L’Allemagne veut s’excuser pour un « génocide » sur le continent

Photo: Wikipedia Héréros ayant survécu après avoir fui à travers l’aride désert d’Omaheke (vers 1907).

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Héréros ayant survécu après avoir fui à travers l’aride désert d’Omaheke (vers 1907).

Entre 1904 et 1908, les Herero et les Nama ont été massacrés par les troupes allemandes. La clarification de Berlin dans cet épineux dossier constitue assurément un progrès. Mais l’affaire n’est pas encore classée.

Cela fait des années déjà que la qualification des atrocités commises par des troupes allemandes dans leur ancienne colonie – aujourd’hui la Namibie, autrefois le Sud-Ouest africain – fait débat.

Selon les estimations, entre 90 000 et 100 000 Africains ont été tués délibérément entre 1904 et 1908. Cela représente 80% de la population herero. La moitié de la population nama.

Berlin a donc décidé de reconnaitre qu’il s’agissait là d’un génocide, même si le mot « génocide » n’a été créé que bien après les faits et pour un autre massacre de masse: celui des juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Le mois dernier, les députés du Bundestag avaient déjà qualifié de génocide, le massacre des Arméniens sous l’empire ottoman entre 1915 et 1916.

Cette fois-ci, le gouvernement allemand souligne que des évènements historiques peuvent être qualifiés de génocide sur la base d’un débat historico-politique public et non plus exclusivement sur une base juridique. Il a par ailleurs annoncé que des excuses officielles pourraient être formulées prochainement.

Des négociations secrètes et bilatérales

Un pas en avant, salué par les porte-voix de la cause namibienne en Allemagne, mais le chemin de la réconciliation reste encore long. L’un des plus gros obstacles est assurément la question des réparations.

Le gouvernement a en effet précisé que la seule reconnaissance du génocide n’entrainait en aucun cas des conséquences juridiques pour l’Allemagne. Autrement dit, Berlin ne versera pas d’indemnités aux descendants des victimes.

Ces derniers – et c’est l’autre gros problème – sont exclus des négociations en cours entre les représentants du gouvernement allemand et namibien. Ils ont déjà menacé de porter plainte devant la CPI.

Calendrier politique

De son côté, Ruprecht Polenz qui est chargé du dossier pour l’Allemagne, devrait se rendre de nouveau à Windhoek en septembre prochain.

Il souhaite clore le dossier d’ici décembre pour que Joachim Gauck puisse se rendre en Namibie avant la fin de son mandat en mars 2017.

Ainsi, la résolution de ce sombre chapitre de l’histoire allemande pourrait encore être inscrite au palmarès du gouvernement actuel, avant les élections de l’automne prochain.

Pas sûr cependant que les descendants des victimes herero et nama aient le même calendrier en tête.

source: http://fr.allafrica.com/stories/201607131196.html