OPINION CONTRE LE DÉTERMINISME SOCIAL – Par Yves Kouotou

Pour certains africains noirs, pour qui la case du bourreau, du colon est un idéal, un horizon indépassable, la captivité, puis 500 ans de vente abjecte du bétail noir, la colonisation et la néo-colonisation, c’était d’abord et surtout la faute du nègre. Il était selon ces érudits (qui doivent souffrir de «colonite aigüe»), le premier responsable de ce qui lui arrivait, il n’avait qu’à ne pas être Noir. Ils attribuent donc – inconsciemment je le concède -, à leur condition de nègre, tout le retard supposé de leur continent, dans la marche de notre société.

L’asservissement par les travaux forcés dans les plantations des maîtres esclavagistes par exemple, n’était pas du tout imputables à ces derniers, il fallait plutôt comprendre ces monstres, dont les actes cruels devaient être tolérés, légitimés. L’hérétique «Qu’auriez-vous vous fait à la place du colon, du maitre ou du blanc ?», aussi vulgaire, qu’inutile, dit tout le chemin qui reste à faire, pour que le nègre accepte tout seul de quitter comme un grand, les chaines de la servitude, afin de devenir un être humain.

Que personne ne se méprenne, il y a bien d’illustres fils du continent africain qui se battent résolument contre le déterminisme social, c’est pour ça que dans mon propos, il n’y a point de désespoir, ni d’amertume. Être noir n’est pas une fatalité. Je rappelle simplement que ceux qui avaient réduit les africains à l’esclavage sont les mêmes qui refusent aujourd’hui de reconnaître, que c’était un crime contre l’humanité et sont encouragés dans ce déni par ces africains de la honte, qui confondent le rappel de l’histoire tragique de leurs peuples, de leurs terres, aux pleurnicheries.

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