Dans “On n’est pas couché” sur France 2, Maître Gims a évoqué la radicalisation dans laquelle il a failli tomber et la nationalité française qu’il n’a toujours pas.

Chanteur à succès d’abord avec le groupe Sexion d’Assaut puis seul, Maître Gims a vendu plus d’un million d’albums en 2016. A l’occasion de la sortie de son autobiographie Vise le soleil, le rappeur était l’invité de l’émission On n’est pas couché. Laurent Ruquier et ses deux chroniqueurs Vanessa Burgraf et Yann Moix en ont profité pour l’interroger sur sa carrière mais pas seulement.

Maître Gims n’a pas la nationalité française

Le présentateur du talk-show lui a ainsi demandé s’il était enfin devenu français. Maître Gims lui a alors répondu qu’il avait fait la demande mais, trop accaparé par sa tournée et faute de temps, il n’a pas pu se rendre aux différents rendez-vous obligatoires à ce genre de démarche. Un peu plus tard, Yann Moix a voulu revenir sur cette thématique. L’écrivain a en effet reproché au chanteur, vu ce qu’il représente au niveau national, de baisser les bras face à la complexité de ces démarches administratives : “Est-ce que c’est pas un peu facile d’une part et un peu dommage d’autre part que vous ne redonniez pas à la France ce qu’elle vous a donné ? On serait heureux de vous accueillir comme citoyen français à part entière.”

“Je pense que là on passe sur une chaîne où des millions de gens nous regardent et beaucoup viennent de découvrir que je ne suis pas français. C’est quelque chose de personnel. (…) Il n’y a aucune mauvaise volonté de ma part de ne pas devenir français ou quoi que ce soit. Je représente la France à l’étranger et je suis aussi un artiste africain (…) Je ne suis pas né en France, j’ai grandi en France, mais je suis aussi africain, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise,” a alors répondu Maître Gims refusant cependant de rentrer dans un débat sur les identités multiples.

Mise en garde contre la radicalisation

Interrogé ensuite sur sa conversion à l’islam, Maître Gims a voulu faire passer un message et mettre en garde contre la radicalisation en parlant de phénomène de secte : “Quand on se convertit à une religion, peu importe la religion, on est vulnérable. C’est un poussin qui veut s’adapter (…) Il suffit qu’il tombe sur des gens mal intentionnés, des fous, des gens qui n’ont pas étudié, des gens qui défendent d’autres causes. (…) Aujourd’hui, on est dans ce cas de figure-là. On a des gens qui viennent de quartiers compliqués, qui ont des situations compliquées, ils n’ont pas de travail, etc. qui trouvent refuge dans la vengeance, dans la haine… qui sont abordés par des gens qui ont un plaisant discours. Et ils sont manipulés, ce sont des gourous qui sont très forts, qui sont très éloquents, ce ne sont pas des abrutis, c’est pour ça que ce n’est pas eux qui meurent sur le terrain. Ce sont ces gens-là qui manipulent les faibles d’esprit comme je l’ai été moi-même.”

Et si Maître Gims connaît si bien le sujet, c’est qu’il l’avoue lui-même, il a failli être embrigadé. “Si j’ai un message à faire passer c’est celui-là : les convertis sont vulnérables, il suffit qu’ils tombent dans les filets de gens mal-intentionnés, c’est là que ça dégénère. Car, ces gens-là, je ne pense pas qu’ils défendent une religion (…) Moi j’ai failli valser avec des amis et dieu merci, j’ai pu prendre une autre trajectoire,” a-t-il confié.

Maître Gims, imitateur

Dans un registre beaucoup plus léger, Maître Gims a également dévoilé ses talents insoupçonnés d’imitateur. Poussé par Laurent Ruquier, le chanteur s’est en effet lancé dans les imitations de Charles Aznavour, Christophe Maé et même d’Arnaud Montebourg, l’invité politique de l’émission de ce samedi 10 décembre.