Le Zimbabwe solde sa dette auprès du FMI

Le Zimbabwe ne doit plus rien au FMI. Après avoir proposé un plan d’apurement de ses dettes en mai, Harare a soldé son ardoise de plus de 107 millions de dollars auprès de l’institution dirigée par Christine Lagarde. Désormais, il lui reste ses dettes auprès de la Banque mondiale et la BAD, en attendant d’engager des réformes économiques structurelles.

« Le Zimbabwe est désormais à jour sur toutes ses obligations financières envers le FMI », a indiqué Gerry Rice, le porte-parole de l’institution, dans un bref communiqué rendu public jeudi 20 octobre. En effet, l’Etat zimbabwéen a soldé sa dette dite « en souffrance » qui s’élevait à 78,3 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 107,9 millions de dollars US. Un bon coup de souffle pour ce pays d’Afrique australe dont l’économie est à l’agonie depuis une dizaine d’années.

Des réformes, l’urgence

Contractée dans le cadre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) mise en place le FMI afin d’aider les pays en difficulté et « le Zimbabwe avait été en retard en continu [sur le remboursement de la dette] depuis 2001 », précise M. Rice. Selon la même source, Harare a réglé cette ardoise en transférant une partie de ses avoirs en DTS conservés au FMI sur le compte du FRPC.

Dans un entretien avec la presse locale diffusé hier plusieurs heures avant l’annonce du Fonds monétaire international, son représentant au Zimbabwe, Christian Beddies, tirait la sonnette d’alarme quant à la nécessité pour le pays de solder cette dette et de mener des réformes profondes pour sortir son économie de la récession. D’autant plus qu’avec une croissance de seulement 1,1% du PIB en 2015, l’année en cours n’augure pas de meilleurs résultats. Le FMI a tablé sur une croissance de 1,5% en 2016, en raison du ralentissement enregistré dans les secteurs des mines et de l’agriculture.

Par ailleurs l’économie nationale fait face à un nouveau dilemme ces derniers mois, car après avoir adopté le dollar américain en 2013, la Banque centrale étudie la possibilité de retourner provisoirement à la monnaie d’origine.

Dilemme

Le Zimbabwe qui a adopté le dollar américain en 2013 pour réguler l’inflation. Pour l’heure, le paiement de sa dette lui permettra de souscrire à un nouvel emprunt, chose à laquelle le FMI avait opposé son veto tant que la FRPC n’était pas réglée. Une orientation à laquelle les Zimbabwéens, surtout les commerçants, s’opposent farouchement. Le fait a même déclenché une grosse manifestation en août dernier dans les rues d’Harare. Leur crainte ? Une hyper inflation comme en 2009.

En attendant de procéder aux réformes tant attendues, l’Etat devra également s’attaquer à ses dettes envers la Banque mondiale et la BAD qui s’élèveraient à plus de 1,6 milliard de dollars US.

La Tribune