Jamaique: Cudjoe, ce prince ghanéen qui tint tête aux anglais

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Il était une fois Cudjoe Kazoola Lewis, encore appelé le capitaine Cudjoe (captain Cudjoe) – Kojo –, fils du chef Naquan dela tribu Ashanti. Ce prince africain et ses frères Accompong, Johnny, Nanny et Quao déportés de l’actuel Ghana vers 1640; probablement vendus  à une plantation de la commune Saint Thomas, à proximité de de Port Royal en Jamaïque. Le sucre de canne était la culture principale de ces plantations et les esclaves travaillaient dans des conditions extrêmement dures.

Cudjoe et ses frères vécurent à l’Africaine en société organisée,  il réussit à pousser les esclaves à se soulever, formant ainsi l’une des premières communautés de marrons, alors que l’île était sous le contrôle espagnole. Dès le début du XVIIIe siècle, il fut le chef d’une des deux principales communautés de marrons de la Jamaïque.

Grace à l’activisme des marrons, la Jamaïque ne put être totalement contrôlée par les Britanniques (qui s’en emparèrent en 1655).  Organisés en communautés et disposant de véritables armées, les marrons sous l’encadrement de Cudjoe tenus bon aux harcèlements répétitifs des anglais pendant 40 ans. Cudjoe non seulement ne fut jamais vaincu, mais il mena régulièrement des offensives contre des plantations pour libérer les esclaves. Au cours de ces raids, les plantations étaient brûlées, les colons et les (rares) esclaves qui leur étaient fidèles abattus.

Cudjoe terrorisa les colons britanniques au point de faire rembarquer nombre d’entre eux en Angleterre. Et faute de pouvoir vaincre Cudjoe, le gouverneur de la Jamaïque, Edward Trelawney, dut se résoudre à signer un traité avec lui, le 1er mars 1739, reconnaissant les marrons comme un peuple autonome et à leur concédant une partie du territoire de la colonie.

Les marrons existent toujours et sont restés autonomes en Jamaïque où la mémoire de Cudjoe est célébrée tous les 6 janvier en Jamaïque.