3 decembre: Journée mondiale des personnes handicapées

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Afin de favoriser l’intégration et l’accès à la vie économique, sociale et politique des personnes handicapées, une Journée Internationale des Personnes Handicapées à été proclamée, en 1982, par les Nations Unies, à la date du 3 décembre.

Cette journée mondiale est par ailleurs l’occasion idéale de réaffirmer certains principes de base, trop souvent oubliés: “Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits”. Le respect de cette dignité due à chaque personne, valide ou non, implique la reconnaissance de droits fondamentaux comme l’éducation ou l’accès au travail.

Les manifestations organisées à cette occasion nous invitent à de modifier le regard que nous portons sur les personnes handicapées. Des personnes handicapées qui ne sont pas toujours celles-là sur une chaise roulante…

Les handicapés luttent pour obtenir les services qui garantiront leurs droits et leur dignité. Masimba Kuchera est aveugle de naissance mais, à force de détermination et d’efforts, il a pu poursuivre ses études jusqu’à l’université et devenir un spécialiste de l’information. Il travaille désormais pour le Students’ Solidarity Trust, une organisation non gouvernementale qui a pour objet de protéger les droits des étudiants.

Bien qu’il éprouve le sentiment d’avoir réussi, M. Kuchera déplore le sort de nombreux handicapés qui ne pourront jamais réaliser leurs rêves ni même simplement aller à l’école. “Il y a très peu d’écoles publiques qui accueillent les enfants handicapés. Je me demande combien de personnes handicapées sont scolarisées,” s’interroge M. Kuchera.

La plupart des écoles qui acceptent des personnes handicapées sont financées par les églises, explique M. Kuchera à Afrique Renouveau. Mais au Zimbabwe, de nombreux enfants handicapés ne vont tout simplement pas à l’école. “Il n’y a pas beaucoup d’argent investi dans ce domaine. Cette population n’est pas sérieusement prise en compte,” ajoute-t-il.

La plupart des obstacles auxquels font face les personnes handicapées concernent l’accès aux infrastructures publiques, à l’éducation et à l’information. “Il est très difficile d’accéder aux transports publics, aux édifices publics et aux réunions publiques, raconte M. Kuchera, les infrastructures n’étant pas conçues pour la commodité d’utilisation. Je ne peux pas utiliser un ascenseur tout seul et il n’existe pas de guides en braille. C’est encore pire pour les utilisateurs de fauteuils roulants, car les rampes n’existent pas dans cette région du monde.”

M. Kuchera est membre de divers groupes qui se battent pour les personnes handicapées au Zimbabwe et dans toute la région d’Afrique Australe.

Progressio, une organisation charitable internationale qui s’emploie à éliminer la pauvreté, estime que le Zimbabwe compte 1,4 millions de personnes handicapées. L’ONU estime que le nombre total de personnes handicapées en Afrique est d’environ 80 millions.

Initiatives régionales et continentales

Dans plusieurs pays d’Afrique australe, des organisations non gouvernementales militent pour le bien-être des personnes handicapées. Certaines s’occupent de ceux qui ont des besoins spécifiques, comme les aveugles, les sourds, les paralysés ou les malades mentaux. La plupart de ces organisations pressent les gouvernements de mettre en ouvre des politiques qui garantissent les droits des personnes handicapées.

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Photo: ONU / Christopher Herwig

Un de ces groupes est l’Association nationale des sociétés de soins pour les personnes handicapées (National Association of Societies for the Care of the Handicapped – NASCOH) du Zimbabwe. “Nous voulons que les questions de handicap soient intégrées dans toutes les administrations, toutes les activités gouvernementales et par le parlement,” explique Farai Mukuta, Directeur de NASCOH.

L’Union africaine (UA) est du même avis. L’organisation continentale a mis au point un Plan d’action en faveur des personnes handicapées qui reconnaît, entre autres, la nécessité d’intégrer les personnes handicapées dans la société, de les autonomiser et de les faire participer à la formulation et à l’application des politiques de développement économique et social. Le plan demande aux États membres d’allouer des crédits suffisants aux ministères et aux administrations qui s’occupent des personnes handicapées, de mettre sur pied des comités nationaux afin de coordonner l’action sur ces questions et d’inclure les personnes handicapées dans leurs programmes nationaux.

