QUAND LES DIEUX SE RABAISSENT – par Heru Kamga

Nous sommes encore l’une des dernières communautés qui excelle dans la singerie stérile de tout ce qui nous vient de « l’autre ». Non contents de prier le Dieu de l’autre, de louer ses ancêtres dans sa langue à lui, d’aller à son école pour étudier son programme, d’entrer dans son carcan idéologique pour y mimer tous les préceptes spéculatifs sur sa vision de la politique, de l’économie et de la justice, nous avons aussi fait le dangereux pari de nous gaver aveuglement de tout ce qu’il nous propose d’ingurgiter selon des normes établies dans son seul laboratoire idéologique.

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Étrange posture que la nôtre !

Même la fourmi, dernier maillon visible de la chaîne laborieuse, a su relever le défi de l’autosuffisance alimentaire. Pourtant ce goût jouissif pour l’assistanat qui caractérise notre génération tranche avec l’immense opportunité que nous offrent la flore et la faune locale. L’Afrique n’est pas seulement que le berceau de l’Humanité. Elle est aussi la cuisine du monde avec un tableau exhaustif de toutes les variétés végétales et animales existantes. A y voir de plus près notre paresse expérimentale frôlerait finalement le déni d’identité. Comment des Dieux peuvent-ils être réduits à la mendicité inlassable ? Si le pygmée, depuis les profondeurs de la forêt équatoriale, a su trouver l’équilibre cartésien entre succulence et calories, comment nous, noirs modernes survolant le sommet de la « perfection technologique », restons condamnés aux rythmes humiliants des dons et autres aides anesthésiantes ? La réponse se trouve dans le rétroviseur…

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Les faits sont têtus et nous chargent de crime de lèse-communauté. Car que vaut une boîte de lait végétal concentré « BONNET X » face à la valeur nutritionnelle du lait frais de nos vaches ? La vérité nage en dessous des vagues : Tous ces Corn Beef, sardines à huile ou à eau, huiles végétales, sucre en poudre ou en morceaux, riz « brisure ou parfumé », farine de blé, mayonnaise et fromage, univers édulcoré des sodas, ne sont en vérité que les vecteurs sournois de toutes ces épidémies meurtrières qui étranglent l’Afrique. Ne nous trompons pas de trompette ! Devant la déferlante des produits importés, nos services des douanes doivent suffire comme unique organisme chargé de la prévention des maladies. Un filtre technique et déontologique rigoureux et voilà le consommateur vacciné contre ces crises de diarrhées rebelles aux diagnostics les plus pointus ! Merci à LIPTON pour son charismatique sachet jaune ; Mais une infusion de Quinquéliba a l’immense mérite de servir de nourriture et de médicament à la fois. Moins coûteux et indéniablement « Bio », ce breuvage des Dieux est un puissant antipaludéen doublé d’un apéritif… Faites le test et remerciez les ancêtres !

Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, retiennent « bio » !

SUR L’IMAGE :
1-Un sachet de thé LIPTON à 50F CFA pour un ½ consommateur.
2-Un sachet de Quinquéliba à 25F CFA pour 05 consommateurs.
modibo fakoli