Donald Trump : la femme derrière sa communication n’a pas 30 ans

Hope Hicks, en couverture du premier roman de la série The It Girl, signée Cecily von Ziegesar, auteure de Gossip Girl. Photo Amazon

Il n’y a pas un jour sans que la campagne présidentielle de Donald Trump ne fasse grand bruit dans les médias. Derrière cette communication bien ficelée se trouve pourtant une jeune femme de 27 ans, Hope Hicks, ancien mannequin sans grande expérience dans le domaine. Mais qui est-elle ?

Donald Trump la surnomme « Hopie ». Qui se cache derrière cette jeune femme de 27 ans, aujourd’hui indispensable à la communication du candidat républicain ?

Il y a encore un an, Hope (espoir, en anglais) Hicks ne connaissait rien à la politique. Depuis, cette jeune femme de 27 ans, à qui les médias américains (Marie Claire, GQ, The Independant, Huffingthon Post et leNew York Times) ne cessent de consacrer des articles, est devenue la responsable de communication de Donald Trump, candidat républicain à la Maison-Blanche. Comment cette it-girl, dont le nom sonne comme une onomatopée, est-elle parvenue à pénétrer le cercle rapproché du milliardaire ? Zoom sur l’ascension fulgurante d’une presque trentenaire que rien ne prédestinait à la politique

Une affaire de famille

Hope Hicks est née en 1989 à Greenwich dans le Connecticut au sein d’une famille aisée, et républicaine. Très vite, elle devient mannequin enfant et pose pour Bloomingdale’s et Ralph Lauren. A 13 ans, alors qu’elle orne la couverture de Greenwich Magazine, elle révèle hésiter entre plusieurs carrières : le mannequinat, la comédie…ou la politique !

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Elle finit  par délaisser les studios photos à l’adolescence pour mieux se consacrer aux championnats de lacrosse (plus WASP, tu meurs) et à des études d’anglais qu’elle suit à la Southern Methodist University de Dallas.

Le destin la mènera en 2012 sur la route d’Ivanka Trump, fille de Donald et prolifique femme d’affaires. Au sein du cabinet de communication Hiltzik Strategies elle s’occupe  des intérêts de la Ivanka Trump collection, la ligne de vêtements de l’héritière du magnat orange.

Les deux jeunes femmes se lient rapidement d’amitié et autant dire qu’en gagnant la confiance de la fille, Hope Hicks a gagné la confiance du père par la même occasion. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée catapultée porte-parole de Donald Trump pour l’une des campagnes présidentielles les plus surréalistes que le pays ait connu.

Certains commentateurs  aiment penser que l’association improbable, et apparemment inébranlable, qui lie Hope Hicks, tout juste débutante dans l’arène politique, et Donald Trump est fondée sur leur manque d’expérience à tous les deux. Mais Hope Hicks, malgré ses 27 printemps, et sa courte expérience dans le monde de la communication, ne vient pas de nulle part. Il semblerait en effet que sa famille ait une prédisposition pour s’occuper de l’image d’institutions controversées.

Son grand-père s’occupait des relations publiques de Texaco pendant la crise du pétrole dans les années 70 et son père était en charge de l’image de US Tobacco Co. avant de devenir le chef de la communication de la puissante NFL (National Football League) régulièrement éclaboussée par de nombreux scandales en tous genres.

Des méthodes alternatives

Contrairement à ses confrères du monde politique, notamment au sein du camp d’Hilary Clinton, Hope Hicks détonne par ses méthodes supposément dictées par Donald Trump lui-même.

@realDonaldTrump Donald Trump's campaign communications manager Hope Hicks holds Uncle Sam, an American bald eagle

@realDonaldTrump Donald Trump’s campaign communications manager Hope Hicks holds Uncle Sam, an American bald eagle

La jeune femme occupe le rôle de de responsable de la communication mais elle s’exprime très peu, et  toujours a posteriori. En d’autres termes elle essaie systématiquement de rattraper les gaffes de son incontrôlable boss, à défaut de construire une réelle stratégie de communication.

Elle n’est pas active sur Twitter ou sur n’importe quel réseau social et n’est pas non plus connue pour ses relations particulièrement chaleureuses avec les journalistes, même si de nombreux médias saluent sa politesse. Elle est même plutôt connue pour dire « non », tant et si bien qu’un compte twitter parodique a vu le jour pour mieux illustrer les situations parfois frustrantes dans lesquels se retrouvent les journalistes, qui sont vus comme le diable en personne par Donald Trump.

Selon Anne-Marie Capomaccio, correspondante à Washington pour RFI, douter des compétences de Hope Hicks est un peu facile :

Sa crédibilité est induite par son poste. Elle est directrice de la communication de Donald Trump
Si l’on regarde les choses avec recul, comment douter de  sa crédibilité et son efficacité, alors que son candidat a éliminé 16 opposants républicains pendant les primaires, alors que personne ne donnait cher de sa candidature voilà un an.

Une force de la nature

Selon les dires de son entourage, Hope Hicks a toujours été une force de la nature, déterminée à être la meilleure et à ne jamais décevoir, quitte à irriter ses petites camarades de classe de l’époque, selon Kylie Burchell, sa prof de lacrosse pendant ses études. Cette quête de la perfection ne l’a manifestement pas quittée, et c’est en cela qu’elle a gagné la confiance de Trump. Ainsi que la guerre intestine qui l’opposait à Corey Lewandowsky, le directeur de la campagne de Trump il y a encore quelques semaines.

Les deux collaborateurs de Trump se sont déchirés lorsque Hicks a émis l’idée de quitter la sphère politique pour retourner à la communication liée au business des Trump. Lewandowsky lui aurait alors asséné qu’elle faisait une “putain d’erreur” et qu’elle était “putain de morte” à ses yeux. Mais quand Trump lui a expressément demandé de rester à bord, Hicks a changé d’avis. Le pétage de câble de Lewandowsky, cumulé à son altercation musclé avec une journaliste quelques jours plus tôt, ont mené à son renvoi.

Loyale et reconnaissante, Hope Hicks se dédie désormais uniquement à la campagne de Donald Trump. Selon un long article de GQ qui lui est consacré, son emploi du temps infernal l’aurait conduit à rompre avec son petit ami de six ans et à emménager au sein de la Trump Tower.

Entre eux la love story est en revanche bien amorcée, Donald Trump l’a affirmé sans complexe au New York Times : s’il est élu, elle fera partie de son administration.

 

 

Via http://madame.lefigaro.fr/

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