Soeur Louise-Marie-Thérèse était-elle la fille « noire » de Louis XIV

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Le 30 septembre 1695, Madame de Maintenon invite des membres de la famille royale à la prise de voile d’une jeune novice. La cérémonie se déroule au couvent des bénédictines de Moret-sur-Loing, près de Fontainebleau. Fait insolite pour l’époque, la jeune femme qui prononce ses vœux et qui va devenir, à trente et un ans, sœur Louise-Marie-Thérèse, a la peau d’ébène.

Tout aussi surprenante est la pension de trois cent livres, prise sur le Trésor Royal, que Louis XIV lui allouera par la suite, comme en atteste le brevet extrait des Archives nationales daté du 16 octobre 1695. D’autres illustres personnages de la cour se rendent eux aussi au monastère, notamment le Grand Dauphin, Louis et ses enfants, les princes Louis et Philippe, qui tous s’adressent à cette religieuse avec familiarité empreinte d’une grande affection.
La jeune Bénédictine affirme bientôt, aux autres religieuses et moniales, être de sang royal. Toutes les attentions dont elle fait l’objet, depuis sa plus tendre enfance, de la part de ses nobles visiteurs lui ont mis la puce à l’oreille… Et cette haute opinion qu’elle se fait de sa royale naissance lui confère un orgueil tel que ses supérieures s’en plaignent. Voltaire  raconte l’anecdote selon laquelle Madame de Maintenon serait venue un jour spécialement de Fontainebleau pour essayer de la raisonner et la rappeler à la modestie de son état. Ce à quoi la religieuse aurait répondu : « Madame, la peine que prend une dame de votre élévation de venir exprès ici pour me dire que je ne suis pas la fille du Roi me persuade que je le suis ».

Louise-Marie-Thérèse se comporte même avec le grand Dauphin comme s’il était son frère. Saint-Simon rapporte à ce propose dans ses mémoires qu’il aurait entendu la jeune nonne s’exclamer négligemment, en apercevant Monseigneur chasser dans la forêt : « C’est mon frère qui chasse » .

Qui était donc cette jeune bénédictine au teint d’ébène? Pourquoi l’épouse secrète du Roi-Soleil, madame de Maintenon, lui témoigna-t-elle autant d’attentions? Était-elle la fille née d’une tocade exotique du roi? A moins qu’elle ne soit la fille de Marie-Thérèse d’Autriche? Dans l’affirmative, qui était son père? Et surtout pourquoi Louis XIV lui accorda-t-il une pension aussi généreuse?

Madame de Maintenon -dont le père fut gouverneur de la toute petite île de Marie-Galante- a vécu les premières années de son enfance à la Martinique, dont elle gardera toute sa vie un souvenir intense. Avoir côtoyé des Noirs, certes pour la plupart esclaves, pourrait expliquer qu’elle ait développé une relation aussi suivie avec la religieuse de Moret. Depuis douze ans , date de son mariage secret avec le roi, Madame, de Maintenon a délaissé la galanterie pour la piété, et c’est elle qui, usant de ses relations dévotes, a fait entrer la mystérieuse jeune femme au couvent. En outre, la fait que Madame de Maintenon – avant de devenir la favorite puis l’épouse du Roi- ait été l’ancienne gouvernante des bâtards royaux, pourrait aussi justifier les égards et les attentions qu’elle portera jusqu’à sa mort à la religieuse de Moret.
Cette jeune femme serait-elle alors l’un des nombreux enfants naturels de Louis XIV?

Pour Voltaire la chose est évidente! Voltaire, philosophe des « Lumières« , qui encore une fois a du réfléchir à « l’ombre » de sa méconnaissance et des préjugés. (sourire)

Pourtant si nombreuses soient-elles, les maitresses de Louis XIV ont toutes été répertoriées avec précision. Le Roi-Soleil fut un souverain dont la vie publique et privée a été des plus observées. Son époque fut celle du théâtre, et à Versailles, il était comme un comédien, en représentation permanente sur une scène splendide, y compris pour les moments supposés les plus intimes, du lever au coucher de son illustre personne. De plus, le souverain, en légitimant les différents enfants nés de ses diverses maîtresses ou favorites, a démontré qu’il désirait les faire tous vivre en pleine lumière.

