L’Afrique qui inspire et fascine tant Beyoncé: Quelques exemples

Comme disent souvent les camerounais, si mon voisin fait quelque chose qui me plait je triche. Notre Queen B n’échappe pas à la règle bien qu’elle soit immensément talentueuse et considérée comme l’une des divas les plus influentes de la planète, notre artiste copie, s’en inspire et s’en approprie quand elle flaire le succès à l’horizon. De la spiritualité noire aux stylistes noirs, la chanteuse sait apprécier le beau et ainsi, contribue à faire connaitre de nombreux talents. Du Nigéria, Sénégal, Cote d’Ivoire…. qui sont ces personnes dont La Diva propulse au sommet de leur art?

DE L’AFRIQUE A LA REPRESENTATION

“Nuit de Noël” de Malick Sidibe, 1963

Le 20 mai dernier, Beyonce a rendu hommage au photographe malien Malick Sidibe à travers un cliché rappelant la “Nuit de Noël” de Malick Sidibe, 1963.

Notre star a partagé sur son compte Instagram quelques photos de sa soirée familiale “The Carter Party” à l’occasion de son baby-shower La thématique était orientée vers l’Afrique d’après les clichés postés sur son compte Instagram

Malick Sidibé

La source d’inspiration de cette belle représentation en image noir et blanc n’est autre que le photographe malien Malick Sidibe mort le 14 avril 2016 à Bamako au Mali, à l’âge de 81 ans, des suites d’un cancer. Il incarnait la photographie populaire africaine et pour son talent, avait reçu en 2003 le Prix de la photographie Hasselblad et un Lion d’or à la biennale d’art contemporain de Venise en 2007. Il était considéré comme un « trésor national » au Mali voire africaine

DE L’AFRIQUE A SES CHOREGRAPHIES
Beyoncé a puisé des mouvements pour la chorégraphie du célèbre clip « Run The World (Girls) », à cet effet, elle fit venir tout droit du Mozambique le groupe de danseurs Tofo Tofo. Leurs pas de danses sont un héritage du courant de musique Sud-africain le Kwaito, initialement un mélange de house music et de rythmes afro qui tend aujourd’hui vers l’électro.
D’où a bien pu lui venir cette idée ? D’après le chorégraphe de Beyoncé Franck Gaston Jr, a expliqué être tombé par hasard sur une vidéo de trois danseurs du groupe Tofo Tofo. Ils ont de ce pas convié ces derniers à danser dans le clip. Mais, venant d’une contrée lointaine du Mozambique il a fallu tout de même 2 mois pour retrouver leur trace. Ce sera finalement grâce à l’ambassade du pays que la team B. est parvenu à rapatrier ces talents outre atlantique. En observant le résultat final, on comprend l’acharnement.

DE LA SPIRITUALITE AFRICAINE AUX GRAMMY AWARDS
Comme à l’accoutumé, Beyoncé y mit du feu. Le spectacle à la hauteur de nos attentes. Et surtout cette touche personnelle qui valut une mauvaise interprétation par les magazines occidentales, comparant la Diva à la madone alors que tout naturellement, elle avait fait un retour aux sources s’inspirant de cet Afrique berceau de l’humanité ; s’inspirant de sa spiritualité car, elle s’était pratiquement émulée en la déesse Oshun
Cette Déesse africaine du peuple Yoruba qui, dans le panthéon d’êtres divins est appelés Orishas. Oshun (Oxun, Osun, Oshoun, Oxum ou Ochun). Dans la santeria, elle est la divinité du monde de l’eau, des fleuves, des rivières et des ruisseaux. Elle règne sur les eaux vives des rivières. C’est la déesse des courants changeants et du renouveau qui anime le mouvement des eaux vives de la rivière. Elle peut être invoquée pour plusieurs raisons. En Savoir plus ici

DE L’AFRIQUE, SES TEXTES ET SES STYLISTES
1- CHIMAMANDA NGOZI ADICHIE
En En 2013, l’afro-américaine avait fait découvrir au grand public l’écrivain nigériane Chimamanda Ngozi Adichie dans le titre « Flawless » où elle reprenait un extrait de l’intervention de l’auteure nigériane lors d’une conférence TED. Baptisé We Should All Be Feminist (“Nous devrions tous être féministes”), le discours dénonce entre autres les clichés qui collent à la peau des femmes. Dans les extraits choisis par Beyoncé, on entend notamment : “We teach girls to shrink themselves” (“On apprend aux filles à se rapetisser”), “You can have ambition, but not too much” (“Vous pouvez avoir de l’ambition, mais pas trop”) ou “Because I am a female, I’m expected to aspire to mariage” (“Parce que je suis une femme, on attend de moi que j’aspire au mariage”)

2- LOZA MOLEAMBHO
De plus en plus engagée dans la lutte contre la ségrégation raciale, Beyoncé a réalisé un album qui dénonce les préjugés et les violences subi par les noirs avec un tube intitulé : “Formation”.
Parmi les titres de cette album, on retrouve le titre “Noir et Fier”; une chanson dedié aux noirs américains afin de leurs rappeler leurs sources… Il est donc venu le temps pour le peuple noir de se lever et se distinguer dans les différents domaines de la société…


Dans la foulée, Beyoncé vient de donner la chance à la styliste ivoirienne Loza Moléambho de faire apparaître certaines de ses créations dans le clip vidéo de cette chanson. Les tenues sont inspirées d’une princesse Guru, vivant au nord de la Cote d’Ivoire. Un bel ensemble traditionnel qui met en valeur la femme africaine.