Ce plan a proclamé la période 1999-2009 Décennie africaine des personnes handicapées, mais les militants de la cause des handicapés veulent que cette période soit prolongée en accord avec le calendrier des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le programme fixé par la communauté internationale pour réduire la pauvreté dans le monde et apporter d’autres améliorations au bien-être des populations de la planète d’ici à 2015.

Quelques évolutions positives

Dans toute l’Afrique, des gouvernements citent les contraintes budgétaires comme obstacles à la promotion des droits des personnes handicapées. Néanmoins, certains succès et certaines améliorations ont été obtenus au Burkina Faso, au Sénégal et au Togo.

Le Ghana offre un exemple remarquable : on estime qu’environ 1,8 million de Ghanéens – à peu près 5 % de la population – sont, d’une manière ou d’une autre, handicapés, principalement par des problèmes de vision, d’ouïe ou de parole.

En 2006, le parlement du Ghana a voté la Loi nationale sur l’invalidité (National Disability Act) qui a pour but de garantir aux personnes handicapées la jouissance des mêmes droits que les personnes valides. La loi fournit un cadre législatif à la protection des droits des personnes physiquement ou mentalement handicapées dans divers domaines, dont l’éducation, l’apprentissage et l’emploi, l’accessibilité physique et et l’accès aux soins de santé. La loi est aussi conçue pour faciliter la création d’un environnement qui favorise le bien-être économique des personnes handicapées et leur permette de vivre mieux.

Après son entrée en fonctions en janvier 2009, le Président John Atta Mills a organisé une série de rencontres avec des personnes handicapées. Ces discussions ont mené à la création d’un Conseil national des personnes handicapées (National Council of Persons with Disabilities).

Les autorités s’emploient aussi à faire connaître plus largement la loi de 2006, notamment sous forme électronique. En juin 2009 par exemple, le Ministre de l’éducation Alex Tettey-Enyo a lancé la version électronique de la loi à Akropong dans la région de l’Est du pays. Grâce à un financement de l’Agence danoise de développement international, la loi a été traduite en plusieurs langues locales comme le Ga, l’Éwé et le Twi.

Plus récemment, le gouvernement a décidé de tenir compte des questions de handicap dans le budget national. Le Ministre des finances et de la planification économique, Kwabena Duffour, a annoncé le 19 novembre 2009 au parlement que son gouvernement offrirait une éducation gratuite à tous les enfants handicapés. Le gouvernement avait auparavant créé des écoles spéciales pour les handicapés dans toutes les régions du pays.

“La volonté politique a toujours existé au Ghana,” commente Aïda Sarr, responsable des communications et des programmes au secrétariat de la Décennie africaine des personnes handicapées installé au Togo voisin.

Mais la volonté politique fait cruellement défaut dans la plupart des autres pays africains, en dépit de l’existence d’une convention internationale, de la proclamation d’une Journée internationale des personnes handicapées (le 3 décembre) et d’autres programmes. Dans la plus grande partie de l’Afrique, les personnes handicapées font toujours face à la discrimination et ne reçoivent qu’un faible soutien.

Sortir la journée du 3/12 de l’ombre médiatique

Depuis 2011, cette journée possède son étendard, son symbole… sous la forme d’un badge à porter sur soi. Cette initiative revient à une association belge, l’ASPH de Belgique en collaboration plus d’une trentaine d’autres associations.

Lors de la création du badge, le choix définitif s’est porté sur le cercle violet:

  • le cercle est synonyme de perfection, d’absolu, d’infini
  • le violet symbolise l’unité, le peuple et la démocratie chez le romains.

3-12

Oui, les personnes handicapées font partie de la société civile.
Oui, les personnes handicapées sont des citoyennes à part entière.
Oui, les personnes handicapées revendiquent leur place.

Le grand public est amené à reconnaître la personne handicapée comme l’une des leurs.

le badge rappelle que la personne handicapée est une personne avant d’être un handicapé. Il rappelle que la personne handicapée fait partie intégrante de la société. Rassembleur, fondamental, facile, ce badge est le symbole d’un secteur… celui du handicap.

Sites à visiter :

handicap-international.org

cpps-rdc.com

www.asph.be

un.org

Avec: journee-mondiale.com