Une rumeur a laissé entendre que le Roi aurait eu une aventure avec une domestique noire, venue des Antilles. Mais s’il avait eu une maîtresse noire ne le saurions nous pas?

A l’époque a Versailles, la domesticité comportait un certains nombre de valets noirs, d’origine antillaise. A la différence de leurs frères restés dans les îles , ils n’étaient pas traités en esclaves car l’esclavage n’avait plus cours en France. Leur présence à la cour de France s’explique en partie par un gout de l’exotisme, mais sert aussi à faire valoir le prestige international du roi.

Et si cette jeune femme n’était autre que…

Pour Voltaire la chose est évidente! Voltaire, philosophe des « Lumières », qui encore une fois a du réfléchir à « l’ombre » de sa méconnaissance et des préjugés. (sourire)
Pourtant si nombreuses soient-elles, les maîtresses de Louis XIV ont toutes été répertoriées avec précision. Le Roi-Soleil fut un souverain dont la vie publique et privée a été des plus observées. Son époque fut celle du théâtre, et à Versailles, il était comme un comédien, en représentation permanente sur une scène splendide, y compris pour les moments supposés les plus intimes, du lever au coucher de son illustre personne. De plus, le souverain, en légitimant les différents enfants nés de ses diverses maîtresses ou favorites, a démontré qu’il désirait les faire tous vivre en pleine lumière.

Une rumeur a laissé entendre que le Roi aurait eu une aventure avec une domestique noire, venue des Antilles. Mais s’il avait eu une maitresse noire ne le saurions nous pas? A l’époque a Versailles, la domesticité comportait un certains nombre de valets noirs, d’origine antillaise. A la différence de leurs frères restés dans les iles , ils n’étaient pas traités en esclaves car l’esclavage n’avait plus cours en France. Leur présence à la cour de France s’explique en partie par un gout de l’exotisme, mais sert aussi à faire valoir le prestige international du roi.

Et si cette jeune femme n’était autre que Marie Anne, la fille de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche, née le 16 novembre 1664?

Selon les témoins présents, dont Madame de Motteville, le bébé, à sa naissance, présente une peau noire : « C’était une Mauresse dont elle pensa mourir » . Les chirurgiens de la reine sont désemparés devant un tel phénomène.

Pour étouffer les rumeurs, des obstétriciens expliquèrent que cette couleur sombre était le résultat d’un accouchement long et difficile : manquant d’air la petite princesse aurait été prise de convulsions et sa peau aurait pris un teint violacé virant sur le noir. Cette hypothèse fut également défendue par la princesse de Conti, fille légitimée de Louis XIV. D’autres médecins incriminèrent même l’alimentation de la reine pendant la grossesse. Aujourd’hui, à la lumière des connaissances médicales modernes, on peut imaginer que le nouveau-né a été cyanosé, ce qui expliquerait la couleur foncée de sa peau. Toujours est-il que l’on annonça l’enfant de santé fragile et qu’elle fut déclarée morte, quarante jours plus tard, le 26 décembre 1664, non sans avoir été baptisée.

