13 novembre au Bataclan/ Macathéo Ludovic Boumbas est mort en héros

Ludovic Boumbas est mort vendredi soir, dans les attentats de Paris, en sauvant une amie. L’héroïsme du Lillois, âgé de 40 ans, a fait le tour du monde. L’enfant de Lille-Sud, puis de Vauban-Esquermes, était très apprécié pour sa joie de vivre et son humanité. Sa famille dresse un émouvant portrait

Pas de haine. C’est peut-être la plus belle réponse face à l’horreur du terrorisme. Charden a perdu son petit frère Ludovic, 40 ans, dans les attentats de Paris. Malgré la douleur, il parle avec des mots apaisants, humanistes. Une dignité touchante. «  On a eu une éducation chrétienne, très religieuse. On nous a inculqué des valeurs : le respect, le partage, l’amour, la solidarité… Les personnes qui ont commis ces actes devront en répondre devant Dieu, ou les hommes. »

Au soir de ce funeste vendredi 13 novembre, Ludovic fêtait un anniversaire. Il était avec une quinzaine d’amis, sur la terrasse de la Belle Équipe, rue de Charonne. Quand les terroristes ont tiré, il s’est jeté devant une amie, Chloé, pour la protéger. Elle s’en est sortie avec une blessure au bras. Charden n’a pas été surpris par le sacrifice de Ludovic. «  Mon frère a toujours fait don de sa personne. Il s’oubliait pour donner aux autres. »

Six frères et une sœur

Né à Lille le 9 septembre 1975, Ludovic a grandi à Lille-Sud puis à Vauban-Esquermes, place Catinat. Il est issu d’une famille modeste, composée de six frères et une sœur. «  On a toujours vécu en HLM. Nos parents, originaires du Congo-Brazzaville, sont arrivés en France au début des années 70. Notre père, fils de paysan, est devenu médecin. Notre mère était couturière. »

Ludovic a étudié au lycée Faidherbe, puis a décroché un DUT en informatique, «  une passion  », à Villeneuve-d’Ascq. Il a connu du monde, à l’école, dans son voisinage ou lors de ses activités, notamment le rap et le foot. Ensuite, il est parti à Paris après son embauche chez Fedex, en 1999, où il travaillait comme ingénieur informatique à l’aéroport de Roissy. Il était célibataire, sans enfant.

Le Lillois était très apprécié, comme en témoignent les nombreux hommages. «  J’ai reçu plus d’une quarantaine d’appels d’amis, ça m’a touché, souligne Charden. Ludovic fédérait autour de sa personnalité. Il était souriant, bon vivant, intelligent. Et il adorait voyager. C’était quelqu’un de bien. »

Le rappeur lillois Axiom, ami d’enfance de Ludovic, a créé une page Facebook, «  Ludovic Boumbas communauté  ». Elle compte déjà 3029 fans.

Un an après les attentats, des images de Lillois et un bandeau noir

De sobres commémorations sont prévues par la mairie pour le triste anniversaire des attentats du 13-Novembre. Dimanche, et pendant plusieurs jours, le site internet de la municipalité sera drapé d’un bandeau noir, et des images de la mobilisation des Lillois, il y a un an, seront diffusées.

De plus, une cérémonie se déroulera en mémoire de Ludovic Boumbas (sur la photo), un Lillois de 40 ans tué par les balles des terroristes sur la terrasse de la Belle Équipe, un café parisien. Une mort en héros : il protégeait une amie, qui est restée en vie. La date de cet hommage n’est pas encore fixée. Selon la mairie, il se tiendra fin novembre ou début décembre. Il prendra la forme d’une inauguration officielle du parvis Ludovic Boumbas, devant le Flow, à Moulins.

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