 

 

3- LADUMA NGXOKOLO, UN TRENTENAIRE INSPIRE PAR LES TRADITIONS XHOSA
Né à Port Elizabeth en 1986, Laduma terminun vient de la prestigieuse Central Saint Martins College of Art and Design de Londre, le temple de la mode anglaise Heureux et lucide, le créateur explique que « c’est une publicité inestimable » et que cela va aider son label MaXhosa by Laduma en lui donnant de la crédibilité. Et d’ajouter : « Ce n’est pas tous les jours que quelqu’un comme Beyoncé recommande le travail d’un styliste africain au monde entier. » Le styliste a créé sa marque en 2010 et s’est fait connaître pour ses pulls aux motifs traditionnels xhosa. Les vêtements des collections MaXhosa sont confortables et raffinés, fabriqués avec de la laine mérinos, du mohair et d’autres matières qui proviennent toutes d’Afrique du Sud. La collection printemps-été 2016 est baptisée Mntanom’Gquba

4- WARSAN SHIRE
Dans « Lemonade », Beyonce récidive en intégrant Warsan Shire, une poétesse engagée d’origine somalienne. Quasi inconnue du monde francophone, la jeune femme de 28 ans est l’auteur de deux ouvrages, « Teaching my mother how to give birth » (2011) et « Her blue body » (2015) chez l’éditeur Flipped eye. En 2013, elle a remporté le « Brunel University African Poetry Prize » à Londres, dont l’objectif est de promouvoir et célébrer la poésie africaine.


Tout au long de l’album, pour relier les différents chapitres de « Lemonade », Queen B récite plusieurs passages des textes signés Warsan Shire dont « For Women Who Are Difficult To Love » (« Pour ces femmes qu’il est difficile d’aimer »), « The Unbearable Weight of Staying » (« L’insoutenable pesanteur de devoir rester ») ou encore « Grief Has Its Blue Hands In Her Hair », (« Grief a ses mains bleues dans ses cheveux »), extrait de son second recueil.

 

 

5- AMAKA OSAKWE, STYLISTE NIGERIANE


L’Afrique est à l’honneur, notamment au début où Beyonce apparaît avec une robe en Wax, un imprimé aux influences africaines.

La jeune activiste américaine Amandla Stenberg, figurante dans le film, porte du Maki Oh, de la styliste Amaka Osakwe, la marque la plus prometteuse du Nigeria, qui compte parmis ses clientes Michelle Obama.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le quatrième chapitre de la vidéo, en noir et blanc, on retrouve Beyonce arborant une coiffure inspirée des femmes Mangbetu, un peuple d’Afrique Centrale très présent dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

6- LAOLU SENBANJO, ARTISTE NIGERIAN
Dans la même partie, on découvre les peintures corporelles du Nigérian Laolu Senbanjo sur l’artiste et ses danseuses. Sa particularité ? Créer de l’art visuel sur toile, objet, corps, en s’inspirant de la culture et de la spiritualité Yoruba, ethnie majeure de son pays d’origine que l’on retrouve aussi au Bénin.
Après une brillante carrière d’avocat à Lagos, Senbanjo, 34 ans, a choisi de quitter la capitale économique du Nigeria pour s’installer à Brooklyn et vivre pleinement de son art. Il s’est fait connaître du grand public il y a un mois pour avoir remis au goût du jour la mythique basket Air Max de Nike. Il appelle son style « Art sacré d’Ori », Ori signifiant en Yoruba essence, âme, destinée.

7- MOUSSA DIA 

Natif de la région de Matam au Sénégal, ce jeune style fait partie de ses heureux chanceux que l’artiste afr-américaine a choisi de donner un coup de pousse à la carrière

 

8- SELY RABY KANE 

En juins 2016, la chanteuse fut photograhiée devant le Greenwich Hotel à New York parée d’un kimono à manche trois quart et d’une jupe à bandes, l’oeuvre de la styliste sénégalaise. 

9 – STELLA JEAN

Cette haitienne, protégée de Giorgio Armani et Lauréate du concours Who Next 2011 a réussi à s’imposer chez les plus grands. Elle  s’est imposée d’abord en Italie ensuite sur la scène internationale où elle a réussi à importer le wax aux USA y faisant un must have. 

L’ARRIVEE DU GROUPE DES DANSEURS TOFO TOFO POUR UN COACHING DU CLIP RUN THE WORLD (GIRLS) DE  BEYONCE AUX USA

Source: Le Monde et Le Point Afrique