Mais le fait qu’une déclaration soit officielle n’implique pas forcément qu’elle se fond sur des preuves tangibles. Car on peut légitimement se demander si le roi n’avait pas tout intérêt à extraire, du moins de la vie officielle, une enfant jugée embarrassante pour lui même ou l’honneur de son épouse…

En 1660 Louis XIV avait fait venir de Madrid Marie-Thérèse d’Autriche pour l’épouser à Saint-Jean-de-Luz. Fille du Roi Philippe IV d’Espagne, Marie-Thérèse d’Autriche épouse Louis XIV, son cousin germain. Elle avait vingt-deux ans et son rôle à la Cour se limita à donner des enfants au roi. Elle est très éprise de son mari que ne voit dans cette union qu’intérêt et raison d’état. Ce mariage constitue un prétexte à l’alliance passée avec l’Espagne et la possibilité d’avoir des enfants légitimes. Très vite, l’ appétence de Louis pour les femmes, au physique plus gracieux que sa femme, reprend le dessus. La cour est le théâtre de ses multiples liaisons. Cette situation est humiliante et pénible pour Marie-Thérèse, d’autant plus que Louis, pour les avoir à ses côtés, fait de ses favorites des dames de compagnie de la reine.Celle-ci doit subir les légitimations successives des enfants naturels de son époux.

Après avoir mis au monde Louis, le Grand Dauphin, elle eut, l’année suivante, une fille, Anne-Elisabeth, qui ne vécut que quelques semaines. Maladroite, maîtrisant mal le français, la reine se replia sur elle-même, mangeant de l’ail et buvant du chocolat -boisson qu’elle contribua grandement à lancer à Paris-, recréant autour d’elle l’atmosphère de Madrid, « entourée de femmes de chambre espagnoles, de moines et de nains », la mode, chez les dames de la Cour, étant alors d’avoir avec elles un «négrillon  » ou « petit Maure », dont elles usaient comme d’un « humain »de compagnie… l’esclavage non, mais l’égalité non plus…

Depuis le moyen âge, tous les souverains, sans exception, ont entretenu des personnes de petite taille, en tant que bouffons, domestiques ou personnes de compagnie. Ils sont présents dans toutes les cérémonies officielles, fêtes et circonstances de la vie quotidienne. Le prince de Condé, copiant lui aussi la mode espagnole au cours des fêtes grandioses en fera même surgir de pâtés en croûte et d’ananas géants! En Espagne, Philippe IV les chérissait particulièrement sous son règne. Leur nombre n’a jamais été égalé en Europe et Vélasquez, peintre officiel à la cour, immortalisera leur présence dans le tableau « Les Ménines ». C’est donc naturellement que la jeune Marie -Thérèse en fera une mode, trouvant leur compagnie charmante.

Dans l’année 1664, alors qu’elle était âgée de vingt-six ans, la reine se trouva à nouveau enceinte et elle eut une grossesse assez pénible qui s’acheva le 16 novembre 1664. Ce jour-là, elle mit au monde une fille « noire comme de l’encre ». Devant le scandale, on décida de soustraire l’enfant à sa mère et, après hésitation, de la baptiser sous le nom de Marie-Anne.

Pour certains, la couleur de l’enfant s’expliquait par le goût de la reine pour le chocolat (en octobre 1671, la marquise de Sévigné mettait en garde sa fille enceinte en citant l’exemple d’une certaine marquise de Coetlogon « qui prit tant de chocolat, étant grosse, qu’elle accoucha d’un petit garçon noir comme le diable »). Bouleversée par cette naissance, la reine Marie Thérèse fut très malade. Inquiet, le roi essaya d’attirer la bienveillance divine en faisant dire des messes, en délivrant des prisonniers, en multipliant les donations. Puis, dès le 26 décembre 1664, la petite princesse noire fut déclarée officiellement décédée au Louvre et inhumée à Saint-Denis.

Madame de Maintenon et Bontemps, le premier valet de chambre du roi, s’employaient tous deux à multiplier les versions afin de brouiller les pistes et ils y parviennent parfaitement! Mais Monsieur, frère du roi, fit le rapprochement -il n’était pas le seul- avec « un petit maure qui ne quittait pas sa Majesté ». Il s’agissait non pas d’un enfant, mais d’un nain que l’amiral François « de Vandosme » duc de Beaufort avait rapporté d’Afrique. Il s’appelait Nabo, mais la reine lui avait donné le nom d’Osmin. Elle vivait dans une grande familiarité avec lui, bien que le roi le trouvât fort déplaisant. « Mystérieusement », ce nain avait disparu avant l’accouchement de la reine.

