Publicités mensongères: Plainte contre L’Oréal pour un défrisant destiné aux Noires

Le groupe de cosmétiques français L’Oréal fait l’objet d’une plainte au nom collectif aux États-Unis pour un défrisant destiné à la communauté noire qui provoquerait des pertes de cheveux et l’apparition de vésicules.

Le produit en question, le « No-Lye » à base d’Amla (la groseille à maquereau indienne), est vendu par la marque de produits de beauté ethniques Softsheen-Carson. Ses mérites supposés sont vantés par des célébrités noires, dont un des stylistes de la première dame Michelle Obama, Johnny Wright,

L”AFP  a obtenu une copie de ladite plainte: Son utilisation débouche sur des « blessures troublantes et inquiétantes dont des pertes de cheveux, une irritation du cuir chevelu, des vésicules et des brûlures », argumentent les plaignantes représentées par le cabinet de l’avocat des célébrités Mark Geragos, qui a notamment défendu Michael Jackson ou encore la star de la téléréalité Nicole Ritchie.

«Nous sommes ouverts à la négociation »

Quelque 100 000 femmes noires sont concernées par cette plainte déposée mercredi soir devant un tribunal californien, indique Ben Meiselas, un des conseils des plaignantes. Les plaignantes réclament un procès et des dommages et intérêts d’au moins 5 millions de dollars mais la facture pourrait monter « jusqu’à plusieurs centaines de millions », affirme M. Meiselas, qui n’exclut pas une négociation avec L’Oréal. « Si L’Oréal veut discuter, nous sommes ouverts à la négociation », avance le conseil.
« L’Oréal USA vient de prendre connaissance d’une plainte portée par deux personnes devant les tribunaux américains concernant le produit défrisant Optimum Amla Legend de Softsheen-Carson, lancé il y a quelques années sur le marché américain. Les défrisants sont des produits techniques qui peuvent être utilisés en toute confiance selon les instructions d’usage. Nous ne commentons pas une procédure juridique en cours. L’Oréal USA suit de près ce dossier », a réagi le groupe français dans un courriel à l’AFP.

« Publicité mensongère »

Dorothy Riles, qui vit dans l’Illinois (nord), affirme que l’utilisation du défrisant, vendu à 11,99 dollars, lui a causé « des alopécies et des brûlures sur le cuir chevelu ». Conséquence: elle porte depuis une perruque, une première affirme-t-elle, « pour dissimuler ses blessures ».
Quant à Sharon Manier, l’autre plaignante principale qui vit en Californie, elle dit présenter « des irritations au cuir chevelu et des pertes de cheveux importantes ». La plainte accuse L’Oréal USA, la filiale américaine du groupe français, de « fraude, de négligence et d’enrichissement non justifié » ainsi que de « publicité mensongère ».

« Ce défrisant contient une faible portion d’Amla, la majorité des ingrédients étant des produits chimiques toxiques et dangereux », a affirmé Ben Meiselas.
Ce produit, vendu « depuis deux trois ans » selon les plaignantes, est censé renforcer la résistance de la chevelure grâce à la présence de l’Amla, un fruit prisé par la communauté noire américaine.

Avec: AFP