de la France elle-même tout court. Les Africains savent aussi déjà qu’il faut qu’ils se dotent d’une bonne productivité locale, source de richesses; qu’ils boostent la consommation locale pour ne plus dépendre des cours internationaux.

Notre destin est donc désormais entre nos mains. Les forces opposées du monde nous donnent une fois de plus une opportunité de nous prendre en main. Du pain béni et bien farci!

Et comme Dieu sait aider ses enfants, le pouvoir aux USA est rentré chez les Conservateurs purs et durs, de la lignée des pères fondateurs. C’est-à-dire ceux qui pensent que les États-Unis doivent appartenir aux États-Uniens. Ce système qui a consisté à piller les ressources financières, économiques et militaires américaines au profit des grandes multinationales, au détriment du peuple lui-même; pour aller s’emparer d’autres nations et de leurs ressources; les Américains se sont rendus compte qu’avec ça leur pays ne leur appartenait plus; à la longue, leurs populations se retrouveraient au moyen-âge; ils ont décidé d’en finir. Ce sont ces Américains-là qui ont soutenu Donald Trump contre l’establishment et toute sa machine de fraude et de destruction. Ils sont tenaces et au moins aussi puissants que leurs adversaires d’en face.

Il n’ya qu’à voir comment quatre chefs d’Etat, de bords différents, mis à contribution, n’ont pas pu venir à bout d’un homme. Au point où pour la première fois en Amérique, un président s’est battu et s’est mis en campagne pour son successeur comme s’il se représentait. Ceci nous révèle juste une chose: jamais plus les USA ne serviront de moteur ou de parapluie aux Occidentaux pilleurs et destructeurs de cultures, de peuples et d’avenir.

C’est donc une nouvelle ère qui s’annonce et l’Afrique répond présent à ce grand rendez-vous terrestre!