Le fantasque cousin germain du roi, le duc de Beaufort, ramène d’une bataille victorieuse contre les turcs un jeune nain africain originaire du Dahomey (actuellement le Bénin), « Un négrillon » prénommé Nabo, dont il fait cadeau à la reine. Le nain noir se révèle vif et plein d’esprit en amusant l’entourage de Sa Majesté. « Étrangement » Nabo meurt quelques jours après la naissance de l’enfant…

Selon l’historien André Castelot, cet fille à la peau noire serait le fruit d’un amour adultère entre Osmin et la reine. Louis XIV comprit vite que, comme le dira Victor Hugo, la reine avait été « un peu familière » avec son nain. En vain, le médecin expliqua que la présence de Nabo pendant la grossesse avaient suffit à faire tourner le sang de la reine et transformer la peau de l’enfant en mauresse. « Sire, il suffit d’un regard » , dit le chirurgien de la Reine à Louis. Le roi lui aurait répondu d’un ton sarcastique : « Vous me parlez là de regards bien… pénétrants ». Il admettait donc l’éventualité de l’infidélité de sa femme. Mais la piété non feinte de Marie Thérèse, reine de France, qui de surcroît était fort prude et candide sauva la réputation de la reine. Cette réputation sous entendant que Osmin aurait peut être abusée d’elle dans son sommeil.

 Nabo fut embastillé!

Pourtant 30 années après cette naissance, une enfant supposée de sang royal et à la peau noire est belle et bien vivante! Une femme portant le même prénom que la reine Marie Thérèse!

Un portrait de Sœur Louise-Marie-Thérèse orna jusqu’en 1779 le bureau de l’abbesse de Villechasson-Moret. Ce portrait fut ensuite transféré au cabinet des antiquités et curiosités de l’abbaye de Sainte Geneviève, à Paris, ou se trouve également un dossier qui ne contient que quelques papiers, avec une explicite inscription : « Documents concernant la princesse Louise-Marie- Thérèse, fille de Louis XIV et de Marie-Thérèse ».
Des recherches menées par la Société de l’Histoire de Paris et de l’Île-de-France, publiées en 1924 aux éditions Honoré Champion, ont conclu que ce portrait au pastel avait été exécuté aux environs de 1680, et de la même main que la série de vingt-deux portraits au pastel des rois de France, de Louis IX à Louis XIV, peints de 1681 à 1683 sur l’initiative du Père Claude du Molinet, bibliothécaire de l’abbye de Sainte Geneviève. L’origine et l’authenticité de ce portrait attesterait donc bien de la noblesse d’extraction de la jeune religieuse à la peau noire qui posa pour ce tableau.

Certains avancent la théorie suivante : Cette femme, au prénom identique à celui de la reine, n’aurait été qu’une conseillère en occultisme pour la cour. A la cour du Roi-Soleil et dans la noblesse de robe, existait un engouement certain pour les sciences occultes, un intérêt remontant de la Renaissance. Ce gout pour l’astrologie et la divination expliquerait les visites des princes de sang et des membres de la cour à la religieuse noire détentrice du précieux don de voyance. Une « théorie fumante » quand on sait que l’occultisme rime mal avec couvent des bénédictines, que Louis XIV réprouvait ses pratiques à la cour et qu’il en avait même fait la chasse. Une voyante qui souhaiterait connaitre ses origines et qui questionnerait madame de Maintenon? Qui consultait qui?

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Archives Nationales de la Maison du Roi : Lettre du 13 juin 1685 du Secrétaire de la Maison du Roi à M. de Bezons, agent général du clergé.

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Archives Nationales de la Maison du Roi : Brevet de 300 livres de pension accordée par le roi Louis XIV à Louise-Marie-Thérèse le 15 octobre 1695.

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